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Economie

“Nous ne nous ingérons pas dans l'activité des autres ministères”
El Mokhtar Dinia, chef de division à la direction de la Politique économique générale (DPEG) du ministère des Finances

Par L'Economiste | Edition N°:1423 Le 25/12/2002 | Partager

Connue pour ses notes de conjoncture nationale et internationale, la DPEG s'est érigée en un véritable tableau de bord de l'économie. Son intervention sectorielle n'est pas toujours appréciée par certains ministères qui y voient “une ingérence”. Dans cet entretien, Dinia, chef de la division de l'évaluation des politiques sectorielles, conteste ces appréhensions. Il explique l'issue donnée aux investigations de la direction, dont le rôle consiste seulement à “éclairer” le gouvernement.- L'Economiste: Vous réalisez régulièrement des études appréciant le comportement économique de chaque secteur. Que deviennent-elles?- El Mokhtar Dinia(1) : La division de l'évaluation des politiques sectorielles a été créée au sein du ministère des Finances pour accompagner les différents départements dans la conception et la mise en oeuvre des politiques dont ils sont maîtres d'oeuvre. Le ministère est, par la force des choses, un accompagnateur de ces départements puisque le financement constitue une composante importante dans toute politique économique. C'est ce qui explique l'implication du ministère qui évalue le rendement de ces politiques sectorielles dans le but d'optimiser les ressources publiques, surtout avec la montée en force de la concurrence et l'ouverture des frontières. - Concrètement, est-ce que vous avez établi des diagnostics qui ont été pris en compte dans la politique gouvernementale?- Nous constituons une structure de conseil au ministre. Notre travail se base sur la synthèse des points de vue des différentes directions chargées de la gestion effective. Notre apport consiste à évaluer les rendements économiques à partir d'outils scientifiques. C'est pour cela que nous intervenons au niveau interne. Concrètement, il a fallu structurer cette division et la doter des moyens nécessaires. Quand une décision doit être prise au niveau d'un secteur, nous intervenons pour mesurer ses coûts et ses avantages sur l'économie. Le développement de cette expertise demande du temps. Les cadres de notre division sont spécialisés. Chacun suit un secteur particulier. Ils constituent donc des courroies de transmission entre le département des Finances et les ministères concernés. Sur ces trois dernières années, nous avons évalué un certain nombre de politiques et de mesures de réforme dans plusieurs secteurs. - Vous avez des exemples précis?- Je cite la déprotection énergétique sur laquelle le ministère devait prendre une décision. D'un côté, la déprotection de l'outil de raffinage local pourrait procurer des avantages pour l'économie nationale à travers des baisses de prix des carburants importés. De l'autre, se posait la question de la consolidation de l'outil national et ses conséquences, notamment sur les régions économiques de Mohammédia et Sidi Kacem. Il fallait peser le pour et le contre. La décision bien sûr revient au politique. Nous avons réfléchi aussi sur la question de la gestion déléguée de l'eau agricole pour suggérer de nouvelles pistes. Le but est de moderniser la gestion actuelle qui exerce une forte pression sur le budget public. L'idée est d'examiner comment le secteur privé pourrait intervenir à l'image de la gestion déléguée de l'eau et de l'électricité dans les villes. Ce projet pourrait se faire bien sûr dans les régions ayant un potentiel hydrique suffisant et où la rentabilité de la concession est jugée satisfaisante. Nous avons aussi examiné des processus de concession comme celui de la téléphonie fixe ou de privatisation tel celui de la Régie des Tabacs. Nos études ont certainement été utiles dans le processus de décision. Nous avons expliqué comment ces opérations pourraient être plus rentables. Quelquefois, nous apportons un regard critique plus prononcé en soulignant aussi les inconvénients. Et naturellement, nous incluons les préoccupations des finances publiques.- Ces études ne sont pas tout le temps appréciées par les ministères concernés qui les conçoivent comme une ingérence. Comment gérez-vous cette situation?- Nous travaillons étroitement avec les différents ministères. Je n'ai pas perçu ce sentiment d'ingérence. Nous faisons un travail scientifique qui facilite la lecture économique aussi bien pour ces départements que pour le ministère lui-même. Nous analysons les mécanismes mis en oeuvre dans les politiques sectorielles, car cela engage plusieurs paramètres globaux impliquant différents départements à la fois. Nous sommes donc obligés d'exercer ce “droit de regard”, car la rentabilité économique en dépend. - Comment évaluez-vous la politique énergétique après la libéralisation de fait généré par l'incendie de la Samir?- Au niveau de l'incident, il est vrai que la diminution provisoire des capacités de l'outil de production pourrait engendrer des importations à même d'accélérer la mise en pratique de la déprotection. Mais ce besoin reste provisoire car il porte sur un incident conjoncturel. Je ne pense pas qu'il soit juste d'en tirer des conclusions à caractère structurel. En revanche, en ce qui concerne la déprotection douanière appliquée depuis l'été dernier, nous n'avons pas encore le recul temporel suffisant pour en évaluer les effets. Il faut observer le mouvement des importations sur une longue période pour formuler une appréciation valable. - Dans vos diagnostics, est-ce que vous attirez l'attention sur les endroits où ça va mal dans l'économie marocaine?- L'essentiel de notre travail est interne. Dire où ça va mal n'est pas notre vocation directe. Mais par la force des choses, apporter un éclairage au ministre des Finances peut contribuer à prendre la bonne décision. Nos conclusions sont purement scientifiques. Elles n'ont pas un caractère politique.


Ce que recommande la DPEG

Habitat insalubre: La réalisation du programme, doté de 29 milliards de DH, constitue une aubaine pour l'économie nationale en raison de ses grands effets d'entraînement sur les autres activités. Ce programme permettrait ainsi de transformer le déficit en logement en surplus de croissance et d'emploi. Selon les estimations, ce surplus de croissance se situerait à près de 0,5 point du PIB à terme.Tourisme: La conjoncture internationale difficile liée à l'insécurité ne devrait pas affaiblir les efforts entrepris dans le secteur. Afin de se préparer à un revirement favorable, la DPEG estime qu'il faut poursuivre la dynamique actuelle en raison du caractère lourd des investissements engagés et de la durée de réalisation des grands travaux d'aménagement.Pêche: Après la non-reconduction de l'accord de pêche avec l'UE, les performances du secteur de la pêche ont enregistré une nette amélioration. Les exportations ont vu leur valeur augmenter de 7,4 milliards de DH en 1999 à plus de 10 milliards en 2000 même si elles ont légèrement fléchi en 2001 à cause du repos biologique. Néanmoins, ce secteur qui contribue pour près de 2,3% à la formation du PIB et assure près de 120.000 emplois peut faire mieux. Il pourrait absorber 10% des nouveaux venus sur le marché du travail si la pêche artisanale, en particulier, est fortement appuyée. Propos recueillis par Nadia LAMLILI (1) Dinia est lauréat de l'Ecole des Ponts et Chaussées de Paris.

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