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Contenir la propagation du coronavirus: A chacun sa recette miracle

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5732 Le 02/04/2020 | Partager
Des milliards et des milliards pour soutenir entreprises et ménages
Gouvernements, institutions et autorités monétaires sur le qui-vive
Fonds, différents plans de relance économique mis en place

La pandémie du coronavirus est «la pire crise mondiale depuis la deuxième guerre mondiale», a estimé le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, en faisant part de ses craintes de voir davan­tage de conflits dans le monde. Pour frei­ner la propagation de la pandémie, plus de 3,6 milliards de personnes, soit 46,5% de la population mondiale, sont appelées ou contraintes par leurs autorités à rester chez elles. A ce jour, les gouvernements, institutions et autorités monétaires dé­versent des milliards et des milliards pour soutenir une économie mondiale paraly­sée par cette pandémie. Et pour y faire face, le Maroc s’est doté aussi d’un fonds spécial (voir nos différentes analyses sur https://leconomiste.com/archive).

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■ L’ONU s’inquiète: L'Organisation des Nations Unions a créé un nouveau fonds à destination des pays en dévelop­pement après avoir fait un appel aux dons pour les pays pauvres et en conflit. Les économistes de l'Organisation ont deman­dé 1.500 milliards de dollars pour les pays en développement et l'annulation de leur dette à hauteur de 1.000 milliards de dol­lars cette année pour les aider à faire face à la pandémie du Covid-19. Combinées à une récession mondiale, les conséquences seront catastrophiques pour de nombreux pays en développement, selon la Cnuced. Celle-ci estime que ces pays vont devoir faire face à un déficit de financement de 2.000 à 3.000 milliards de dollars au cours des deux prochaines années.

■ Le G20 et le fardeau des dettes: Les ministres des Finances et les gouver­neurs des banques centrales du G20 ont promis d'aider les pays pauvres à suppor­ter le fardeau de leur dette et d'assister les marchés émergents pour limiter l'impact de la crise sani­taire et économique. Dans la même lignée, les diri­geants des vingt premières économies avaient promis d'injecter 5.000 milliards de dollars dans l'économie. Les ministres ont salué un plan d'aide de 160 millions de dollars de la Banque mondiale sur quinze mois pour soutenir les pays membres de l'institution. Ils ont promis de travailler avec le FMI pour déployer un plan de soutien finan­cier aux nations en développement. Le Fonds monétaire international a annoncé avoir sécurisé ses financements afin de renforcer sa capacité de prêts à ses pays membres.

■ La riposte de l’Eurogroupe: Les ministres des Finances de l'UE se retrou­veront le 7 avril aussi par visioconférence. Objectif: tenter de mettre au point des pro­positions économiques communes face à la pandémie. Plusieurs pays de la zone euro (l'Italie, l'Espagne et la France en tête) avaient appelé à la création d'un instrument pour un emprunt commun aux 19 pays ayant adopté la monnaie unique surnommé les «corona bonds». La mutualisation des dettes des pays européens est depuis longtemps réclamée par les pays particulièrement endettés du Sud de l'Europe, comme l'Italie, mais elle est rejetée par les pays du Nord. Ces derniers prêchent en faveur d'un recours au fonds de sauvetage de la zone euro (le Mécanisme européen de Stabilité ou MES), qui pourrait octroyer une ligne de crédit aux Etats en difficulté.

■ La BCE sort le bazooka: La Banque centrale européenne a jusqu'ici laissé ses taux inchangés, mais elle a dévoilé d'autres mesures plus ou moins techniques. Elle a assoupli la réglementation sur les banques pour qu'elles continuent à prêter aux PME les plus fragiles, afin d'éviter une vague de faillites. Treize opérations de refinancement ont été planifiées d'ici à mi-juin, toujours pour soutenir les établissements bancaires et, par ricochet, les entreprises. La BCE avait dévoilé un plan d'urgence de 750 milliards d'euros de rachats de dette publique et pri­vée, à réaliser d'ici à la fin de l'année. Tout en espérant soulager les banques.

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Autour du monde, à crise hors norme, réponse hors norme…

■ France:
Le président français Emmanuel Macron a annoncé une dotation exceptionnelle de 4 milliards d’euros à la Santé publique pour financer des commandes en médi­caments, respirateurs et masques, qui viennent s’ajouter aux 2 milliards déjà budgétés. La mesure la plus coûteuse dans l’immédiat reste toutefois le dispositif de chômage partiel mis en place pour les salariés des entreprises à l’arrêt ou au ralenti du fait du confinement. L’autre dépense directe est liée au fonds de solidarité pour les petites entreprises et les indépendants. Report du paie­ment des charges sociales et fiscales pour les entreprises en difficulté, décalage d’impôts, recours au prêt garanti par l’Etat… figurent parmi les principales mesures mises en place. Autre dispositif, les petites entreprises, les très petites entreprises (TPE) et les micro-entrepreneurs en difficulté bénéficieront d’une suspension du paiement de leurs factures d’eau, de gaz, d’électricité et de loyers. L’ouverture de la déclaration de revenus a été repoussée au 20 avril prochain.

