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Economie

Crédit immobilier: La reprise sous surveillance

Par Franck FAGNON | Edition N°:5807 Le 20/07/2020 | Partager
Les transactions se sont accélérées après le déconfinement
Plusieurs acheteurs anticipent une baisse des taux
La fin des reports des échéances donnera une tendance sur les impayés

La pandémie du coronavirus a porté un coup dur à un marché immobilier déjà fragilisé. La plupart des chantiers ont été arrêtés pour freiner la propagation du virus. Les mesures d’urgence sanitaire ont aussi entraîné un effondrement des transactions. Moins de 5.000 ventes ont été enregistrées en mars et avril.

Du jamais-vu! Depuis juin et la sortie progressive du confinement, les transactions se redressent et se situent autour de 20.000, mais elles n’ont pas encore retrouvé leur niveau d’avant la pandémie du Covid-19.

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Les banques ont appliqué en moyenne 4,39% au 1er trimestre 2020. Les emprunteurs anticipent la répercussion de la baisse de 0,75 point du taux directeur sur les taux débiteurs

«Il n’y a pas eu d’annulations massives des préventes et on ne peut que s’en réjouir à ce stade. De nombreux acquéreurs ont finalisé leurs transactions à la sortie du confinement. Nous aurions pu avoir un scénario plus sombre», relève Idriss Bensmail, membre du directoire, directeur général adjoint BMCI.

Pour les nouvelles opérations, la situation est plus nuancée. Les professionnels notent une reprise de la demande dans le social même si là encore le marché n’a pas encore retrouvé son rythme anté-Covid-19. En revanche, la demande est encore timide dans le moyen et haut standing.

Certains acheteurs attendraient l’entrée en vigueur de la loi de finances rectificative pour réaliser quelques économies sur les droits d’enregistrement. Pas sûr cependant que ces économies soient vraiment incitatives car les rabais concédés par les promoteurs dépassent largement le gain de la baisse des droits d’enregistrement.

Le projet en discussion au Parlement prévoit une baisse de 50% des droits d’enregistrement sur les biens ne dépassant pas 2,5 millions de DH. Cela représente par exemple une économie de 16.000 DH pour un logement de 800.000 DH et de 50.000 DH pour un autre de 2,5 millions de DH.

Par ailleurs, les hésitations de nombreux ménages portent sur l’orientation des taux d’intérêt dans les prochains mois. Les banques ont appliqué en moyenne 4,39% au 1er trimestre 2020. Ce tarif est en baisse de 0,31 point par rapport à la même période l’année dernière et de 0,09 point par rapport au 4e trimestre 2019. Entre-temps, la banque centrale a réduit sont taux directeur de 0,75 point pour le ramener à 1,5%.

«Le client qui avait un accord de crédit à 5% attend que les taux baissent pour acheter. C’est quelque chose qui est de nature à accélérer ou à freiner les transactions», relève Ghali Chraibi, directeur général de Cafpi. Pour Driss Bensmail, «la baisse du taux directeur sera prise en compte dans le calcul des taux débiteurs immobiliers ce qui constituera un des facteurs de stimulation de la reprise des transactions immobilières».

Rien n’est donc acquis. Tout dépendra de l’évolution de la sinistralité au cours des prochains mois. L’heure de vérité sonnera avec la fin du moratoire sur les crédits immobiliers. A ce moment, le comportement des ménages donnera plus de visibilité aux banques sur les perspectives de défaut. Elles ajusteront leur politique commerciale en fonction du risque.

Une flambée des impayés entraînera une augmentation des primes de risque, ce qui pourrait neutraliser l’effet de la baisse des taux de référence. Au-delà de l’évolution des taux d’intérêt, il y a un risque que les banques resserrent le robinet du crédit dans le contexte de hausse du chômage.

«Les taux immobiliers restent actuellement à des niveaux intéressants. En revanche, il faudra surveiller le comportement des banques face à la dégradation de la situation économique», fait remarquer Chraibi. Certains professionnels relèvent un durcissement des conditions d’octroi.

                                                                             

Les prix vont-ils résister à la crise?

L’un des secrets les mieux gardés par les promoteurs immobiliers concerne le stock des méventes. Malgré la crise dans le secteur, les prix font de la résistance pour diverses raisons. Mais depuis quelques semaines, les pancartes affichant des réductions importantes sont de plus en plus visibles dans les grandes artères. «Un produit qui n’est pas au bon prix ne sera pas acheté. Le rapport de force est maintenant du côté des acheteurs», indique un professionnel. Les promotions pourraient donc se multiplier. «Les grands acteurs immobiliers sont dans une situation dans laquelle ils doivent privilégier le cash à la rentabilité, en tout cas ceux qui détiennent des stocks importants», souligne un expert. Ceci pourrait entraîner une détente des prix. Par ailleurs, des partenariats entre banques et promoteurs devraient aboutir à des offres assorties de certaines facilités notamment un différé de remboursement de 6 mois à 1 an par exemple. «Certains promoteurs acceptent aujourd’hui d’abonder le taux d’intérêt pour encourager les clients», relève un professionnel.

F. Fa

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