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    Analyse

    Olives de table: Attention, la concurrence nous rattrape

    Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5677 Le 16/01/2020 | Partager
    De second exportateur mondial, le Maroc se classe désormais en 3e position
    Les mauvaises récoltes affectent la compétitivité des conserveurs
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    Depuis 2018, les exportateurs marocains réalisent une percée sur le marché américain en raison -entre autres- des droits de douane imposés par Trump sur les exportations espagnoles. Ainsi à fin octobre 2019, le Maroc a exporté plus de 22.000 tonnes vers le pays de l’oncle Sam

    Bien que du côté institutionnel, la communication reste assez floue, la campagne oléicole 2019/2020 a été bien en deçà des attentes, voire mauvaise. A l’exception de Taourirt, les principales régions productrices ont accusé des baisses des récoltes d’olive.  Et comme à chaque mauvaise récolte, ce sont les unités de conservation et de trituration des huiles d’olive qui trinquent. Ils sont exposés à de graves problèmes d’approvisionnement en matières premières et pour la conservation.

    Par ailleurs, la  rareté du fruit combinée à sa qualité moyenne a une incidence directe sur les prix de vente aux conserveurs d’olive de table. En effet, la filière est essentiellement tournée vers l’export avec un volume moins de 90.000 tonnes exportées à fin octobre 2019. En valeur, ce volume représente un chiffre d’affaires de 1,3 milliard de DH, bien moins de ce que réalisait la filière dans les années 2000 avec 2,5 milliards de DH à l’export. 

    En réalité, mauvaise ou bonne récolte, la production des olives avoisine annuellement 1,4 million de tonnes mais la branche des conserves peine à dépasser les 90.000 tonnes à l’export. Pour ses industriels, les explications de cette situation sont chercher d’abord à l’amont et le faible rendement à l’hectare, à l’absence de soutien de la filière de l’olive de table et aux dysfonctionnements dans la chaîne de l’approvisionnement.

    A cause des intermédiaires, les industriels font face, chaque année, à une fluctuation de l’offre notamment en période de mauvaise récolte. Pour la campagne 2019/2020, les olives se sont vendues à 7,5 DH/kg contre beaucoup moins en Espagne. Ce qui rend plus difficile la compétitivité de l’olive marocaine sur le marché international.

    D’autres facteurs, à l’aval, expliquent aussi cette baisse de régime de la filière dont la surveillance accrue par pays destinataires des pesticides, les prix de vente stagnants. Pourtant, le plan Maroc Vert a relancé la production durant les 4 dernières années mais celle-ci a plus profité à la trituration, explique la Fédération des industries de conserve des produits agricoles (Ficopam).

    Le volume de production d’huile d’olive a triplé en 3 ans passant de 120.000 tonnes en 2012 à 370.000 alors que la filière des conserves d’olive est en régression. Normal, elle ne reçoit plus que 25% de la production nationale d’olives. Le reste va vers le vrac et les industriels de l’huile de table. Pour la Ficopam, l’impact sur la production destinée à la transformation de l’olive en conserve est quasiment nul.

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    Avec ses 94.000 tonnes d’olive de table exportées, le Maroc se classe 3e  dans le podium des trois premiers exportateurs de l’olive de table après l’Espagne qui produit plus de 462.000 tonnes et la Grèce avec 183.000. Mais attention, les pays concurrents gagnent des rangs à l’instar de la Turquie et de l’Egypte

    «Tous ces efforts concentrés sur l’huile d’olive et subventions accordées à sa filière ont faussé la donne et surtout perturbé le marché de la matière première au profit de l’huile et le “vrac” qui en a aussi tiré profit», indique un expert. L’olive de table a été oubliée dans ce schéma. Ce qui nuit à sa compétitivité à l’international. D’autant plus que depuis 5 ans, on voit émerger des pays qui n’existaient pratiquement pas dans le secteur et qui aujourd’hui  sont très agressifs comme l’Egypte.

    «Les producteurs d’olive et les exportateurs égyptiens sont très soutenus par l’Etat, qui fournit de l’eau, de l’énergie gratuite et une main d’oeuvre très compétitive. