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Analyse

Taxe aérienne
L’effet pervers d’une mesure

Par L'Economiste | Edition N°:4168 Le 10/12/2013 | Partager
Le risque de voir les low cost bouder la destination est réel
L’ONDA très inquiet aussi

LES 800 millions de DH espérés grâce au dispositif fiscal, rebaptisé «taxe Haddad» feront-ils bien 800 millions et qui va se charger de leur collecte? Il y a débat. L’Office des aéroports (ONDA) a appris par hasard l’instauration de la nouvelle taxe de «solidarité et de promotion touristique». L’ONDA, une des pièces maîtresses du transport aérien, n’était pas dans le secret des dieux. Mais l’Office a des appréhensions. Et il a raison de prêcher pour sa paroisse, parce que, comme le laisse entendre le débat, la collecte reviendrait de facto à l’Office.
Or, en incluant l’argent de cette taxe aux montants collectés pour services aéroportuaires rendus aux compagnies aériennes dans le cadre de ses prérogatives, l’ONDA ne pourra plus se permettre d’augmenter les redevances sans s’attirer les foudres de l’IATA. Pourtant, au regard de la stratégie de développement de l’Office, la révision à la hausse de ses tarifs de prestations aéroportuaires s’avère incontournable. Là aussi, il s’agit de craintes fondées.  L’ONDA, contrairement à l’Office du tourisme (ONMT), se nourrit, en termes de budget, de recettes récoltées grâce aux prestations aéroportuaires offertes aux compagnies.
Cette taxe aérienne est bien évidemment supportée par les passagers, vous et moi, mais elle n’est pas sans impact sur les compagnies elles-mêmes. Le PDG de RAM, Driss Benhima, parle de l’équivalent d’une «perte» de 250 millions de DH du résultat net de la compagnie. L’impact redouté c’est surtout chez les low cost dont le business model est bâti sur l’optimisation des coûts. Seule façon pour ces compagnies de répondre à l’attente des clients  de tarifs les plus bas possibles. Il y a aussi le fait que cette composante de l’offre aérienne sur le Maroc est au cœur de la Vision 2020. Elles contribuent déjà largement, depuis l’ouverture du ciel, au développement du trafic aérien au Maroc. Ces compagnies détiennent 40% de part de marché du trafic international. Sur certains aéroports du Royaume, ce taux atteint des proportions importantes: 90% à Fès, 80% à Nador, 77% à Essaouira, 70% à Marrakech, 66% à Agadir, 64% à Tanger… Sachant que l’offre de transport de ces compagnies est fortement liée au prix du billet, comme le révèle l’étude sur le Plan de développement du transport aérien au Maroc. Et il va de soi que l’explosion de la croissance du trafic aérien international est fortement corrélée à la baisse des tarifs. Au plan purement conjoncturel, le contexte de la crise donne à voir un report de l’offre sur certaines destinations internationales vers le Maroc. Pour satisfaire cette demande conjoncturelle, il a fallu le concours très appréciable des low cost. A cause de cette taxe, EasyJet aurait redimensionné sa voilure sur le Maroc et Ryanair serait sur le point de lui emboîter le pas. 
Au terme des dix premiers mois de l’année, le trafic aérien international sur les différentes destinations du pays a augmenté de l’ordre de 9%. La «taxe Haddad» ne semble satisfaire que la Confédération nationale du tourisme qui espère pouvoir profiter de la manne annoncée de ce dispositif. Quand bien même, comme l’ONDA et Royal Air Maroc, la Confédération du tourisme n’a pas été associée à l’élaboration de cette taxe... politique.
B. T.

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