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Economie

Matières premières: Avis de tempête sur les exportations vers la Chine

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5776 Le 05/06/2020 | Partager
Elles pourraient chuter de 33,1 milliards de dollars en 2020
Certains produits tireraient leur épingle du jeu

Grande importatrice des matières premières, la Chine reprend son souffle pour réactiver son économie une fois la crise sanitaire passée. Les exportations totales de matières premières vers ce pays pourraient «chuter de façon spectaculaire» à cause de la pandémie Covid-19, selon une récente étude de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced). Ces exportations pourraient ainsi baisser de 15,5 milliards de dollars à 33,1 milliards de dollars en 2020.

Cette réduction pourrait atteindre 46% par rapport aux projections de croissance annuelle avant que la crise sanitaire ne frappe, est-il indiqué. Comme la Chine absorbe environ un cinquième des exportations mondiales de matières premières, une telle diminution de ses importations aurait un sérieux impact sur les producteurs de biens primaires. «Evaluer l’impact en Chine en dit long sur les tendances générales possibles», a fait savoir Marco Fugazza, un économiste de la Cnuced cité dans un communiqué.

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Depuis le début de la crise sanitaire, les prix des matières premières sont à la baisse et les pays exportateurs vers la Chine à la peine (Ph. AFP)

Les exportations totales sont principalement entraînées par la chute de la demande chinoise de produits énergétiques, de minerais et de céréales. Les importations de gaz naturel liquéfié, par exemple, pourraient chuter jusqu’à 10% cette année, alors qu’une hausse de 10% était prévue avant la crise sanitaire. Les importations de fer devraient encore augmenter, selon l’étude, mais la croissance pourrait chuter de deux tiers, passant d’une projection de croissance annuelle de 19% avant l’apparition du coronavirus à seulement 6%. Les importations de blé devraient maintenant diminuer de 25%, soit deux fois plus qu’avant la crise. Toutefois, les importations chinoises de soja en provenance des pays en développement tributaires des produits de base, par exemple, devraient maintenant augmenter de 34%, soit 10 points de pourcentage de plus que les prévisions précédentes. De même, le taux de croissance annuel des importations de cuivre en provenance de ces pays devrait doubler, passant de 5,4% avant la pandémie à 11%.

D’une manière générale, les conclusions de la Cnuced soulèvent des inquiétudes pour les économies qui dépendent des exportations de matières premières, comme les produits énergétiques, les minerais et les céréales. Environ deux tiers des pays en développement sont dépendants des produits de base, selon les récentes données.

Pour les pays en développement tributaires des produits de base, qui comptent parmi les plus vulnérables de la planète, la baisse devrait se situer entre 2,9 et 7,9 milliards de dollars. Ce qui représenterait une perte de 9% en termes de taux de croissance annuel. «Peu d’évaluations ont été faites jusqu’à présent à un niveau de produit relativement désagrégé utilisant des informations à jour», a tenu à préciser Fugazza, ajoutant que la Cnuced attend des statistiques similaires d’autres grands marchés, tels que l’Union européenne, pour élargir l’analyse.

Si les exportations de la plupart des produits de base devraient être touchées, l’étude prévoit un résultat positif pour plusieurs produits agricoles par rapport aux attentes avant la Covid-19. Elle précise aussi «que si les grands exportateurs de gaz naturel vers la Chine, comme le Myanmar, pourraient voir leurs perspectives commerciales se détériorer en raison de la pandémie, d’autres pays comme la Guinée équatoriale pourraient voir une hausse exponentielle, par exemple, des exportations de bois». Une façon de rappeler que certaines données laissent espérer que certains effets de la Covid-19 sur le commerce pourraient être «positifs», au moins pour certains exportateurs. Mais selon l’Agence onusienne, la condition nécessaire pour que cela se produise, est «la suppression de toute intervention commerciale spécifique à la pandémie, telle que les restrictions à l’exportation». Une recommandation qui intervient dans un contexte de tensions déjà très vives entre Pékin et Washington.

Plus largement, si cette série de résultats fournit quelques indications sur les effets que la crise sanitaire actuelle sur le commerce des produits de base, il manque encore des informations sur la réaction des flux commerciaux dans d’autres grandes économies. «Ce qui rend toute conclusion définitive, à ce stade, hasardeuse», conclut la Cnuced. Pour l’Agence onusienne, ce document fournit néanmoins «des informations qui peuvent aider les décideurs politiques à anticiper ce qui pourrait se produire au niveau mondial».

F.Z.T.

 

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