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Economie

Journée mondiale du sida
Les séropositifs, véritable bombe à retardement

Par L'Economiste | Edition N°:1652 Le 01/12/2003 | Partager

. La pandémie progresse à un rythme soutenu. Recrudescence des comportements sexuels à risqueLa célébration de la journée mondiale de la lutte contre le sida, aujourd'hui lundi, est une occasion propice pour se pencher sur l'évolution de cette maladie à travers le monde. Au Maroc, la situation reste très ambiguë. Elle prête même à confusion. D'après la situation épidémiologique arrêtée le 30 septembre 2003, le nombre total de cas déclarés a atteint les 1.237. Sur ce total, à peine 690 patients sont pris en charge par les établissements publics, 640 au niveau du Centre hospitalier (CHU) Ibn Rochd de Casablanca et le reste au CHU Ibn Sina de Rabat.Quant au nombre de séropositifs, il est de 14.000 personnes, selon les estimations du ministère de la Santé… chiffre qui remonte à 2001.Le taux de progression des séropositifs n'a pas été mentionné dans le bilan de fin septembre 2003.Le séropositif est porteur du virus du sida (VIH), mais ne développe la maladie que tardivement, voir 5 à 10 ans après l'avoir contractée. “Certes, le Maroc n'a pas encore atteint des proportions alarmantes quant à cette épidémie. Mais il faut rester très prudent”, déclare Pr Hakima Himich, chef du service Maladies infectieuses au CHU Ibn Rochd et également présidente de l'Association de lutte contre le sida (ALCS).En effet, l'évolution de cette épidémie au Maroc reste un secret de polichinelle. Les responsables du ministère de la Santé ont de quoi s'inquiéter. Plusieurs indices prouvent la progression du fléau. En 1999, le Maroc avait recensé 5.000 séropositifs. En 2001, ils sont passés à 14.000. Ainsi, en l'espace de deux ans, leur nombre a presque triplé.En outre, entre 1988 et 2001, le pourcentage de femmes porteuses du virus a quintuplé. Il est passé de 8 à 38%. Par ailleurs, le nombre des infections relatives aux maladies sexuellement transmissibles (MST) ne cesse de s'accroître: 6.000 nouveaux cas par an. La recrudescence des MST témoigne d'une reprise de comportements sexuels à risque, en particulier parmi les jeunes. En 2002, on a recensé près de 349.427 cas d'infections sexuellement transmissibles. En 1992, ils s'élevaient à 103.434.Si le Maroc est en passe de “généraliser l'accès au traitement de la trithérapie”, grâce notamment au budget antirétroviral alloué par le ministère de la Santé (4,5 millions de DH, en plus de la contribution du Fonds mondial de lutte contre le sida qui est de 67.800 dollars), le résultat n'est pas garanti. Abstraction faite des personnes décédées dont le nombre n'a pas été communiqué. C'est là une autre source d'ambiguïté. Contacté sur cette question, le ministère de la Santé demeure injoignable. Seulement 392 patients bénéficient du traitement antirétroviral hautement actif ou trithérapie, dont 357 au niveau du CHU Ibn Rochd de Casablanca. Le reste est pris en charge par le CHU Ibn Sina de Rabat.En outre, la dotation du Fonds mondial de lutte contre le sida atteindra en 2004, la somme de 494.200 dollars et en 2005, 805.600 dollars.Ce fonds est le résultat du programme “Access”, initié par les grands laboratoires pharmaceutiques mondiaux, qui ont accordé des dotations financières au profit des pays en voie de développement. L'objectif étant de permettre l'accessibilité au traitement antirétroviral à une large frange de la population. Le coût du traitement avoisinait les 12.000 DH par personne et par mois. Suite à ces aides mondiales, il a été ramené à 6.500 puis à 2.000 DH. Toutefois, cette baisse aurait pu être plus significative, si le Royaume n'avait pas été classé comme pays à revenu intermédiaire. Suite à ce classement, le Maroc n'a pas le droit de produire des médicaments génériques qui, pourtant, sauveraient des milliers de personnes (voir nos éditions des 17 et 31 octobre 2003).Grâce aux génériques, le coût annuel du traitement trithérapique devrait encore baisser, signale Pr Himich. Il oscillerait entre 300 et 600 dollars (3.000 à 6.000 DH). Le programme Access étant évalué tous les deux ans, les dotations allouées dans ce cadre doivent être utilisées avec efficience. Il demeure extrêmement important d'initier un programme d'éducation thérapeutique en faveur des patients atteints du sida. Il s'agit d'assurer leur adhésion totale et absolue au traitement. En outre, l'effort de prévention demeure important. Agir en amont à travers des campagnes de sensibilisation dont les deux maîtres mots seraient information et sensibilisation.Mohammed EL HARRATI

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