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Economie

IFC/Banque mondiale: «L'Etat, à lui seul, ne pourra assurer la relance»

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5807 Le 20/07/2020 | Partager
Il devra mobiliser le secteur privé national et international
La crise, une opportunité pour accélérer un nouveau modèle de développement plus inclusif
251 millions de dollars injectés en 2020 dans des secteurs à fort impact social
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«Nous entrons aujourd’hui dans une phase sensible où les entreprises sont fragilisées et redémarrent avec une demande encore molle et des coûts supplémentaires liés à la lutte contre l’épidémie. Les PME et les TPE, qui font face à des délais de paiements importants, sont particulièrement menacées», souligne Xavier Reille, directeur de l’IFC pour la région Maghreb

- L'Economiste: Le secteur privé marocain a lourdement été impacté par la pandémie. Quelle lecture faites-vous des solutions de sortie de crise?

- Xavier Reille: Le Royaume du Maroc se distingue par la qualité et par l’ampleur de sa réponse à la crise. La création du fonds Covid-19, qui représente près de 3% du PIB, a donné une plus grande marge de manœuvre aux autorités et a créé une dynamique de solidarité nationale. La mise en place du Comité de veille économique a permis un dialogue entre le gouvernement marocain, la Banque centrale et le secteur privé, ce qui est essentiel en cas de crise. Les mesures à destination des ménages les plus vulnérables, l’oxygène offert aux entreprises via l’accès aux crédits et le report des obligations fiscales et sociales ont amorti le choc. Mais nous entrons aujourd’hui dans une phase sensible où les entreprises sont fragilisées et redémarrent avec une demande encore molle et des coûts supplémentaires liés à la lutte contre l’épidémie. Les PME et les TPE, qui font face à des délais de paiements importants, sont particulièrement menacées. La loi de finances rectificative donne un coup de pouce additionnel au secteur privé, mais l’Etat, à lui seul, ne pourra assurer la relance de l’investissement et de la demande. Il devra mobiliser l’investissement privé national et international pour tirer la croissance et trouver des outils, comme les partenariats public-privé ou les fonds d’investissement et de restructuration en haut de bilan, pour augmenter son effet de levier.

- Comme toutes les crises, la pandémie de Covid-19 représente également une opportunité. Quelles sont celles qui se présentent aujourd'hui?
- Cette crise est effectivement une opportunité d’accélérer le passage à un nouveau modèle de développement plus inclusif et respectueux de l’environnement. Nous voyons trois opportunités: l’Economie verte, l’Economie digitale et l’Economie de la vie. Le Maroc est déjà bien positionné sur l’Economie verte. Il peut profiter du plan de relance en Europe de 750 milliards d’euros qui favorisera les produits et les services décarbonés. A ce titre, il a une carte à jouer pour créer une base industrielle verte intégrée aux chaînes de valeur européennes et africaines. La crise a aussi montré l’importance du digital comme facteur de croissance et de compétitivité. Des opportunités sont à saisir pour renforcer le réseau fixe haut débit, le paiement mobile et le développement de plateformes de services et d’e-commerce, qui sont les 3 grands piliers pour le décollage d’une économie digitale. Enfin, en ce qui concerne l’Economie de la vie, nous voyons de grandes opportunités dans les secteurs de l’éducation et de la santé. Le Maroc peut corriger les déficiences de son système éducatif et se positionner comme un centre d’excellence en éducation dans la sous-région, et devenir une base de production pharmaceutique, y compris de vaccins, pour l’Afrique et l’Euro-Méditerranée.

- En termes de perspectives, quelles seront les priorités d’IFC pour le prochain exercice fiscal?
- Dans le contexte actuel, nous nous devons de faire plus pour accompagner le secteur privé marocain et l’aider à se transformer et sortir encore plus fort de la crise. Pour cela, les PPP sont l’une de nos priorités. IFC a une expérience de 30 ans dans l’origination, la structuration et le financement de PPP performants. Nous avons structuré plus de 200 PPP dans le monde, y compris au Maroc avec le projet d’irrigation de Guerdane. Nous pensons que le Royaume a tous les atouts pour lancer un programme de PPP à fort impact pour équiper rapidement et massivement les territoires en infrastructures essentielles. Nous souhaitons aussi apporter des solutions innovantes dans la santé et l’éducation, soutenir le développement régional, en particulier là où les disparités socioéconomiques sont les plus fortes. Il s’agit aussi d’accompagner les champions privés marocains dans leur croissance régionale, notamment en Afrique, comme nous l’avons fait avec des groupes tels que Saham ou HEM.

Propos recueillis par Mohamed CHAOUI

                                                                               

Créer de nouveaux marchés et appui aux réformes

Pour l’année fiscale 2020, qui s’est achevée le 30 juin, IFC a financé 6 projets d’investissement au Maroc pour un montant global de 251 millions de dollars dans des secteurs à fort impact social comme la santé, l’agriculture, les PME, les métiers mondiaux du Maroc et les infrastructures locales. Le dernier projet est maghrébin: nous apportons 25 millions de dollars à la société tunisienne One Tech Holding pour l’aider à développer ses activités de câblage dans le secteur automobile marocain.

Ces investissements s’accompagnent d’un important programme d’assistance technique qui a plus que doublé cette année. «Nous avons approuvé 5 nouveaux projets pour soutenir les réformes visant à promouvoir le secteur privé et améliorer le climat des affaires. Nous apportons ainsi notre assistance technique au CNEA sur le registre des sûretés mobilières qui a été lancé avec succès en mars pour améliorer l’accès aux financements pour les TPE-PME, au Conseil de la concurrence sur l’ouverture des marchés et aux startups via l’incubateur Green Booster», explique Xavier Reille.
Deux nouveaux accords de coopération ont été signés avec deux partenaires historiques: Bank Al-Maghrib pour l’inclusion financière et la CGEM pour les startups et l’emploi des femmes.

Dans un pays comme le Maroc où le système bancaire est déjà bien développé, les objectifs d’IFC et du Groupe de la Banque mondiale vont au-delà des montants de financement pour rechercher plus d’impact et de valeur ajoutée. L'IFC cherche à créer de nouveaux marchés en conjuguant l’appui aux réformes et l’investissement, et aussi à apporter de l’innovation et de nouvelles solutions au secteur privé pour répondre aux défis sociaux et économiques du pays. «Notre investissement dans Humania permettra ainsi le développement d’un pôle de santé privé d’excellence et multidisciplinaire dans l’Eco-Cité Zenata», souligne le directeur de l’IFC pour la région Maghreb.

Le financement pour la Région Casablanca-Settat est le premier prêt commercial sans garantie de l’État accordé à une collectivité territoriale au Maroc. Il ouvre la voie au financement privé pour les régions et il permettra de financer des infrastructures essentielles afin de réduire les disparités territoriales. «Notre investissement dans le groupe Zalar permet aussi de maintenir plus de 700 emplois malgré la crise de la Covid-19 et de valoriser la filière d’exportation agricole».

 

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