×L'Editorialjustice régions Dossiers Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Ecoles privées: Où sont passés 150.000 élèves?

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5865 Le 15/10/2020 | Partager
Migration forcée de familles en difficulté vers le public
Trois fois plus que l’année dernière
40.000 postes d’emplois détruits à aujourd’hui dans le secteur
une_part_de_marche_d_a_peine_14.jpg

Sur les vingt dernières années, le secteur n’a jamais pu atteindre les 20% de part de marché prévus par la Charte nationale de l’éducation. Il en est actuellement à 14,4%, selon l’Education nationale​

La casse sociale de la crise Covid s’accentue. De nombreux parents, ne pouvant plus supporter les frais de scolarité de leurs enfants, ont fait le choix de les inscrire dans le public. Du côté du ministère de l’Education nationale, les statistiques ne sont pas encore arrêtées.

«Nous attendons les résultats du recensement annuel», explique le ministère. Les écoles privées, elles, ont déjà fait leurs comptes. «Nous enregistrons une baisse d’inscriptions de 15%, avec une perte de 150.000 élèves. Dans le supérieur, la tendance est minime», confie Kamal Daissaoui, président de la Fédération de l’enseignement privé (FEP) relevant de la CGEM. Cela représente le triple des migrations du privé vers le public enregistrées l’an dernier (52.000).

La FEP a fait appel à un cabinet privé pour mener son enquête, qui a  également révélé une destruction de 40.000 postes dans le secteur. «Quand le transport s’arrête, par exemple, les conducteurs et les accompagnatrices ne peuvent pas être gardés indéfiniment. Et quand une école ferme, c’est naturellement tout le personnel qui se retrouve sans emploi», relève Daissaoui. Des fermetures d’établissements, il y en a eu. Cependant, aucun chiffre officiel n’a encore été précisé.

150.000 élèves donc regagnent cette année une école publique déjà en sureffectif. Les accueillir dans de bonnes conditions ne sera certainement pas évident. Toutefois, tous auront droit à un siège. «L’école publique ne peut en aucun cas refuser un élève. Néanmoins, si l’établissement n’a pas de place disponible, la délégation provinciale peut orienter l’élève vers un autre», assure le ministère. Et d’ajouter: «Le problème qui se pose souvent est que les parents insistent pour inscrire leurs enfants dans une école de leur choix, en raison de sa proximité ou de sa réputation, et attendent jusqu'à septembre pour le faire. Or, nous les invitons toujours à y procéder à la fin de l’année scolaire».

Une migration massive vers le public ne serait pas sans conséquences sur la qualité de l’offre en place. Elle battrait en brèche les avancées réalisées ces dernières années en matière de taux d’encadrement des élèves. Le ministre de l’Education nationale, Saaïd Amzazi, avait lui-même déclaré que le système n’a pas la capacité d’absorber tout le monde.

Les écoles privées, pour leur part, s’organisent pour défendre leur activité. Avec la FEP, représentant à la fois l’enseignement général, la formation professionnelle, l’enseignement supérieur et même la formation continue (près de 333 associations et fédérations adhérentes), elles comptent travailler main dans la main avec le ministère. Une rencontre a été récemment organisée avec le ministre. «A l’issue de cette rencontre, nous avons décidé de créer une commission de crise, afin de faciliter les consultations et trouver rapidement des solutions aux difficultés qui se posent», révèle le président de la fédération.

Fiscalité des établissements, chèques éducation pour les parents, couverture des régions reculées… Les chantiers ne manquent pas. La fédération a élaboré tout un plan d’action. Parmi les principales mesures, la mise en place d’un contrat-programme pour le développement du secteur et la concrétisation des réformes programmées par la loi-cadre sur l’enseignement. 


Un secteur concurrentiel?

C’est la question que se posent les parlementaires. Le conseil de la concurrence a, d’ailleurs, été sollicité pour examiner le secteur de l’enseignement privé. Ses représentants ont été récemment auditionnés par le conseil. «Notre offre est diversifiée et notre secteur est très concurrentiel. Vous avez de petites écoles et des grandes convenant à toutes les bourses. C’est le pouvoir d’achat et la proximité qui déterminent généralement le choix de l’établissement», argue le président de la FEP, Kamal Daissaoui. «Nous avons un réel problème d’image, que nous devons gérer sans plus attendre», concède-t-il. 

Ahlam NAZIH 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    abonnement@leconomiste.com
    mareaction@leconomiste.com
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc