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Analyse

Taxe aérienne
RAM redoute une distorsion concurrentielle

Par L'Economiste | Edition N°:4168 Le 10/12/2013 | Partager

Driss Benhima, PDG de Royal Air Maroc, craint le pire: «Nous allons faire face à environ 250 millions de DH de versement, soit le tiers de notre résultat d’exploitation»

Driss Behnima est sur le pied de guerre. Le PDG de Royal Air Maroc appelle à un maximum de vigilance pour que toutes les compagnies reversent cette taxe. La mauvaise expérience de la taxe d’équipement aéroportuaire (de 120 DH) est passée par là.

- L’Economiste : On dit tout et son contraire sur cette taxe. Qui devra la payer et pour quelle finalité ?
- Driss Benhima: Il ne nous appartient pas de nous prononcer sur l’opportunité de cette taxe, qui est une prérogative gouvernementale et législative. Tout ce qui est sûr, à la lecture du projet, c’est qu’elle doit être payée par tous les passagers aériens quittant le territoire national vers l’étranger, sauf les exceptions très claires prévues par le texte. Le produit de cette taxe est partagé à égalité entre le Fonds de solidarité qui existe déjà et un fonds de soutien au tourisme qui sera créé.

- RAM redoute-t-elle l’effet pervers de cette taxe?
- Si toutes les compagnies reversent cette taxe, la situation concurrentielle de RAM ne devrait pas être affectée. Mais nous devons rester vigilants. Il y a trois éléments qui m’inquiètent. Le premier facteur de préoccupation est lié au caractère déclaratif de la collecte de la taxe par les compagnies aériennes, qu’elles soient régulières ou charters. Comment recouvrer cette taxe plusieurs semaines après les vols concernés s’il s’agit de vols sporadiques sans lendemain? Le deuxième facteur est lié aux lieux de collecte. Le projet, dans sa mouture actuelle, parle des «perceptions dont dépendent les sièges sociaux ou les représentations» des compagnies concernées. Je ne suis pas sûr que toutes les compagnies qui opèrent sur le Maroc aient une représentation officielle ou même un simple identifiant fiscal. Je soupçonne même, et ce n’est qu’une politesse de langage, que certaines low-cost travaillent dans l’informel en compensant au plus juste leurs dépenses marocaines et leurs recettes en dirhams pour éviter le fisc et l’Office des Changes. Enfin, le ministre du Tourisme a parlé, d’après les médias, d’exonérer les billets vendus avant le 1er avril 2014. Or, je n’ai pas vu dans le texte de stipulation qui lui permettrait d’autoriser une quelconque exonération. Toute exonération, même ciblée et même tout remboursement ultérieur de ces taxes à certains opérateurs porteraient atteinte au principe d’égalité devant l’impôt et créerait une distorsion concurrentielle.

- Concrètement, qu’entendez-vous par distorsion?
-Nous avons l’expérience à Royal Air Maroc d’avoir payé pendant des dizaines d’années des taxes que les autres se permettaient de ne pas payer. En effet, la Cour des comptes dans son rapport 2008 avait découvert que la taxe d’équipement aéroportuaire de 120 DH, en usage depuis 1987, n’avait été versée que par les compagnies classiques, c’est-à-dire essentiellement par RAM. Cette taxe était, elle aussi, «déclarative» et même après la publication du rapport, rien n’a été fait pour la recouvrer auprès des compagnies défaillantes dénoncées par la Cour des comptes. Si vous relisez les attendus du projet de loi de Finances 2012, il avait été dit, avec beaucoup de conviction, que cette taxe devait être supprimée pour favoriser le tourisme. Maintenant on en invente une nouvelle pour favoriser encore plus le tourisme… Vous comprenez donc pourquoi nous insistons scrupuleusement pour que cette taxe soit collectée par l’Onda, de la même façon que la taxe pour la promotion du paysage audiovisuel national est collectée par les distributeurs d’électricité sur les factures mensuelles de consommation électrique. On m’a dit que certains distributeurs ne la reversent pas régulièrement, mais au moins elle est universellement collectée.

- Quelles conséquences directes sur le business de la compagnie?
-Le projet de loi de Finances a baissé le budget de l’ONMT. Les 300 millions de DH que peut espérer l’ONMT à travers la nouvelle taxe permettent de compenser cette baisse et notre pays a besoin d’intensifier sa promotion touristique afin d’assurer ses objectifs. Quant à nous, nous allons faire face à environ 250 millions de DH de versement, soit le tiers de notre résultat d’exploitation. Nous sommes déjà en train de voir où rattraper ce manque à gagner et il est probable que nous nous déchargerons de quelques actions directes de soutien au tourisme que nous menons avec les CRT et l’ONMT, lesquels devront utiliser cette nouvelle manne pour les financer. Et je n’accepterai aucune critique au motif de ne plus soutenir des festivals et autres manifestations que nous soutenions jusqu’alors généreusement sachant que cette taxe fait de nous le premier soutien financier du tourisme.
Propos recueillis par B.T.

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