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Economie

Le marché de l'emploi sous la loupe de la Banque Mondiale

Par L'Economiste | Edition N°:1836 Le 19/08/2004 | Partager

. L'analphabétisme dans le salariat freine la compétitivité de l'économie. Plus inquiétant, le chômage à longue durée gagne du terrain. La durée moyenne de chômage est de 41 moisLes auteurs de l'étude sur le marché de l'emploi et le chômage au Maroc, consultants à la Banque Mondiale, affirment d'emblée s'exprimer en leur nom propre. Leurs réflexions n'engagent donc pas leur employeur. L'étude a été publiée à l'automne dernier, mais les tendances lourdes qui s'en dégagent sont toujours d'actualité. Partant d'une série d'hypothèses,-l'absence de rotation chez les fonctionnaires à cause de la sécurité de l'emploi, le monopole syndical pour la détermination du salaire des travailleurs qualifiés dans le secteur privé formel-, ils décryptent les traits du marché de l'emploi au Maroc, ses rigidités et proposent quelques pistes de réforme.Des constats d'abord. Le niveau d'éducation moyen de la force de travail est en général assez bas, relève l'étude qui se fonde sur les données de fin 2000. A cette date, plus de la moitié des salariés (55%) n'avaient aucun diplôme. L'analphabétisme du milieu ouvrier est un frein à l'amélioration de la productivité dans l'industrie et plombe la compétitivité de l'économie. Les efforts engagés par des fédérations professionnelles (dans le textile et cuir par exemple) ne se feront sentir qu'après plusieurs années.Dans les zones urbaines, le marché de l'emploi est fortement segmenté et son fonctionnement est loin d'être compétitif. Les experts avancent quelques explications: d'importants différentiels de salaires non compensatoires existent entre les salariés à dotations productives similaires; des gains supérieurs sont fréquemment observés quand des travailleurs - même non qualifiés- se trouvent dans des segments particuliers du marché du travail.Malgré l'excédent de l'offre de travail, les salaires dans le secteur dit formel ne s'ajustent pas et l'économie souterraine n'absorbe pas tous les demandeurs d'emploi. Sur le chômage, du moins ses caractéristiques, l'étude insiste sur un trait presque structurel souvent noyé dans les rapports officiels, le phénomène du sous-emploi. «Il est beaucoup plus important que ne le laissent suggérer les données officielles du chômage», constatent les experts. Le sous emploi toucherait près d'un quart de la force de travail en zone urbaine, notamment dans les tranches des 15-25 ans et 25-34 ans. Il ressort également que plus de la moitié des personnes au chômage sont des primo demandeurs d'emploi, soit 54,5%. C'est une caractéristique que l'on retrouve dans les pays en développement auxquels l'aubaine démographique n'apparaît pas comme un atout pour leur croissance. Cela est lié à la jeunesse de la population et donc, à l'arrivée par dizaines de milliers de jeunes diplômés fraîchement sortis du système éducatif.Autre trait plus inquiétant, la proportion très élevée du chômage dit à longue durée. Ce qui confirme le facteur discriminant du niveau du diplôme sur le marché de l'emploi, notamment pour les formations généralistes.. La baisse de l'IGR sur salaire Plus le titre est élevé, plus il est difficile de s'insérer sur le marché du travail. Selon le rapport, 75% des demandeurs d'emploi étaient à la recherche d'un travail depuis plus d'un an. En 2000 (données sur lesquelles les experts ont travaillé), la durée moyenne du chômage était de 41 mois. Le rapport tord par contre le cou à certaines idées reçues dont la thèse du transfert massif des entreprises du secteur formel vers l'économie souterraine que brandissent les milieux d'affaires pour dénoncer les dégâts et la concurrence déloyale du secteur informel. Sans nier l'existence de l'évasion sociale, les experts de la Banque mondiale sont plus nuancés. L'argument de «l'informalisation» du marché du travail dans les grandes villes est discutable, assurent-ils. Si tel était le cas, les fluctuations que connaît le marché du travail auraient gravement impacté la proportion d'emplois salariés. Or, celle-ci est restée globalement stable durant la décennie 90 (59,3%). Sur un ton prudent, les experts de la banque suggèrent que la mise en œuvre des réformes du marché du travail devrait être une des priorités dans l'agenda des pouvoirs publics. C'est déjà en partie fait, notamment avec le passage du code du travail, même si l'épineuse question du droit de grève n'est pas encore réglée. Pour les économistes de la Banque Mondiale, le Maroc devrait explorer les options suivantes: l'assouplissement des réglementations d'embauche et de licenciement, la restriction du champ d'application du salaire minimum (particulièrement pour les jeunes et les salariés non qualifiés), la réduction des coûts non salariaux du travail, la baisse de l'impôt sur les salaires, etc. Le smig pluriel est déjà une réalité au Maroc, reste à obtenir une baisse du taux de l'IGR. Abashi SHAMAMBA

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