×Membres de L'Economiste Qui sommes-nousL'Editorialjustice régions Dossiers Société Culture Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Affaires

Recherche & innovation
Des avancées mais dans le désordre

Par L'Economiste | Edition N°:1752 Le 21/04/2004 | Partager

. Depuis 1998, les ressources sont passées de 0,3 à 0,79% du PIB. Mais attention au risque d’épuisement. Climat de suspicion entre chercheurs et entrepreneursPOUR restructurer le système de recherche et stimuler l’innovation, le ministère délégué chargé de la Recherche scientifique a effectué avec le soutien de la Commission européenne, un état des lieux du secteur. L’évaluation a concerné les domaines des sciences exactes, sciences de la vie et sciences de l’ingénieur. Le diagnostic établi par des experts européens est clair.“L’investissement dans la recherche est effectif. Il s’agit à présent de le faire fructifier et c’est possible à peu de frais”, indique le rapport. Le point fort du système réside dans la qualité de ses chercheurs. En témoigne la croissance durable de la production scientifique. Mais attention! relèvent les auteurs du diagnostic, le moteur de cette croissance, à savoir la réalisation des thèses, tend à s’épuiser. Et pour cause, le recrutement de nouveaux enseignants n’est pas à l’ordre du jour et les anciens ne sont pas stimulés pour produire de la recherche. “Il devient donc essentiel de trouver de nouvelles incitations pour attirer de jeunes chercheurs”, est-il souligné. Ces derniers se tournent de plus en plus vers d’autres activités plus rentables sur le plan personnel. Entre un quart et un tiers de l’effectif seulement opère dans la recherche. La mesure incitative devient donc urgente, car le capital humain est en train de s’étioler. “L’instauration récente de bourses de recherche est de nature à encourager les jeunes diplômés à développer des sujets de recherche appliquée”, assure Hamid Bouabid, chef de division Valorisation et Innovation technologique au ministère délégué chargé de la Recherche scientifique. Le danger est de voir les équipes actives se transformer en sous-traitants qui exerceraient leur métier dans le cadre d’une division mondiale du travail, redoute le rapport. “Dans un premier temps, cette évolution est inévitable, car la recherche au Maroc date de 10 ans seulement”, relève le responsable. . Méconnaissance réciproqueLa plupart des chercheurs ont été formés dans des laboratoires étrangers avec lesquels ils entretiennent des liens étroits. “Ce qui explique en partie que certains travaux de recherche ont pu être menés sans que cela ne réponde à un besoin réel du pays”. De plus, l’implication des chercheurs marocains dans de tels projets d’envergure internationale leur facilite l’accès aux publications scientifiques. Ce second aspect est très important, car l’enseignant- chercheur est noté à la fois sur la base de son enseignement et de son activité de recherche à travers les publications. “Pour rectifier le tir, le ministère s’est fixé comme objectif de valoriser la recherche locale en resserrant les liens avec l’entreprise”.Autre danger: la dispersion du potentiel. Les chercheurs travaillent souvent dans des établissements aux statuts différents, parfois sans mission de recherche clairement affichée. A noter également l’absence d’une communauté scientifique nationale susceptible de constituer une force de propositions et de jouer le rôle de régulateur et de mise en relation à travers des rencontres scientifiques.Concernant le rapport avec le secteur productif, les experts reconnaissent qu’il est impensable de conduire des travaux dans les disciplines techniques (génie, agriculture, santé...) sans connaître les besoins du tissu industriel. “Il est recommandé de procéder à un diagnostic stratégique des besoins des entreprises et d’organiser leur diffusion auprès des chercheurs”, préconisent les experts européens. Pour l’heure, il y a méconnaissance réciproque des deux mondes. Les chercheurs manquent de visibilité et ne disposent pas d’équipement nécessaire pour conclure des partenariats. Les entreprises, elles, affichent des doutes sur la capacité des chercheurs à comprendre et à résoudre leurs contraintes. Cependant, de nombreuses collaborations entre les deux corps existent, notamment à travers des consultations privées. Les experts européens suggèrent, entre autres, la création d’une cellule spécialisée d’aide au démarchage et à la conclusion de conventions.Parmi les avancées récentes répertoriées, la création du comité interministériel spécialisé. Celui-ci a pour mission de concevoir une programmation cohérente et de répartir la mise en oeuvre dans des domaines transversaux (santé, agriculture, eau...). De même, la mise en place récente de crédits incitations en faveur des unités de base a pour avantage d’introduire la culture d’évaluation. En outre, le lancement du réseau d’information interuniversitaire Marwan a été bien perçu par la communauté scientifique. Enfin, sur le plan législatif, des décrets relatifs à l’année sabbatique et à l’entrée hors douane de l’équipement scientifique viennent d’être publiés.


Le réseau Marwan renforcé

A nouvelle version du réseau Maroc Wide Area Network (Marwan) sera lancée dans les prochains jours. Géré par le ministère de l’Enseignement supérieur, ce réseau sera à haut débit (entre 2 et 34 megabits). Il prévoit le lancement d’un site Internet ouvert au grand public. Des informations sélectives seront accessibles via un mot de passe. Entre 1998 et 2002-2003, Marwan aura bénéficié d’un investissement de 26 millions de DH. Ce réseau dédié à l’éducation, la formation et la recherche donne la possibilité aux utilisateurs de se connecter aux réseaux internationaux. Créé en 1997, Marwan est un réseau d’information et de communication à but non lucratif. La première version de Marwan, à faible débit (entre 64 et 520 kbits), était copilotée par les ministères de l’Enseignement supérieur et de l’Education nationale ainsi que la formation professionnelle. Sur les 10 établissements de l’enseignement supérieur, seule une trentaine y est connectée.


Les implications de la réforme

A loi 01-00 du 19 mai 2000 octroie aux universités une large autonomie, notamment en matière de développement de la recherche scientifique et technologique. Elles peuvent désormais prendre des participations dans des entreprises privées et publiques et même créer des sociétés filiales en vue de produire, valoriser et commercialiser des biens et services.Pour renforcer le lien entre la recherche et le tissu industriel, le texte prévoit la création de groupements d’intérêt public (GIP) et d’incubateurs d’entreprises implantées à proximité des centres de recherche. Ces derniers contribueront à la création d’entreprises innovantes et au transfert de technologie entre les deux sphères. Cette proximité est également censée favoriser la mobilité des chercheurs vers les entreprises. Est également prévue la mise en place de cellules d’interface qui auront pour mission d’identifier les besoins de recherche des entreprises, de promouvoir le potentiel des laboratoires universitaires et de favoriser le développement technologique.M. K.

Chère lectrice, cher lecteur,

L'article auquel vous tentez d'accéder est réservé à la communauté des grands lecteurs de L'Economiste. Nous vous invitons à vous connecter à l'aide de vos identifiants pour le consulter.
Si vous n'avez pas encore de compte, vous pouvez souscrire à L'Abonnement afin d'accéder à l'intégralité de notre contenu et de profiter de nombreux autres avantages.

Mot de passe oublié?
CAPTCHA
This question is for testing whether or not you are a human visitor and to prevent automated spam submissions.
ABONNEZ-VOUS
  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    abonnement@leconomiste.com
    mareaction@leconomiste.com
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc