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Des maires ministres, quel impact?

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:6111 Le 11/10/2021 | Partager
Pas d’incompatibilité entre les deux postes… en revanche, une énorme charge de travail
Rmili, Mansouri, et Akhannouch devraient déléguer leurs responsabilités

Est-ce une bonne ou une mauvaise chose d’avoir un maire ministre dans le gouvernement d’Aziz Akhannouch, lui-même maire d’Agadir? Qui se chargera de la gestion communale des villes de Casablanca, Marrakech et Agadir et quel est l’apport d’un ministre président d’un conseil communal? Telles sont les questions qui intriguent les habitants de la métropole, la ville ocre et la capitale du Souss depuis que leurs maires ont été promus ministres dans le gouvernement nommé jeudi dernier par le Roi. 

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Selon la loi, il n’y a pas d’incompatibilité entre le poste de maire et celui de ministre. Cependant, trois grandes villes sont concernées par cette situation dont il faudra assurer une gouvernance de proximité au quotidien (Ph Jarfi)

Par ville, la population d’Agadir savait bel et bien que Aziz Akhannouch était déjà chef du gouvernement à son élection à la tête du conseil communal de la perle du Sud. Que du bonheur pour cette destination touristique qui a souffert énormément de la crise du Covid-19 et dont le décollage sera certainement assuré grâce à un maire-chef du gouvernement. Celui-ci devrait accélérer la mise en œuvre du programme de développement urbain pour ériger Agadir en pôle économique attractif et compétitif. Programme qui avait été lancé par le Souverain le 4 février 2020.

Mobilisant des investissements de l’ordre de 6 milliards de DH, ce programme vise la consécration du positionnement de la ville et le renforcement de son attractivité en tant que destination touristique nationale et internationale, l’amélioration des indices de développement humain, la promotion des conditions de vie des populations, notamment des habitants des quartiers sous-équipés, le renforcement des infrastructures de base et la consolidation du réseau routier de la ville pour une mobilité meilleure. L’exécution de ces chantiers, au même titre que la mobilisation des fonds nécessaires, devrait passer à la vitesse supérieure surtout que le maire n’est autre que le Chef de l’exécutif.

Mais, celui-ci suivrait-il la réalisation de ces projets en personne ou déléguerait-il la gouvernance locale à ses adjoints? Et qu’en est-il de la tenue des sessions du conseil communal et qui gérerait les querelles politiciennes au niveau du conseil? Ces questions restent posées également pour les maires de Casablanca et Marrakech qui viennent d’être nommées respectivement pour le portefeuille de la Santé pour Nabila Rmili et à l’urbanisme pour Fatema-Zahra Mansouri. La première est élue à la tête de la capitale économique du Royaume, la ville la plus peuplée du Maroc et celle qui mérite le plus une attention particulière.

«La gestion de Casablanca équivaut à elle seule des responsabilités de six départements ministériels… C’est une ville de près de 4 millions d’habitants où il faut assurer une gouvernance de proximité (transport, ramassage des ordures, éclairage public…) au quotidien, ce qui veut dire une présence en permanence», explique un ancien maire d’une grande ville.

«Aussi, les services dits de proximité sont demandés et exécutés au quotidien…une simple faille peut déboucher sur un problème d’ordre public», alerte ce député, affirmant que «le maire de la métropole doit s’entourer d’une véritable équipe de choc». Surtout qu’elle avait critiqué le «lourd héritage» laissé par son prédécesseur, Abdelaziz El Omari. Même constat pour la ville ocre qui peine à se relever de la crise Covid-19 qui a frappé l’économie locale et particulièrement le tourisme.

En ce sens, El Mansouri avait promis de «gouverner la ville et réaliser son programme électoral». Avec sa nouvelle mission à la tête du département de l’urbanisme, la population s’inquiète et réclame «une maire à plein temps». En attendant, il est demandé aux maires-adjoints et aux autorités de «combler le vide».

Mais, à quel prix ? Surtout qu’à Marrakech, à titre d’exemple, qui a fait les frais d’une mauvaise gestion du conseil sortant, la dégradation des services communaux est flagrante et les habitants et opérateurs touristiques avaient fondé beaucoup d’espoirs sur le retour de la mairesse pour redonner vie à leur ville. Des espoirs qui se dissipent après une nomination au gouvernement.

                                                                

Ce que dit la loi

Il n’y a pas d’incompatibilité entre le poste de maire et celui de ministre. C’est ce que stipule le décret n° 2.21.510 en date du 2 juillet 2021, publié au Bulletin Officiel n° 7002 en date du 8 juillet 2021. Ce décret fixant les Communes dont la population est supérieure à 300.000 habitants et dont la présidence du conseil est incompatible avec la qualité de membre de la Chambre des représentants ou de membre de la Chambre des conseillers. Le Décret en question qui comprend un tableau listant les communes dont la présidence du conseil est incompatible avec la qualité de membre de la Chambre des représentants ou de membre de la Chambre des conseillers, autorise les présidents des conseils communaux à briguer un poste ministériel. A noter que la loi n’offre pas ce privilège aux présidents de régions.

Youness SAAD ALAMI

 

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