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Economie

Enquête L’Economiste-Sunergia e-learning: Problématique pour la quasi-totalité des internautes!

Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5864 Le 14/10/2020 | Partager
Le 1/3 en décrie les problèmes d’apprentissage et le 1/4 les aléas techniques
6 internautes sur 10 l’ont déjà expérimenté
Les jeunes et les femmes y ont plus souvent eu recours
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96% des sondés estiment que l’enseignement à distance présente des inconvénients, principalement liés aux difficultés pédagogiques, à des problèmes techniques et à l’implication des enfants

Les études se succèdent et arrivent presque toutes au même constat: l’enseignement à distance est, pour l’heure, loin d’être le modèle idéal pour les apprenants. Et pour cause, les prérequis sont rarement réunis.
La dernière enquête Market Insights du groupe Sunergia, réalisée auprès de 1.236 répondants (voir encadré), évalue l’appréciation des internautes de ce mode d’apprentissage. 96% y trouvent des inconvénients. En tête des désagréments, les difficultés pédagogiques. Plus du tiers (34%) des sondés l’ont souligné. Les jeunes âgés de 18 à 24 ans, directement impliqués dans le dispositif d’enseignement à distance durant les derniers mois, sont ceux qui ont le plus relevé ce problème. La moitié d’entre eux en a fait part (voir tableau). Ce constat rejoint celui du HCP. Dans le cadre de son panel sur l’impact économique, social et psychologique du coronavirus, réalisé du 15 au 24 juin auprès de 2.169 ménages, le producteur national de statistiques avait révélé que 48,6% des jeunes se plaignent de difficultés d’assimilation des cours et de retards d’apprentissage en mode e-learning. 
L’enseignement à distance, imposé à partir de mars dernier par la crise pandémique, a été improvisé dans l’urgence, alors que personne n’était réellement préparé à migrer vers le numérique. Des enseignants peu formés dans le domaine, des cours non scénarisés et non adaptés au distanciel, des apprenants non familiarisés avec le e-learning et en manque d’autonomie, un faible accès à la technologie, des cours souvent sans interactivité… Toutes les conditions d’échec du modèle étaient réunies, et elles sont toujours d’actualité.  
Les ennuis techniques, cités par 23% des participants, arrivent deuxième dans la liste des inconvénients. Les parents d’élèves du primaire en ont particulièrement souffert durant les derniers mois, en raison du manque d’autonomie de leurs enfants, sans compter les «caprices» de la connexion internet. «Mon fils de 10 ans a eu beaucoup de mal à utiliser la plateforme d’apprentissage adoptée par son école. A chaque fois que sa connexion se coupe, je reçois un message de son enseignante pour intervenir. C’est pénible à gérer», confie un père de famille. Les 55-64 ans, moins familiarisés avec les nouvelles technologies, ont été plus nombreux à pointer du doigt l’aspect technique (32%). 

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Source  L’Economiste-Sunergia: Les jeunes sont les plus nombreux à relever les problèmes d’apprentissage rencontrés en mode e-learning (50%). Cela rejoint les statistiques du HCP selon lesquelles 46,8% des jeunes pointent du doigt la difficulté à assimiler les cours à distance
 

Les sondés citent, également, l’implication des enfants et des parents, ainsi que le coût d’acquisition des équipements, notamment pour les ménages percevant moins de 6.000 DH. «J’ai dû acheter deux ordinateurs pour mes deux enfants, ainsi qu’une imprimante», témoigne le père de famille. Le coût du matériel informatique et de la connexion internet fait, d’ailleurs, partie des principales raison derrière le bras de fer entre les parents et les écoles privées autour des frais de scolarité du dernier trimestre 2019-2020. L’enquête du HCP ajoute d’autres incommodités, telles que l’addiction aux outils électroniques, le stress et les troubles de concentration ainsi que le manque d’activités physiques. Cela justifie la décision de 80% des parents de choisir le présentiel pour cette rentrée. Dans le supérieur, 57% des étudiants ne veulent plus du e-learning, selon une étude universitaire (voir L’Economiste N° 5770 du 28 mai 2020).
Globalement, 57% des participants à l’enquête ont expérimenté l’e-learning cette année. La moitié l’a fait en tant que parent, 30% en tant qu’étudiants, 17% en tant qu’enseignants et 4% en tant que membres d’une administration. Les utilisateurs sont davantage des jeunes de 18 à 24 ans (83%) et des 45-54 ans (74%), représentant respectivement les étudiants et les parents. Les femmes sont plus nombreuses à y avoir eu recours (61% contre 56% des hommes). Les catégories touchant moins de 4.000 DH en ont été un peu plus exclues. 52% en ont bénéficié, contre environ 60% des ménages réalisant un revenu supérieur. Les habitants des régions du Sud y ont aussi moins accédé, avec 54% d’utilisateurs, contre 59% des habitants du centre et 55% de ceux du Nord et de l’Est. 
 

Echantillon

L’enquête rentre dans le cadre de la série d’études Market Insights du groupe Sunergia. Elle a été réalisée sur le web, du 7 au 26 août 2020, auprès de 1.236 utilisateurs de réseaux sociaux résidant au Maroc. «Cette étude n’est pas représentative de l’ensemble de la population marocaine. Les répondants sont davantage connectés, urbains, avec un niveau de scolarisation plus élevé et des revenus supérieurs à la moyenne marocaine», tient à préciser le cabinet d’études Sunergia. Près des ¾ des sondés sont des hommes. 35% sont âgés entre 18 et 34 ans, 37% ont entre 35 et 54 ans et 31% ont 55 ans et plus. 32% des répondants habitent la région de Casablanca-Settat, 17% sont de Rabat-Salé-Kénitra, 9% sont issus de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. 32% des répondants vivent avec un revenu inférieur ou égal à 4.000 DH/mois, 11% entre 4.001 et 6.000 DH, 26% entre 6.001 et 12.000 DH et 31% de plus de 12.000 DH par mois.

 

Ahlam NAZIH

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