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Economie

Le port de Tanger déserté par les routiers locaux

Par L'Economiste | Edition N°:1423 Le 25/12/2002 | Partager

. Seuls quelques camions ont embarqué hier à bord des navires desservant l'Europe. L'impact du mouvement de grève a été réduit, puisque 90% des transporteurs routiers à Tanger sont des étrangersL'effet de la grève des routiers ne s'est pas fait attendre à Tanger. Dès les premières heures du lundi, des files de camions ont commencé à se former dans les parkings du port. La pression s'est légèrement détendue le même jour en fin d'après-midi. Un peu plus tard, les grévistes ont essayé de bloquer l'entrée du port. Mais peine perdue, car le nombre de camions arrivant au port s'était considérablement réduit. Ce sont surtout les camions en provenance d'Agadir qui étaient les plus nombreux, campagne agricole oblige. Les grévistes ont fini par lâcher permettant à quelques camions marocains d'embarquer à bord des navires desservant l'Europe.Hier mardi, le port a tourné au ralenti. Selon le responsable d'une compagnie maritime, seuls quelques ensembles routiers étrangers (remorque et tracteur) ont embarqué à destination de l'Europe. Ce qui est confirmé par les chiffres du ministère du Transport. Pour ce département, seuls 15% des transporteurs ont observé le mouvement de grèves. Ce chiffre a été repris par le président de l'Association des transporteurs routiers de Tanger, Ahmed Aberchane. Ceci est normal, explique-t-il, car “l'essentiel du trafic à Tanger est assuré par des routiers étrangers qui ne font pas grève”. En effet, les transporteurs étrangers assurent près de 90% du trafic routier au niveau du port. Pour le président de l'association, “si on exclut les transporteurs étrangers, on peut dire que la grève a été observée par 90% des routiers tangérois”. Pour sa part, Adil Rochdi, directeur du port, “le trafic a connu une chute d'environ 50% dans le sens Tanger-Algésiras, alors que dans l'autre sens, il n'y a pas eu de perturbations”. Ce sont donc les exportations qui ont le plus souffert. Les importations ont été épargnées car de toutes les manières, les routiers étrangers préfèrent passer la fête de Noël en Espagne. Pour Aberchane, bon nombre de transporteurs ont été en grève plutôt par obligation. Car “leurs camions sont déjà à l'arrêt par manque de travail. Les camionneurs marocains sont lourdement handicapés par la concurrence étrangère”. Le président de l'association ajoute: “Nos coûts sont supérieurs du fait des charges de combustible et achat de pièces détachées”. Pour illustrer, Aberchane indique qu'une pièce de rechange coûte jusqu'à deux fois plus qu'en France, et le prix du matériel roulant est 30% supérieur. Sans compter des conditions de financement et les rétrocessions sur le prix du combustible. Les 9.000 DH de la taxe à l'essieu vient enfoncer le secteur dans la crise”. Les professionnels reprochent à l'autorité de tutelle le manque de dialogue. Outre les transporteurs routiers, les grands perdants dans cette affaire sont les compagnies maritimes. En cette période de baisse d'activité pour le transport de passagers, les camions permettent au moins de compenser le manque à gagner, affirme un responsable d'une compagnie maritime.


Et les clandestins…

La grève a aussi touché les clandestins. Avec la campagne d'exportation, l'excitation des candidats à l'émigration clandestine via le port de Tanger augmente. Mais “la grève risque de retarder les dates de départ de bon nombre de ces voyageurs clandestins”, note sur un ton ironique le chauffeur d'un camion. Ce dernier, à l'instar de l'ensemble de la profession, se plaint des dégâts causés par ces jeunes clandestins. “Ils ne se contentent pas de briser les scellés, mais aussi de détériorer la marchandise”, indique le même chauffeur de camion.Ali ABJIOU

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