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Economie

Le budget tiendra-t-il dans la conjoncture actuelle?

Par L'Economiste | Edition N°:1423 Le 25/12/2002 | Partager

. La plupart des hypothèses devraient se vérifier: récoltes, pétrole, dollars. Attention cependant aux «déclassements« internationaux!. La politique agricole opportunément reportéeLe budget 2003, qui arrive en fin de processus d'adoption cette semaine devant les deux Chambres, repose sur des hypothèses qui ne dépendent pas de la volonté marocaine. Certaines ont des chances de se réaliser, d'autres un peu moins.Le budget table sur des recettes pétrolières à faire sur la base d'un baril à 24 dollars. Pour l'instant, il vaut davantage du fait de la tension internationale, laquelle s'inquiète dans ce domaine davantage de la grève au Venezuela que de la très probable guerre américaine contre l'Irak. L'issue de cette guerre ne fait pas de doute: les ressources irakiennes tomberont sous influence américaine. Quant au Venezuela, les opposants du régime veulent établir un système plus libéral, même si pour l'instant, ils le font en bloquant les exportations. Dans les deux cas, l'hypothèse du baril à 24 dollars sera sans doute correcte sur l'année 2003. Il n'est pas impossible aussi que le prix descende en dessous de cette moyenne, ce qui donnerait des recettes additionnelles à l'Etat marocain, lequel comme chacun le sait a un profil financier de petit pays pétrolier. Reste l'hypothèse du dollar, face à l'euro et face au dirham, pour confirmer la probable option de bonnes recettes pétrolières. . Balance euro-dollarPersonne ne peut dire ce qu'il adviendra dans le domaine des marchés monétaires. Seules des probabilités d'hypothèses sont possibles. Il est probable que l'euro continue à se renforcer face au dollar. Les méthodes avec lesquelles Washington conduit sa politique interne de sécurité gênent les investisseurs arabes et musulmans, tandis que le gonflement des déficits publics gênera de plus en plus tous les investisseurs. Logiquement, le dollar n'est donc pas destiné à s'apprécier face à l'euro, ce qui serait, si cette hypothèse se vérifie, une bonne nouvelle pour le Maroc… sauf si la guerre débouche sur des perturbations graves et durables des circuits commerciaux et touristiques. Le Maroc cultive son «appartenance au monde libre«, selon l'expression de SM Mohammed VI, lors de l'inauguration de la place parisienne honorant son grand-père. Ceci n'empêche cependant pas qu'il est victime des déclassements (visas, ratings financiers…) accompagnant la lutte mondiale contre le terrorisme. Ces déclassements péseront sans doute sur le dynamisme économique de l'année qui s'ouvre. Pour l'instant, le gouvernement maintient officiellement l'idée que «peut-être, il n'y aura pas de guerre«. On ne sait pas s'il existe un plan d'urgence pour remettre le pays sur les agendas internationaux, comme cela avait été fait au lendemain du 11 septembre 2001. Il serait pourtant nécessaire d'activer pareille organisation car les déclassements, avec ou sans guerre entre les Etats-Unis et l'Irak, pèsent déjà.. Cercle agricole maléfiqueDans ses hypothèses, le Budget 2003 table aussi sur une récolte céréalière de 50 millions de quintaux. Les pluies de novembre et décembre ont donné une forte probabilité de réalisations. Si en février, les pluies sont encore au rendez-vous de la croissance des céréales, cette hypothèse sera confirmée et peut-être accrue. Ceci est évidemment une bonne nouvelle pour le niveau de vie rural. Mais c'est une moins bonne nouvelle pour le budget.Certes, les interventions financières sur le marché des céréales ne se jouent plus à guichet ouvert depuis longtemps. Seule une petite partie de la récolte sera subventionnée (environ 10 millions de quintaux et ce uniquement pour le blé tendre), mais un niveau élevé de récolte signifie d'importants manques à gagner.En effet, un quart de siècle de tentatives de réformes du fonctionnement des marchés céréaliers marocains n'a toujours pas abouti à rompre le cercle maléfique de l'agriculture trop protégée pour devenir performante. Malgré la charge de ce système (et son côté absurde), l'agriculture ne sera que marginalement concernée par l'effort de mise à niveau économique. Elle aurait besoin d'orientations politiques lourdes que personne ne veut prendre depuis trente ans. Cette hésitation peut se comprendre puisqu'il s'agirait de laisser faire sans le ralentir, ou plus audacieux, de favoriser le départ des familles paysannes dont l'activité n'est pas rentable. Un bon million de familles, soit 5 à 7 millions de personnes, sont concernées. C'est sans doute trop pour que les politiciens s'en mêlent: ils préfèrent maintenir le système de subventions tel qu'il est, même si ce faisant, le coût social pour la collectivité est très élevé en termes de production de nouveaux pauvres. Aussi lourd que soit ce système de redistribution du point de vue financier, aussi préjudiciable qu'il soit pour le niveau de vie moyen et la productivité du Maroc dans son ensemble, politiquement, il est plus facile à gérer par le silence… N. S.

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