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Economie

Distribution locale: De l’agilité pour anticiper la reprise

Par Radia LAHLOU | Edition N°:5734 Le 06/04/2020 | Partager
80 enseignes, plus de 8.400 salariés… une filière de produits non essentiels en manque de visibilité
Procédures de sauvegarde, mesures ciblées… les opérateurs espèrent que d’autres dispositifs suivront
Pour survivre, l’entreprise devra se redimensionner et réinventer son modèle

Absence totale de revenus suite à la cession des activités de commerce non essentiel, charges fixes, risque sur les emplois, trésoreries très affaiblies en stress test,… les symptômes du Covid-19 sur les entreprises des secteurs vulnérables sont les mêmes.

La distribution locale marocaine qui compte un groupement économique de près de 80 enseignes (mode et accessoires, sport, maquillage, décoration et lunetiers, …), 920 points de ventes et plus de 8.400 salariés – avec un taux d’emplois (nombre d’emplois /chiffre d’affaires) des plus importants de l’économie marocaine - sera, elle aussi très lourdement impactée en raison de la pression financière sur la structure des entreprises et des changements de comportements à venir.

«Toutes ces enseignes, aujourd’hui fermées, risquent de perdre gros sans accompagnement. Dans la mode, comme dans d’autres filières, nous avons des stocks sur les bras qui sont invendables, ou qui, même s’ils l’étaient, le seraient avec une décote importante», font observer des acteurs de ce groupement.

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La distribution locale marocaine compte un groupement économique de près de 80 enseignes (mode et accessoires, sport, maquillage, décoration et lunetiers,…) correspondant à 920 points de ventes et plus de 8.400 salariés (Ph. Pxhere)

■ Espérer le meilleur et se préparer au pire
Au Maroc comme partout ailleurs, l’après-covid doit se préparer avec beaucoup de prudence au vu des incertitudes sur le timing de sortie de crise sanitaire et sur l’évolution des comportements d’achat des ménages qui risquent de se recentrer sur l’essentiel entraînant une faible reprise de la consommation qui mettra plusieurs mois (voire années selon plusieurs experts) avant de revenir à la «norme». Les entreprises malmenées nécessiteront un accompagnement personnalisé pour pouvoir redresser la barre et sauver les emplois. Pour l’heure, la trésorerie s’amenuise à grande vitesse et c’est d’autant plus critique dans le secteur de la distribution locale dont les marges sont restreintes, les capitaux propres limités et «qui n’a jamais eu vocation à constituer des coussins de liquidité pour faire face à ce type de crise, l’ensemble des excédents ayant en général été réinvestis dans le développement des réseaux, et dans la création de nouveaux emplois aujourd’hui en péril», poursuivent-ils.
 «Nous sortirons de cette crise avec des revenus affaiblis, une structure financière déséquilibrée et une confiance qui devra être regagnée notamment auprès de partenaires / fournisseurs ayant subi les effets dominos sur les paiements», soulignent nos sources pour qui l’issue de la crise se joue dès maintenant.

■ Ne pas laisser des entreprises saines mourir en bonne santé
En effet, il est recommandé de renforcer les dispositifs qui sont en train de se mettre en place pour qu’ils soient à la hauteur des enjeux et surtout «ne pas laisser des entreprises qui ont un fort potentiel de développement et structurellement saines, mourir en bonne santé. Les mesures d’urgence mises en place pour leur sauvetage, rallongent mécaniquement leur espérance de vie. Cependant, elles devraient être renforcées sur le plan bancaire (pour être plus inclusives et plus efficaces) et complétées sur le plan juridique avec notamment la possibilité d’avoir recours aux tribunaux de commerce (même à distance via email et conférences téléphoniques) pour pouvoir mettre en place des procédures de sauvegarde, avant qu’elles ne soient confrontées à une cessation de paiements et alors obligées de se placer en redressement judiciaire». C’est d’ailleurs ce qui a été mis en place en France où malheureusement des redressements judiciaires ont déjà été lancés (Orchestra, André, …)
Qu’on se le dise, les entreprises ne retrouveront probablement pas de sitôt leurs revenus d’avant-crise. Aussi devront-elles être assez agiles pour anticiper leur reprise au moins sur deux points essentiels: adapter leur structure à leur nouvelle réalité économique et se recentrer sur leur cœur de métier ou réinventer leur modèle car le monde aura changé et les comportements d’achat aussi. Celles qui réussiront ce pari, pourront même saisir de nouvelles opportunités.

«Déglobalisation», vers un renforcement de concepts régionaux

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(Ph. L’Economiste)

Pour Karim Tazi, ex-président de l’AMITH et PDG de Marwa, enseigne intégrée sur sa chaîne de valeur et portant un appareil industriel, l’après-Covid aura aussi du bon. Cette crise aura un impact énorme sur le commerce international et conduira fatalement à des politiques de relocalisation régionales. «Il y aura un changement de paradigme avec des partenariats régionaux qui vont se jouer différemment. C’est une opportunité pour que le Maroc se repositionne dans son espace naturel Euromed et Afrique, et puisse en tirer de nouveaux relais de croissance», précise-t-il. Il ne faudra pas pour autant oublier le coup de massue des importations massives à l’industrie nationale. Le souvenir du débat est encore cuisant. «Nous devons renforcer l’offre du produit marocain, et la défendre contre les concurrences déloyales, c’est aujourd’hui un impératif», conclut-il.

Radia LAHLOU

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