×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Enquête

Violence contre les femmes: 7,6 millions de victimes en un an

Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5739 Le 13/04/2020 | Partager

L’Economiste a sondé des acteurs associatifs et analysé l’enquête 2019 du Haut Commissariat au Plan (HCP). Sur 13,4 millions de femmes, 7,6 millions ont au moins subi un acte de violence durant les douze mois précédant l’enquête. Soit une femme sur deux!

L’enquête relève «les  grandes tendances et les perceptions d’une société plus sensible à la violence conjugale et dans les lieux publics». Côté associations, l’Etat «peine encore» à satisfaire leurs revendications pour lutter contre une «pandémie» sociale.
 
■ Le législateur «a mal appliqué» la Constitution

parlement-039.jpg

La loi relative à la lutte contre la violence à l’égard des femmes est applicable depuis le 13 septembre 2018. Plus d’un an après, une trentaine d’associations réclament sa révision (Lire article).
La Tunisie a une législation «plus globale et plus complète». Ses associations «se sont inspirées des propositions de la société civile marocaine au gouvernement». Pour certains acteurs, la Constitution de 2011 «garantie largement» les droits des femmes. Le législateur a en revanche «mal appliqué sa philosophie». Le constitutionnel évoque par exemple «le développement d’une société solidaire» où citoyens et citoyennes «jouissent de la sécurité, de la dignité, de la justice sociale...». 

■ Que faire si la victime est décédée?
La loi n° 103-13 est «bancale» à cause de ces mesures de protection «insuffisantes ou inexistantes»... Les femmes célibataires sont citées à titre d’exemple.
Aussi, une association doit avoir l’autorisation de la victime pour se porter partie civile à un procès. Que faire si la victime est décédée? Il y a eu l’antécédent d’une affaire à  Marrakech. L’autorisation des ayants droit ne compte pas, nous dit-on.
La loi exige également le statut d’utilité publique pour les ONG voulant saisir la justice. Une condition qui s’applique aussi aux associations de défense des consommateurs! Cette obligation est «un frein» anticonstitutionnel au regard du droit d’accès à la justice... 

■ «Mieux investir dans le social»

travailleuses-039.jpg

Ne pas prendre «des mesures radicales» contre la violence à l’égard des femmes est «une violence institutionnelle». Cela pourrait paraître excessif aux regards des efforts fournis depuis les années 2000. Encore plus, encore mieux, réclament les associations. Le Maroc «a des engagements internationaux» comme l’élimination des discriminations à l’égard des femmes.
Des données, comme ceux du HCP, nourrissent les politiques publiques de prévention et de protection. L’Etat «doit mieux investir dans le social».

■ Les femmes rurales plus exposées que les citadines  
Sur 13,4 millions de femmes, plus de la moitié a au moins subi un acte de violence durant les douze mois précédant l’enquête 2019 du HCP (voir encadré). Les femmes rurales sont plus exposées que les citadines. Il y a d’ailleurs «une baisse de la violence principalement» dans les villes.
Par ailleurs, les violences psychologique et physique ont baissé depuis dix ans. Les violences sexuelle et économique ont connu en revanche une hausse significative.
Le domicile conjugal ou familial «est plus marqué» par la violence (voir page 18). Ainsi, 6,1 millions de femmes y sont confrontées malgré une petite accalmie par rapport à 2009. Cette baisse est plus significative «dans l’espace public et les lieux d’enseignement».   

■ Peu instruites, jeunes et chômeuses sont les plus touchées   
Le mariage ne fait pas que des heureuses. Maris, ex-maris, fiancés, partenaires violentent leurs compagnes. Elles sont majoritairement mariées, âgées de 15 à 24 ans, d’un niveau d’instruction moyen  et en chômage. Dans 7 cas sur 10, la violence conjugale est psychique, et à moindre mesure économique, physique et sexuelle.
Dans 73% des cas, les agresseurs viennent «d’un environnement marqué par la violence conjugale», âgés de 15 à 34 ans et d’un faible niveau scolaire.
Par ailleurs, la violence psychologique et économique domine le milieu professionnel. La violence psychologique «est plus répandue» dans les espaces d’enseignement et de formation!

■ Harcèlement sexuel et cybernétique: Plus de 3 millions de cas     

harcelement-039.jpg

1,7 million de femmes harcelées dans l’espace public. Elles ont moins de 30 ans, célibataires, ouvrières ou ayant une formation supérieure. La moitié des victimes ont subi un harcèlement sexuel.
La violence cybernétique s’installe: 1,5 million d’incidents. Courriels, SMS, appels téléphoniques deviennent des armes psychologiques. Jeunes, citadines, célibataires, instruites font les frais de ces attaques technologiques. La cyber-violence émane majoritairement d’une personne inconnue! L’entourage familial, professionnel  ou éducatif peut être également nocif.

La violence a «globalement baissé» en dix ans

L’enquête du HCP sur la prévalence de la violence à l’égard des femmes a été réalisée entre février et juillet 2019. La deuxième en dix ans. Elle a ciblé tout le territoire national avec un échantillon de  12.000 filles et femmes et 3.000 garçons et hommes, âgés de 15 à 74 ans. Le HCP a voulu avoir «la perception la plus large» de la violence physique, psychologique, économique et de son coût financier et social… Son enquête s’appuie sur «les exigences statistiques de l’Agenda 2030 pour le développement durable».
Bonne nouvelle: «En dépit de son caractère structurel, la violence à l’égard des femmes a entamé globalement une tendance à la baisse entre 2009 et 2019». La part des femmes ayant subi au moins un acte de violence a régressé de 6 points en dix ans.
En revanche, «certaines manifestations de ce phénomène persistent». Les violences économique et sexuelle ont connu des hausses de 7 et 5 points en une décennie!

Faiçal FAQUIHI  

 

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    abonnement@leconomiste.com
    mareaction@leconomiste.com
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc