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Economie

Que faire des 26 millions de masques en stock?

Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5777 Le 08/06/2020 | Partager
Les textiliens ont du mal à écouler leurs productions en France
MHE mise sur la relance des marchés d’Espagne, Allemagne et Italie
Des relais de promotion et de communication sont mis en œuvre

Les producteurs de masques réutilisables ont du mal à écouler leurs stocks à l’export. «Nous ne recevons plus aucune commande du marché français. Seuls le Portugal et l’Espagne sont encore demandeurs de nos masques et en petites quantités», indique Mouhsine Idrissi, président de l’Amith Fès-Meknès.

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Si une deuxième vague du Covid-19 est toujours redoutée, les besoins en masques de protection ne sont plus les mêmes. Plus de 26 millions de masques réutilisables ne trouvent pas d’acheteurs à l’export (Ph. YSA)

En effet, une soixantaine d’unités s’étaient lancées, en urgence, dans la confection de masques pour lutter contre le Covid-19, constituer un stock de sécurité (de 15 millions de masques), et exporter 50% de leur production. Mais désormais les stocks s’accumulent et le retour à une certaine accalmie mondiale réduit les commandes. Face à cette situation, le ministre de l’Industrie, Moulay Hafid Elalamy, esquisse des pistes de relance pour l’export du textile. Il cible principalement «l’Espagne, l’Italie et l’Allemagne», confie-t-il à L’Economiste.

Outre les masques, blouses et surblouses, MHE veut relancer les exportations des articles habituels (pantalons, chemises, etc.). Dans cette phase, «l’essentiel pour nous est que le redémarrage des unités industrielles puisse se faire dans l’ordre, la sérénité et le sérieux», dit-il, les  appelant «à adapter leur environnement de travail en déployant des mesures sanitaires irréprochables qui garantissent la sécurité de leur personnel».

MHE promet, au passage, «d’accompagner l’ensemble des industries et être rigoureux et vigilants pour protéger la santé des citoyens». En attendant, les textiliens s’inquiètent quant à la baisse de la demande. Pour rappel, leur secteur s’est mobilisé pour la production de près de 35 millions de masques en tissus réutilisables.

Les usines ont reconverti leurs machines pour alimenter le Maroc et exporter vers les autres pays, confrontés à une pénurie de masques. Mais de pénurie, ces unités frôlent la surproduction. Ce serait l’une des raisons derrière les controverses au sein du bureau de l’Amith. Car de nombreux textiliens croiraient qu’ils allaient vendre la totalité de leurs productions aux services de l’Etat, pharmacies et autres. Or, les commandes locales se sont effondrées et le port du masque, quoiqu’il est obligatoire, n’est pas respecté.

Aussi, des Marocains ont opté pour des masques jetables qu’ils n’hésitent pas à réutiliser plutôt comme accessoire et non pas comme mesure barrière altruiste, tandis que l’épidémie du Covid est doucement en train de s’éteindre. Ainsi, plus de 26 millions de masques réutilisables sont actuellement stockés par les producteurs. Ce qui représente une valeur marchande d’environ 30 millions d’euros à l’export.

Pour aider les professionnels de textile à écouler ces stocks, MHE a mis en place une commission qui comporte le département de l’Industrie et du Commerce, l’AMDIE et l’Amith. Le rôle de cette commission est de promouvoir les exportations de masques et autres équipements de protection individuelle (EPI).

Concrètement, une plateforme de mise en relation entre industriels marocains et acheteurs internationaux sera lancée. Celle-ci est chargée d’intensifier la promotion dans les marchés cibles (Espagne, Allemagne et Italie), et booster la communication sur la disponibilité des masques au Maroc. Les textiliens espèrent ainsi un retour sur investissement. Encore faut-il affronter la concurrence chinoise. Si la demande en masques médicaux a explosé en pleine épidémie, les stocks asiatiques sont désormais plus accessibles, et nos masques forcément moins compétitifs que ceux venus de l’Est.

En tout cas, sans plus attendre, des unités se sont mises à la production de surblouses qu’elles proposaient entre 13 et 15 DH/pièce à l’export, et dont le prix ne cesse de chuter, alors que la matière première flambe. «Nous achetions le tissu non tissé par grammage à 20 DH le kilo. Aujourd’hui, ce prix a grimpé à 34 DH. Ceci alors que les tarifs des surblouses ont baissé de moitié», déplore-t-on.

Zéro visibilité

Unanimes, les textiliens affirment qu’il y a un manque de visibilité par rapport à un redémarrage à plein régime. Pour les masques, «il est certain qu’entre l’offre nationale qui s’est constituée très rapidement et la demande nationale il y a aujourd’hui un énorme décalage», regrette Mohamed Berrada Rkhami, président de la CGEM Fès-Taza. «Pour l’export, on constate certainement un repli, compte tenu de l’offre mondiale et le ralentissement des contaminations au niveau mondial… Donc, je suppose que les besoins seront de moins en moins importants à l’avenir», estime-t-il. S’agissant de la demande sur les articles habituels (pantalons, chemises....), ce textilien souligne que la situation diffère d’un atelier à un autre en fonction des donneurs d’ordre de chacun. «Mais, pour beaucoup, la situation est marquée par une demande importante. Toutefois, le fait de travailler à 30 ou 40% de sa capacité empêche de répondre aux nombreuses sollicitations», conclut-il.

Youness SAAD ALAMI

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