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Economie

Consommation d’eau: Urgence de nouvelles allocations

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5848 Le 22/09/2020 | Partager
L’agriculture risque «d’étrangler» les autres productifs
La ressource doit guider les politiques économiques
Les conclusions d’une étude du HCP
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Beaucoup de projets d’économie d’eau mais la situation n’a pas évolué. Le secteur agricole reste toujours le plus gros consommateur d’eau: 87% du total

Près de 8 milliards de mètres cubes d’eau sont annuellement consommés par le secteur agricole. Et tous les autres secteurs se partagent 1,28 milliard de m3. Ces statistiques qui confirment la «voracité» de l’agriculture en termes de consommation de la ressource hydrique se basent sur une toute récente étude du HCP.

La nouveauté tient à l’élaboration d’un modèle basé sur les entrées et les sorties de l’utilisation de l’eau. Un modèle qui remonte aux années 1930 pour l’usage de l’énergie aux Etats-Unis. Néanmoins, il renseigne sur les évolutions futures et le risque d’éviction sur les autres secteurs productifs. Car le modèle procède également à la quantification des consommations directes et indirectes des différentes activités économiques et commerciales. A ce niveau, l’agriculture s’érige en véritable courroie de transmission. En particulier pour ce qui est de l’industrie alimentaire, le tabac et le commerce.      

L’étude  a pour ambition de servir de base à la conception d’une politique économique. Une orientation qui tient compte non seulement des facteurs productifs mais aussi des variables environnementales. L’analyse des indicateurs fait ressortir que «l’économie marocaine entretient une structure intensive en eau  centrée sur l’agriculture, le commerce, l’alimentation et le tabac». Aussi la consommation d’eau doit-elle  être prise en compte dans la planification de l’économie productive du pays. Surtout que le pays reste confronté au déficit structurel de la ressource. De ce fait, certains secteurs risquent un étranglement si la priorité continue d’être accordée à l’agriculture.  

Mais l’étude «peut être complétée par une analyse plus approfondie de la pression des activités économiques sur les ressources en eau», concède le HCP.   En outre, il est également recommandé de procéder à une analyse du volume de l’eau virtuelle et de l’empreinte hydrique au Maroc, autrement dit le commerce de l’eau. Une perspective de poursuite à moyen terme consiste donc à la mise au point d’un modèle d’équilibre général calculable permettant la compréhension des mécanismes économiques en jeu.

Les résultats de cette analyse montrent que l’agriculture, l’industrie alimentaire, le tabac, le commerce, l’hôtellerie et la restauration sont les principaux moteurs  de la consommation d’eau. Ceci, suite à une augmentation de la demande finale correspondante à chaque secteur (effet de diffusion). Les effets d’absorption calculés révèlent que l’agriculture représente le principal distributeur d’eau pour le reste de l’économie en réponse à une demande finale dans tous les secteurs. Le secteur agricole peut générer la plus forte consommation si la demande finale de l’économie augmente.

Les secteurs, qui ont obtenu une faible consommation directe par unité produite, procèdent à une forte utilisation indirecte de l’eau. Il s’agit des industries alimentaires et tabac, du textile et du cuir, du secteur manufacturier, de l’hébergement, restauration, et les activités financières.

Cependant, l’analyse de l’indicateur de la consommation indirecte fait ressortir une forte hausse dans l’industrie et les services. Une situation «généralement ignorée dans les politiques qui se concentrent entièrement sur les valeurs mineures de la consommation directe d’eau par ces secteurs», relèvent les analystes du HCP.

                                                                   

Traits saillants de l’étude

Au cours des dernières décennies, le Maroc a connu une forte et rapide hausse de la demande globale en eau. L’explication tient à plusieurs facteurs, en particulier la croissance démographique, l’expansion de l’agriculture irriguée, et du commerce (national et international). Un modèle a été établi pour déterminer les relations entre les secteurs d’activité et la consommation d’eau au Maroc. L’approche a mis en évidence la hausse continue des besoins en eau intersectoriels. D’où la forte pression sur la ressource hydrique.
Au-delà, l’intérêt de l’étude réside dans cette question fondamentale: comment l’eau risque d’être un facteur limitant la marche des secteurs essentiellement productifs? Les résultats montrent que le secteur agricole et activités qui lui sont liées restent de gros consommateurs directs d’eau alors que l’industrie et les services ont une faible utilisation directe et une forte consommation indirecte de la ressource. Des exemples typiques d’activités à forte utilisation indirecte de l’eau sont l’industrie alimentaire et du tabac, le commerce, l’hôtellerie et la restauration. Dans ce contexte, l’étude du HCP recommande de prendre en compte l’aspect environnemental. Tout en s’écartant des critères de production. Il convient de prendre «une attitude plus prudente à l’égard de certains secteurs car leur soutien pourrait même étrangler l’économie nationale».

A.G.

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