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    Economie

    Attention à la consommation du poisson cru!

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5682 Le 23/01/2020 | Partager
    Tous les produits de la mer sont exposés au risque de contamination parasitaire
    Même prévalence pour l’Atlantique et la Méditerranée: 32%
    Les conclusions d’une étude de chercheurs de l’IAV-Hassan II et l’INRH
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    Autres temps, autres mœurs. La consommation du poisson cru, peu cuit, mariné, ou conservé dans des préparations à faible teneur en sel et en acide acétique présente un danger pour la santé.

    Une recherche(*) menée sur une quarantaine d’années (1979-2019), sur la base des données du Système européen d’alerte rapide, révèle que  «l’un des motifs majeurs des refoulements du poisson marocain exporté est la présence des parasites». Le risque augmente avec l’âge et la taille du poisson. Et les symptômes se traduisent par des gastrites aiguës, notamment les ulcères ou encore la diarrhée et les vomissements.

    Les conclusions des investigations de l’équipe de chercheurs de l’IAV-Hassan II et de  l’Institut national de recherche halieutique sont sans ambiguïté.

    Un travail de terrain visant la recherche directe des parasites par inspection visuelle a concerné 1.678 pièces de poissons de différentes espèces dont 537 proviennent de l’Atlantique (port d’Essaouira et marché de gros de Casablanca) et 1.141 pièces de la Méditerranée.

    Cinq groupes de parasites ont été trouvés: Nématodes, xénomes, trématodes, isopodes et copépodes. L’ampleur de l’infestation  est quasiment  la même au niveau du littoral méditerranéen (31,1%) et atlantique (32,0%). Les nématodes (Complexe Anisakis + acanthocéphales) occupent la majeure partie des parasites au niveau de l’Atlantique et de la Méditerranée avec des prévalences respectives de 21,4% et 24,9%.

    Au niveau du littoral méditerranéen, le travail a été mené en collaboration avec l’Institut national de recherche halieutique (INRH) de Tanger. La recherche de parasites a concerné 1.141 poissons répartis en deux catégories d’échantillons frais et congelés prélevés respectivement en 2018 et 2019.

    Pour ce qui est du littoral atlantique, le choix a été porté sur le port d’Essaouira sur  un échantillon de 336 pièces appartenant à 34 espèces et celui du  marché de gros de poissons de la ville de Casablanca sur 201 spécimens relevant de 29 espèces. Dans les deux sites, la recherche a été menée sur la période février-juin 2019. L’étude a visé la recherche des parasites visibles, ayant une dimension, une couleur ou une texture permettant de les distinguer nettement des tissus du poisson.

    Les parasites ont été prélevés à la fois sur la peau du poisson, de la cavité abdominale après incision ventrale et de la chair après incision longitudinale du muscle. Le nombre, le type et la localisation de chaque parasite ont été notés. Ils ont été ensuite conservés dans des tubes contenant une solution d’alcool et de glycérol.

    Il en ressort que la prévalence globale est de 32% au niveau des deux sites du littoral atlantique. Concernant le littoral méditerranéen, la fréquence est de 31%. Un nombre de 1.425 parasites ont été détectés chez 1.141 pièces de poissons de différentes espèces. La majorité des parasites ont été des nématodes avec un pourcentage de 91,2% en 2018 et 60,7% en 2019, suivi par la présence de xénomes (37,3%).

    Les acanthocéphales représentaient une proportion de 2,3% des parasites trouvés en 2019. Enfin, les ectoparasites (trématodes, isopodes et copépodes) représentaient respectivement 8,8% et 2% en 2018 et 2019. Il a été  également détecté des associations de parasites mais avec une faible proportion (1,1%). La présence des parasites a été soit interne, soit externe. Les parasites externes ont été localisés principalement au niveau de la cavité buccale chez la bogue et le serran chevrette.

    Les produits de la pêche occupent plus des deux tiers (69,3%) au sein des aliments refoulés. Le nombre total de refoulements a été de 300 sur une période de 40 ans soit une moyenne de 7 à 8 refoulements par an. La catégorie «poissons et dérivés» a été la plus concernée avec 164 refoulements (54,6%), vient ensuite les céphalopodes et les produits dérivés avec 30 rejets, soit 10%.

    Pour la catégorie des poissons et produits dérivés, les infestations parasitaires représentent le premier motif de refoulement (29,3%), suivi de la rupture de la chaîne du froid (21%) et la présence de taux élevés d’histamine (14,4%). Mais le phénomène n’est pas limité aux côtes marocaines. Il touche tous les mers et océans. Sauf que dans le cas du Royaume, il faut également l’analyser en termes économiques.

    L’analyse des données du portail du système européen d’alerte rapide permet de relever que le motif majeur des refoulements du poisson tient à des anisakidés. En 2010 et 2011, sur un total de plus de 1 million de tonnes de produits de la pêche débarqués dans 7 ports marocains, la quantité refoulée représentait 82,8 tonnes soit une proportion de 0,008%.

    Le profil parasitaire des poissons à l’échelle nationale est beaucoup plus mono-spécifique que pluri-spécifique puisque la fréquence d’associations de parasites est faible. Presque le tiers des poissons examinés ont été infestés de parasites sur le littoral atlantique (32%) et méditerranéen (31%).

    Le phénomène du parasitisme est réel et émergent pour certaines espèces de poissons comme la dorade rose. De même, de nouveaux types de parasites comme les protozoaires responsables de la formation de xénomes commencent à émerger chez certaines espèces de poissons. La gestion du risque des parasites des produits de la pêche demeure tributaire d’une étude épidémiologique de grande envergure en amont et en aval.

    A.G.

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    (*) Réalisée par Said Dahani,  Nourredine Bouchriti, Ikbal Benabbes et Amina Boudakkou, la recherche* intitulée «Occurrence des parasites dans les poissons collectés» a été publiée dans le numéro de décembre de la revue académique «European Scientific Journal» http://eujournal.org/index.php/esj/article/view/12717/12555

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