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Le PJD absorbé par son congrès extraordinaire

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:6114 Le 14/10/2021 | Partager
ll se tiendra le 30 octobre à Bouznika
Au menu, l’élection d’un nouveau patron
Le retour de Benkirane est sur la table

La date du congrès extraordinaire du PJD vient d’être arrêtée par son secrétariat général. C’est donc le 30 octobre prochain, en présentiel à Bouznika pour les membres du conseil national et à distance pour les représentations régionales.

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En 2017, Saâdeddine El Othmani a été élu nouveau secrétaire général du PJD lors du 8e congrès national du parti. Quatre ans plus tard, après la débâcle électorale, le PJD se retrouve dans une très mauvaise posture. Le 30 octobre prochain aura lieu le congrès extraordinaire pour élire le nouveau dirigeant (Ph L’Economiste)

La commission préparatoire, présidée par Jamaê Moatassime, ancien maire de Salé et ex-directeur de cabinet du chef de gouvernement Saâdeddine El Othmani, met les dernières touches pour cette rencontre au sommet. Certains en attendent le coup d’envoi d’une renaissance, d’autres recherchent le maintien du statu quo.

Toute cette affaire prend son origine dans le contexte de la post-proclamation des résultats des élections du 8 septembre et la démission collective du secrétariat général, annoncée par communiqué. Dans un premier temps, une partie de l’état major voulait faire endosser la responsabilité au seul Othmani, mais après des discussions, on s’est résolu à ce que tout le monde soit dans le même bateau. C’est ainsi que l’idée d’un congrès extraordinaire a été émise.

En fait, à l’intérieur du PJD, deux courants s’opposent. Le premier est favorable au retour de Abdelilah Benkirane. Ses partisans considèrent qu’il est le seul capable de rassembler et réorganiser le parti pour le remettre sur orbite. Si Benkirane décline l’offre, il poussera son poulain, Driss El Azami, ex-ministre et ancien député maire de Fès. L’autre courant est composé de Saâdeddine El Othmani et d’anciens ministres comme notamment Aziz Rabah, Abdelkader Amara et Lahcen Daoudi.

Ces derniers ne voient pas du bon œil le retour de l’ancien patron qui va s’empresser de les écarter des postes de responsabilité. Par ailleurs, Aziz Rabbah a des prétentions mais il n’est pas très populaire à l’intérieur du parti. Quant à Mustapha Ramid, il a pris ses distances avec sa formation. D’autant que cet ancien dirigeant avait proposé à ses camarades de réduire la couverture PJD des circonscriptions et évitant ainsi de viser un troisième mandat gouvernemental. Mais ses camarades au sein du secrétariat général ne l’ont pas suivi. Les résultats lui ont donné raison.  

En tout cas, après la débâcle électorale, le PJD se retrouve en très mauvaise posture. Alors qu’il y a encore quelques mois, il occupait la première place, avec 125 sièges dans la Chambre des représentants. Aujourd’hui, il est retombé à 13 sièges.  Le parti a également perdu les mairies des grandes villes.

n Impact financier négatif: Cette descente aux enfers s’est traduite par un impact financier négatif. En effet, le budget du parti tourne autour de 35 millions de DH par an. Mais, avec les résultats catastrophiques obtenus lors des dernières élections, le budget en sera affecté. D’abord, les subventions financières que le ministère de l’Intérieur accorde aux partis sont calculées sur la base des voix et des sièges obtenus. Ainsi, il a perdu 112 sièges par rapport aux élections de 2016. De même, sa base électorale était estimée à 1,6 million de voix. Aujourd’hui, ce chiffre est tombé à 300.000 voix.

n Les cotisations en chute libre: Cela se traduit par une perte sèche. Un malheur ne vient jamais seul. Car, le parti va enregistrer d’autres pertes importantes comme notamment les cotisations des ministres. Chacun d’entre eux mettait dans le pot 10.000 DH par mois. Les députés mettaient également la main à la poche puisqu’ils cotisaient entre 4 et 5.000 DH par mois, selon la distance de leur circonscription par rapport à la capitale. A cela s’ajoutent les contributions des présidents des communes et tous les élus qui ont des indemnités de fonction. Du coup le budget a dégringolé à 2 millions de DH contre 35 auparavant, note une source proche du dossier.

n Licenciements et arrêt du chantier de construction de son siège: Ce recul des ressources financières a poussé le PJD à prendre les devants à travers deux décisions. La première a consisté à arrêter le chantier de construction du nouveau siège du parti, situé à Hay Ryad.

Le coût de réalisation de ce bâtiment est estimé 38,5 millions de DH. La deuxième décision porte sur le licenciement de 160 employés. La plupart d’entre eux travaillent au siège du PJD à Rabat et d’autres dans les représentations provinciales et régionales. Il est évident que ces décisions, particulièrement la dernière, sont contestées par une partie des responsables. Ces derniers considèrent que les décisions prises sont illégales puisque le secrétariat général qui en est à l’origine, avait présenté sa démission. Et à ce titre, il ne peut engager l’avenir de la formation islamiste.

Rébellion au sein du parti

Rien ne va plus au PJD. Après la catastrophe des résultats, le parti vient d’essuyer un nouveau camouflet. En effet, il a assisté à une rébellion de 3 parlementaires ayant gagné leurs sièges lors des élections de la Chambre des conseillers le 5 octobre dernier. Le Secrétariat général du parti n’est pas content de cet «exploit» et l’a fait savoir haut et fort. Il a exigé d’eux de déposer leur démission de la Chambre des conseillers. Motif: ces sièges sont accordés par complaisance puisque les résultats obtenus le 8 septembre ne permettaient de les décrocher. C’est donc un cadeau à refuser, dit l’état major. Chose que les trois parlementaires ont rejeté. Ils ont alors décidé de rester au Parlement, en expliquant qu’ils ont conclu des alliances au niveau local lors des élections des bureaux des conseils des communes. Les bénéficiaires ont renvoyé l’ascenseur lors du vote de la Chambre des conseillers. Au final, ces «rebelles» ont créé un groupement parlementaire, baptisé «justice sociale et développement durable», référence au PJD. Quant au bras syndical du parti, il a obtenu 2 sièges. Il est à rappeler que le groupe parlementaire sortant avait 11 sièges.

Mohamed CHAOUI

 

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