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JO d'AthènesLes grandes figures historiques de la GrèceSocrate: Connais-toi toi-même!

Par L'Economiste | Edition N°:1836 Le 19/08/2004 | Partager

. Pour le philosophe, chacun de nous possède en lui une part de vérité. Socrate n'a jamais écrit; Platon et Xénophon ont tout rapportéIl est sans doute la plus grande figure de la philosophie grecque et probablement celui qui aura le plus influencé la pensée occidentale moderne. Mais contrairement aux idées reçues, Socrate n'est pas le fondateur de la philosophie. Avant lui, il y eut d'autres personnages très connus comme Pythagore (Ah! ce théorème que nous avons appris au collège), Thalès, Empédocle, Parménide et Héraclite d'Ephèse. En revanche, Socrate a inventé le logos (discours en grec), c'est-à-dire la rationalité, “cette approche qui libère progressivement du mythe”.Le travail authentique de la philosophie commence toujours par une remise en cause des idées admises et des réponses traditionnelles. S'il était vivant, Socrate irait en guerre contre ces instits qui contraignent leurs élèves à apprendre des leçons par cœur. Socrate, dialoguant avec ses concitoyens, ne cherche pas à leur délivrer une vérité préfabriquée, qu'il ne possède d'ailleurs pas.Le philosophe se méfiait de l'écriture, et son enseignement fut exclusivement oral. Socrate, que l'on considère encore aujourd'hui comme “le plus pur penseur de l'Occident”, n'a rien écrit. Toute l'activité s'est concentrée sur le dialogue avec ses concitoyens de l'Athènes du Ve siècle avant Jésus-Christ. Les renseignements sur sa vie et sa pensée proviennent donc essentiellement de ses deux principaux disciples, Xénophon et surtout Platon.Socrate est né vers 469 avant J.-C. à Athènes. Son père, Sophronisque, était sculpteur et sa mère, Phénarète, sage-femme. D'où le développement de la maïeutique, cette méthode par laquelle il entendait “faire accoucher la vérité à ses interlocuteurs”. Socrate reconnaît d'ailleurs qu'il tient cette méthode de sa mère. Très tôt, le philosophe étudie les mathématiques. Mais il n'est pas satisfait des réponses qu'il obtient. C'est l'Homme qui l'intéresse. Mieux encore, c'est sur l'âme humaine qu'il veut porter toute son attention. Socrate estime “qu'il est nécessaire pour chacun des hommes de s'employer à se connaître soi-même afin de mener une existence juste et heureuse”. Le philosophe enseignait que chacun possède l'entière connaissance de la vérité absolue, inhérente à son âme, et qu'il doit seulement être incité à la réflexion consciente pour la reconnaître. La tâche du philosophe, selon Socrate, est d'inciter les hommes à penser par eux-mêmes et non de leur enseigner quelque chose qu'ils ignoraient. La maïeutique, deuxième approche chez le philosophe, désigne, chez Socrate, l'art d'accoucher les âmes. Constatant que le plus souvent, l'être réel des hommes est masqué par une conduite superficielle pleine de prétention, Socrate a recours à un jeu de questions ironiques, afin de leur faire prendre conscience que la réalité de ce qu'ils sont ne se situe pas forcément là où ils l'imaginent. Il partait de l'idée que les hommes étaient dotés d'une pensée et d'une conscience dont ils ne font pas toujours usage. L'art socratique du dialogue, en qui se résume la manière socratique de philosopher, tient à peu près dans l'image de la “maïeutique” que Socrate disait tenir de sa mère; encore faut-il ne pas oublier que l'accoucheuse, matrone qui a elle-même passé l'âge d'enfanter, a compétence aussi pour juger si l'enfant est viable ou non, et sait se faire avorteuse au besoin. Le personnage de Socrate est associé à l'ironie à un point tel qu'on en est venu à en faire sa qualité principale, et à la rendre consubstantielle à sa pratique de la philosophie: au projet même de Socrate d'exercer sur ses contemporains une sorte de magistère moral, il appartiendrait de ne le faire que de façon ironique. Alors que l'ironie attribuée à Socrate est liée à sa supériorité sur ses interlocuteurs (disciples ou adversaires), elle serait porteuse d'une connotation péjorative, selon ses détracteurs. Il faut noter cependant que la figure d'un Socrate ironiste appartient au courant antisocratique. Plus qu'un trait de caractère ou une attitude psychologique, le recours à l'ironie est pour Socrate, semble-t-il, une manière de pratiquer la dialectique. Socrate inventa la dialectique, c'est-à-dire le dialogue, la parole alternée. Que font les sophistes qui sont aussi ses adversaires les plus déterminés? Ils composent des discours qui doivent éblouir par l'ingéniosité de l'argumentation et la beauté du style. Ils émeuvent et en émouvant, ils persuadent.La méthode a pour but de convaincre et non de persuader. Comment s'y prend Socrate? Il commence par ironiser. “Je ne sais pas mais toi tu sais”. L'ironie au sens primitif du terme désigne en effet l'action d'interroger en feignant l'ignorance. Son ironie est à la fois sérieuse et moqueuse. Il s'agit d'accoucher un esprit. C'est ce qu'on appelle la maïeutique. Quelle est cette vérité dont doit accoucher cet esprit? La définition d'un genre et non pas l'idée absolue. Pour Socrate, l'accès à la définition d'un genre passe par induction, c'est-à-dire aller du particulier à l'universel. Cette méthode bouleversa les techniques de recherche dans les sciences naturelles et les mathématiques. Les tests pratiqués dans l'industrie pharmaceutique avant le lancement d'un nouveau médicament sont inspirés de cette méthode.


