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Les Marocains ont peur de reprendre une vie normale

Par Noureddine EL AISSI | Edition N°:5780 Le 11/06/2020 | Partager
Réticence pour les transports publics, selon les résultats d’une enquête
Le vélo pourra constituer une alternative notamment pour les moins de 34 ans
Les déplacements des personnes ont été réduits de 4 fois pendant le confinement

Le confinement aura-t-il un impact sur le déplacement des Marocains après la pandémie? C’est l’objet d’une récente enquête réalisée par le bureau d’étude Transitec Ingénieurs Conseil et BJ Group. Un travail qui a été basé sur les avis recueillis auprès d’un échantillon représentatif composé de 1.063 personnes pendant la semaine du 27 mai au 2 juin 2020. Ce travail s’est penché, en premier lieu, sur l’impact du confinement sur le déplacement des Marocains.

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Une bonne partie des interrogés (entre 30% et 40%) renonceront, après le confinement, aux déplacements pour les loisirs, la santé et la famille à cause d’une perte de revenu liée à la crise

Aussi l’enquête révèle-t-elle que le nombre de déplacements des personnes est passé en moyenne de 4 à 0,9 par jour et par personne, soit une réduction de plus de 4 fois. Les mobilités les plus touchées sont celles concernant les loisirs et les familles (pour 87% des répondants), suivies des déplacements pour les besoins de santé (66% des répondants).

Par contre, les «déplacements contraints» pour les courses et le travail ont moins fortement baissé, à l’exception des personnes qui ont suspendu temporairement leur activité. Et aussi pour celles qui ont définitivement perdu leur emploi. Le déplacement à pied reste le moyen le plus utilisé par la majorité des personnes interrogées (76%) pour effectuer leurs courses particulièrement auprès des commerces de proximité. Ce qui a eu un fort impact sur les transports en commun durant la période de confinement. Le tramway, les bus et les grands taxis ont vu leur utilisation divisée par 4 pour les déplacements domicile-travail.

Les séquelles du confinement vont certainement peser sur les aspirations des personnes en termes de mobilité, selon les déclarations recueillies par l’enquête. Une bonne partie des interrogés (entre 30% et 40%) renonceront aux déplacements pour les loisirs, la santé et la famille à cause d’une perte de revenu liée à la crise, constate l’équipe chargée de l’étude. Cette dernière relève «une certaine réticence à l’idée de reprendre les transports publics».

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En conséquence des mesures prises et de la réorganisation du travail, tous secteurs confondus, l’ensemble des modes de déplacement utilisés ordinairement pour les trajets domicile-travail a vu sa part baisser

A ce titre, on signale qu’entre 16 et 18% des personnes interrogées considèrent qu’elles utiliseront moins le bus, les petits et les grands taxis. Une telle situation risque de se traduire par une perte nette de recettes liée aux principes de distanciation physique. A titre d’exemple, le trafic réalisé par le tramway de Rabat a chuté de près de 90% et plus de 75% pour les bus durant la période de confinement sans oublier l’arrêt de la circulation des taxis pendant plus de deux mois.

«Il faut aussi signaler la prudence qui sera observée par certains usagers particulièrement durant les premières semaines après le confinement », ajoute une source proche du secteur. Face à ces perspectives inquiétantes, on note cependant de nouvelles opportunités pour la mise en place d’une mobilité durable. Selon cette enquête, la moitié des personnes qui ont eu recours au télétravail souhaitent conserver ce mode de fonctionnement après le déconfinement, au moins occasionnellement. Ce qui va permettre de réduire la mobilité et contribuer à décongestionner les transports publics et les routes, est-il constaté.

Parmi les conclusions de cette enquête, on retient la place importante du vélo comme moyen de déplacement après le confinement. Ainsi, 34% des interrogés se disent prêts à faire du vélo, particulièrement les moins de 34 ans. Le potentiel de son utilisation reste considérable du fait que 47% des actifs travaillent à moins de 5 km de leur domicile.

A ce titre, on rappelle le retour en force du vélo dans toutes les villes européennes après des décennies d’une planification urbaine pro-voiture. Une opportunité à saisir par les villes marocaines en proposant, dès aujourd’hui, des politiques cyclables innovantes, recommande l’équipe qui a supervisée cette enquête.

Echantillon et méthodologie

L’enquête a été réalisée par téléphone du 27 mai au 2 juin. Près de 1.063 personnes représentatives de la population de 15 ans et plus ont été interrogées. Plus de la moitié de l’échantillon, constitué de manière aléatoire, est de sexe féminin.

                                                                     

Transport public et distanciation, l’équation impossible?

Les autorités auront à faire face à plusieurs enjeux:

La capacité du réseau à faire face à une demande croissante aux heures de pointes: Pour soulager les réseaux, il est nécessaire de réduire ou décaler la mobilité.

■La gestion des arrêts et des montées: Grand danger au niveau des files d’attente surtout dans les terminus et aux horaires de pointe. Il faudra réorganiser l’espace public. Exemple, des aménagements temporaires pourraient alors être envisagés, en débordant sur la chaussée ou en utilisant les espaces libres autour des stations.

■ Mise en place d’une offre renforcée (plus de tram ou plus de bus et plus souvent). Des couloirs de bus pourraient aussi être une solution à envisager pour fluidifier le service. Améliorer l’intermodalité.

■ Gestion des flux de passagers, afin de lisser au maximum les pointes: exemple, étalement des horaires d’entrée et de sortie des plus grands pôles d’emplois desservis par les lignes les plus sollicitées (grandes entreprises, administrations, universités …).

                                                                     

Les dépenses liées à l’alimentation en nette hausse

Le panier moyen a été plus élevé pendant le confinement et la part du revenu du foyer dédié à l’alimentation a augmenté passant de 41% à 62% alors que, dans le même temps, le budget du transport s’est réduit d’un tiers passant de 6% à 2%. Sachant que les visites de famille étaient interdites cette année pendant le Ramadan, on considère que cette augmentation est en grande partie due au confinement et aux restrictions de circulation qui ont incité les Marocains à planifier davantage leurs courses sur la semaine afin d’optimiser leurs déplacements.

Noureddine EL AISSI

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