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International

La menace chinoise est déjà une réalitéPar Mohammed Yahya ZNIBER & Abdelmajid Iraqui*

Par L'Economiste | Edition N°:1660 Le 11/12/2003 | Partager

Le Maroc a engagé depuis quelques années un certain nombre d’actions à même de permettre à son économie de se moderniser, devenir plus compétitive et se développer. A ce titre, la politique de mise à niveau a mobilisé aussi bien les administrations concernées que les opérateurs économiques. Les PME-PMI, noyau principal de l’activité industrielle et commerciale du pays, ont bénéficié d’une attention particulière, plusieurs outils ayant été mis en place pour leur permettre d’aborder l’ouverture totale dans les meilleures conditions (financements, ANPME, etc.).La PME-PMI marocaine se caractérise par un niveau technologique et une valeur ajoutée relativement faibles, ainsi que par une utilisation importante de main-d’oeuvre. Un des objectifs de l’ouverture à l’Europe, et dans un proche avenir aux Etats-Unis, est de permettre à notre industrie d’emprunter la voie de la technologie et cela même pour des métiers à caractère semi-artisanal (industrie de la chaussure, mécanique, matériaux de construction, céramique et autres) et par conséquent s’ouvrir des opportunités sur ces marchés (exportations, sous-traitance, délocalisation, etc.).Cependant, nous assistons à une ouverture qui profite à certaines économies de structures différentes et qui concurrencent nos entreprises sur la base de facteurs de compétitivité que ne possédera jamais le Maroc, notamment en terme de coût de main-d’oeuvre et d’économies d’échelle.Plusieurs pays asiatiques, depuis 2-3 ans, mettent à mal de nombreux secteurs industriels marocains. Les plus exposés sont les activités de transformation de matières plastiques, les articles chaussants, les articles ménagers, les fournitures scolaires, le sanitaire, la quincaillerie, le matériel électrique, le cuir synthétique (similicuir) et bien entendu, le textile. Ce sont des dizaines de milliers d’emplois qui risquent de disparaître à court terme, compte tenu des importations massives de ces produits et parfaitement programmées (Aïd, Achoura, rentrée scolaire, etc.). Les mesures classiques telles que la réduction des coûts de facteurs de production (baisse des droits de douane sur les importations d’intrants, fiscalité, etc.) ne pourront en aucun cas combler l’écart de compétitivité avec cette concurrence tant la différence de coût est importante. A cela, il faut ajouter la cherté du foncier. Bien que des efforts aient été entrepris dans le domaine de l’aménagement de zones industrielles, la qualité reste médiocre et les prix élevés et disparates.Par ailleurs, l’avantage du coût de la main-d’oeuvre qui était jadis notre avantage compétitif est en phase d’érosion, puisque la concurrence asiatique fait largement mieux que nous avec des coûts horaires de travail imbattables. Bien entendu, il n’est pas question de se lancer dans une surenchère car c’est tout à l’honneur de notre pays d’étendre la protection sociale au maximum des salariés. La généralisation de la couverture des accidents de travail, la hausse du SMIG, la liberté syndicale, sont des acquis irréversibles. Est-ce le cas de la main-d’oeuvre chez nos concurrents? La menace asiatique et plus particulièrement chinoise ne concerne pas uniquement les industries opérant localement, elle touche également celles qui exportent, notamment le textile et l’habillement, où les donneurs d’ordre se tournent de plus en plus vers la Chine et ce, malgré les efforts de modernisation entrepris par les textiliens marocains et l’administration (formalités douanières, fiscalité, etc.). Même les pays les plus industrialisés et les plus riches de la planète se posent la question sur cette concurrence et commencent à réfléchir sur la manière de la contrer.Il ne s’agit pas de revenir sur l’ouverture des frontières, mais de la canaliser. Même les banquiers n’hésitent pas en discussion “off” à inclure ce risque dans leur évaluation du risque des entreprises, qui sont pourtant leur clientes depuis des années. Il faut bien voir que la politique de mise à niveau a été pensée dans le cadre de l’ouverture vers l’Union européenne et non dans celui qui concerne la libéralisation commerciale avec des pays qui exploitent les mêmes types de marchés et avantages concurrentiels tels que la Chine, le Vietnam, l’Inde, Taïwan et autres. Il faut par ailleurs rappeler que le Maroc s’est engagé dans la mondialisation et à en respecter tous les principes de base (OMC, BIT, OMS, Unicef, etc.).Le démantèlement vis-à-vis des économies respectueuses des règles du commerce international (Europe, USA) s’est fait sur la base d’un calendrier et de modalités bien étudiés en vue de préserver et de développer notre tissu économique. Cette libéralisation ne doit pas profiter aux économies qui n’offrent pas les mêmes réciprocités. Elle doit être un avantage mutuel et non conçu de manière unidirectionnelle comme cela est le cas avec les pays asiatiques.* Vice-présidents de la Fédération des PMI-PME.


Il y a une limite à la mise à niveau

Compte tenu du nombre extrêmement important d’emplois qui vont disparaître à court terme et le risque de remettre en cause tous les efforts entrepris aujourd’hui par le pays pour son développement économique et social, il est urgent, voire capital, de prendre des décisions courageuses et rapides afin de permettre aux entreprises touchées de pouvoir continuer à fonctionner. Et pourquoi ne pas envisager, par exemple, un accompagnement “spécifique” pour la mise à niveau des PME/PMI directement menacées. Il est illusoire de croire que les entreprises marocaines ont les moyens de se mettre à niveau vis-à-vis de l’Europe (ou bientôt des USA), et en même temps de combattre la concurrence asiatique dont la compétitivité repose sur des facteurs primaires.

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