Le mystère entoure sa mort

Si l'homme Socrate demeure secret, sa mort aussi est énigmatique. Pourquoi a-t-il été condamné? Les chercheurs invoquent plusieurs pistes qui sont autant d'hypothèses.La première est qu'il a été victime de ses ennemis, les sophistes. C'est ce que l'on a cru jusqu'au début du XIXe siècle. Autre piste: il semble que Socrate ait payé pour sa collaboration avec les aristocrates, même libéraux. On cite Xénophon, Charmide et Platon dont l'idéal social est aristocratique. Alors Socrate est-il démocrate ou aristocrate? En réalité, il est inclassable. De toutes façons, ces termes n'ont plus le sens qu'ils avaient au IVe siècle av. J.-C. et sur la question politique l'enseignement du sage reste très ambigu. Enfin, selon certains, la mort de Socrate serait une conduite d'échec. Nietzsche: le sage était las de sa vie et de sa sagesse. “Socrate voulait mourir, ce ne fut pas Athènes, ce fut lui-même qui se donna la ciguë, il força Athènes à la ciguë”. La tradition, du reste contestée, raconte que, à peine avait-il bu la ciguë, les Athéniens se repentaient, fermaient palestres et gymnases en signe de deuil, bannissaient les accusateurs.


Tout ce que je sais c'est que je ne sais rien

Cette phrase célèbre est attribuée à Socrate par son disciple Platon. Elle découle de l'Apologie de Socrate qui narre le procès intenté au philosophe par la ville d'Athènes alors qu'il a 70 ans. Platon fait le récit de la vocation philosophique de son maître et des raisons véritables de son procès. Socrate se serait attiré des inimitiés lorsque ses adversaires apprirent qu'il enquêtait sur les raisons de sa promotion au rang de sage. Ils le condamnèrent à mort. La déclaration “je sais que je ne sais rien” est une pièce centrale de son procès. Ce procès qui allait voir la condamnation à mort de l'homme “le plus sage et le plus juste”, n'est pas seulement resté comme un exemple du courage de l'homme face à la mort mais comme un exemple du juste injustement persécuté. Platon considéra que ce procès avait signé le divorce entre la philosophie et la politique. Qu'une cité comme Athènes, démocratique et respectueuse des lois, ait pu commettre un pareil crime, une telle injustice, cela était impensable aux yeux de Platon. Plus que jamais, il avait la conviction que les affaires humaines et notamment la politique sont indignes et de peu de prix, du fait de l'antagonisme entre la Cité et le philosophe, celle-ci ne pouvait que persécuter ce dernier.Abashi SHAMAMBA

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