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Tribune

Détroit de Gibraltar
Trois couloirs maritimes «s’affronteront» bientôt
Par Hassania Cherkaoui

Par L'Economiste | Edition N°:3934 Le 21/12/2012 | Partager

Docteur d’Etat, le professeur Hassania Cherkaoui enseigne le droit maritime et aérien à l’Université Hassan II de Casablanca.
Elle enseigne aussi à l’Université de Boston et est conseiller juridique des grandes entreprises publiques et privées marocaines et américaines. Elle a publié six ouvrages de droit, dont des manuels sur le droit commercial et le droit des affaires ainsi que des dizaines d’articles spécialisés sur le droit maritime et aérien 

Le détroit de Gibraltar sera incidemment confronté à la triple compétition entre trois couloirs maritimes. Les navires en provenance de l’Asie et à destination de l’Amérique ou de l’Europe auront donc un triple choix.
1°) les navires venant du Japon et d’Asie, au lieu de passer par le canal de Suez et le détroit de Gibraltar pour aller aux USA, vont emprunter la route par le canal de Panama (qui en 2015 permettra le transit de porte-conteneurs de 13.000 de 20° (navire de 30.000 TJB). En 2020, il permettra (par son agrandissement) le passage de navires de 16.000 conteneurs de 20° (d’une jauge de 150.000 Tx), performance actuelle des navires passant par le détroit de Gibraltar.
Mais la route est plus courte par le canal de Suez (21.200 km) au lieu de 23.300 km par Panama! Cependant, la distance est plus courte pour aller aux USA, car 23.300 km correspondent à une route allant jusqu’en Europe.
2°) Les navires venant de l’Asie  pour aller en Europe emprunteront toujours la route par le canal de Suez (21.200 km) mais les armateurs envisagent de migrer à l’horizon 2020 vers le pôle Nord pour emprunter deux nouvelles lignes maritimes encore plus courtes en passant par le détroit de Béring, soit par la route du nord-ouest (15.700 km), soit par la route du nord-est (13/500 km):
- Par l’Est en longeant les côtes de la Russie
- Par l’Ouest en longeant les côtes du Canada. Ce qui dépendra de la météo et des glaces.
L’efficacité de ce nouvel ordre se mesure en termes de dépense énergétique, c’est-à-dire en termes de réduction des distances à parcourir pour réduire les charges de soutage.
Résultat: le nouvel empire nomade. L’Empire maritime mettra en compétition non seulement deux, mais trois couloirs sédentaires, chacun d’eux aspirant à attirer le maximum de navires pour son compte propre: le détroit de Gibraltar, le canal de Panama et le détroit de Béring.
Si l’on ne se réveille pas maintenant, notre fonds de commerce par le détroit est menacé. À l’évidence, cette redistribution des rôles va générer le détournement de certains trafics transitant par la Méditerranée, y compris le transbordement. Il en résultera une baisse de fréquentation du détroit de Gibraltar, passage qui place le Maroc au cœur des enjeux actuels.
La menace est réelle, précise et pesante. Dans une résilience à venir, le système portuaire marocain doit anticiper l’impact de cette menace, en défendant et en préservant le potentiel maritime du pays.
Pour cela, il faudrait instituer le Conseil national maritime et portuaire (CNMP), comme partout dans le monde :
- En France par l’institution des «assises de Grenelle»;
- Aux USA par le Federal Maritime commission;
- En Allemagne par le Federal Maritime and Hydrographic Agency.
Le CNMP aura pour mission, entre autres, d’initier et d’activer, au sein de la communauté internationale, la création d’un organisme chargé d’assurer une protection durable du fonds de commerce portuaire de l’ensemble du bassin méditerranéen. Le programme français d’Union pour la Méditerranée (UPM) nous semble idéal pour réaliser cet objectif.
Nous suggérons également que, dans le cadre de TangerMed 2, la concession qui sera accordée le soit à titre gracieux en prévoyant en contrepartie qu’une flotte marocaine participe annuellement à la distribution de la marchandise entre TangerMed 2 et l’Europe et TangerMed 2 et l’Afrique.
Nous savons en effet que Mearsk a aujourd’hui verrouillé le détroit de Gibraltar. Pour éviter cela avec TangerMed 2, il faudrait envisager l’ancrage de la flotte marocaine à celle qui va opérer dans ce port, c’est-à-dire celle que ce concessionnaire va amener. S’il n’y a pas de marché, il n’y a aucun intérêt à ce que le Maroc ait une flotte demain.

Mission générale du Conseil

Le Conseil national maritime et portuaire serait chargé de fédérer les compétences, de veiller au respect des valeurs déontologiques, de prévenir les dérapages et de réconcilier l’appareil de l’État avec les armements et les professionnels maritimes.
Il permettra la reprise de l’initiative, guidera les centres de décision, explorera les lignes d’horizon et dégagera une vision partagée pour éviter que l’avenir ne devienne une contrainte à subir.
Précisons que ce Conseil ne sera pas en compétition avec les autorités actuellement installées car il n’empiètera pas sur leurs compétences légales.

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