■ Etats-Unis:
Le président Donald Trump a demandé à ses conci­toyens de se préparer, à l’instar de l’Europe, à des se­maines «très, très douloureuses». Un seul mot d’ordre: Etat d’urgence et soutien aux entreprises et ménages. Outre le plan à 2.000 milliards pour sauver l’économie, la Banque centrale américaine a mis en place un nouveau dispositif. Celui-ci permettra à des banques centrales étrangères notamment d’avoir facilement accès à des dol­lars en échangeant temporairement leurs bons du Trésor américain contre des billets verts. Ce nouveau dispositif (qui concerne aussi d’autres institutions financières inter­nationales non spécifiées) doit faciliter aussi les transac­tions sur le marché des obligations d’Etat américaines. La Réserve fédérale américaine (Fed) a annoncé d’autre part ne plus fixer désormais de limite à ses achats de bons du Trésor et de titres hypothécaires. La banque centrale, qui a repris récemment les achats massifs de dette, avait dévoilé une série de mesures permettant à des entreprises d’accéder à de l’argent frais, avec notamment un pro­gramme d’aide au crédit de 300 milliards de dollars.

■ Allemagne:
Le pays est prêt à «faire jouer la solidarité européenne mais refuse toujours toute mutualisation des dettes pour faire face à la pandémie du coronavirus dans la zone euro», a indiqué le ministre des Finances allemand, Olaf Scholz. Berlin avait adopté des mesures de plusieurs centaines de milliards d’euros, inédites depuis la Deu­xième guerre mondiale, pour lutter contre la récession attendue. Le dispositif ne s’arrête pas là: rallonge bud­gétaire fédérale de 100 milliards d’euros environ pour cette année et création d’un fonds de secours pour les grandes entreprises et leurs salariés avec possibilité de nationalisations partielles, doté de jusqu’à 600 milliards d’euros. A cela s’ajoute la capacité pour l’Etat de garantir des prêts bancaires aux entreprises en difficulté relevée de 357 milliards d’euros à 822 milliards d’euros au total. Le gouvernement fédéral va contracter de nouvelles dettes cette année, à hauteur de 156 milliards d’euros, rompant avec sa politique du «zéro déficit».

■ Bruxelles:
Suspension des règles de discipline budgétaire et flexibilité accrue pour les aides d’Etat, initiative d’inves­tissement en réaction au coronavirus à hauteur de 37 mil­liards d’euros, réflexion sur l’utilisation du mécanisme européen de stabilité ou la création de «coronabonds»… Les mesures d’urgence se succèdent au niveau européen. Et déjà une réflexion s’engage sur la sortie de crise. A moyen terme, c’est vers le prochain budget pluriannuel  (ou cadre financier pluriannuel, CFP), une manne d’envi­ron 1.000 milliards d’euros pour la période 2021-2027, que les regards se tournent. Il doit être adopté d’ici la fin de l’année. Face à la récession annoncée, la cheffe de l’exécutif européen, Ursula von der Leyen, a annoncé qu’elle allait présenter une copie révisée incluant un plan de relance. A noter que la suspension des règles de dis­cipline budgétaire de l’UE est une mesure qui permettra aux Etats membres de dépenser autant que nécessaire pour lutter contre les conséquences économiques du coronavirus.

■ Chine:
Des mesures de soutien ont été annoncées au mo­ment où les usines du pays peinent à redémarrer après plus d’un mois de paralysie pour cause d’épidémie de Covid-19. Le déblocage de 1.000 milliards de yuans (130 milliards d’euros) pour aider les PME et une exemption de taxes pendant deux ans à l’achat de véhicules propres ont notamment été actés. Les banques seront par ailleurs incitées à prêter davantage aux petites et moyennes entre­prises. Les PME sont les plus dynamiques en termes d’emplois mais elles peinent à trouver des finance­ments face aux groupes publics en dépit de leur faible rentabilité. Certes, l’activité reprend à la faveur d’une levée progressive des mesures anti-épidémie mais les conséquences sur l’économie devraient se prolonger. La Banque mondiale s’alarme d’un risque de croissance zéro pour la deuxième économie mondiale. La Chine avait indiqué qu’elle laisserait filer son déficit et émettrait des obligations spéciales pour soutenir une économie fortement fragilisée.

■ Italie:
Le pays le plus touché jusqu’à présent au sein de l’UE, a annoncé 25 milliards d’euros pour lutter contre l’épidémie. Le gouvernement espère que ses mesures permettront de générer 340 milliards d’euros de liquidi­tés. Rome va utiliser son enveloppe pour aider les em­prunteurs italiens, notamment à travers la suspension du paiement de certaines échéances de prêts immobiliers et bancaires. Les autorités vont prolonger au moins jusqu’à Pâques les mesures de confinement. Toute levée de ces mesures se fera de manière très progressive, en commen­çant par une reprise de certaines activités économiques. La réouverture des restaurants, boîtes de nuit et bars vien­dra en fin de processus. Le patronat italien (Confindus­tria) a prévenu qu’elle tablait sur une récession de 6%, à condition toutefois que la reprise puisse avoir lieu en mai. Toute semaine supplémentaire conduirait à la perte sup­plémentaire de 0,75% de PIB. Rome réclame également des mesures fortes de l’UE.

■ Espagne:
C’est le deuxième pays le plus endeuillé par le Co­vid-19 après l’Italie. Ainsi, pour freiner au maximum la propagation du virus et préserver les capacités de ses hôpitaux, Madrid a durci encore plus son confinement en interdisant toutes les activités économiques «non essentielles» durant deux semaines, comme l’avait déjà fait l’Italie. L’Etat espagnol avait annoncé qu’il allait garantir jusqu’à 100 milliards d’euros de prêts aux entre­prises. Aussi, il a été décidé d’interdire tout licenciement pendant la pandémie, alors que les syndicats estiment à environ un million le nombre de salariés mis temporai­rement au chômage. Les entreprises ne pourront pas non plus mettre fin aux contrats temporaires, qui pourront être suspendus mais devront reprendre dès le retour à la normale. Le gouvernement avait mis en place des procé­dures «hypersimplifiées» pour le chômage partiel afin de ne licencier personne.

F. Z. T.

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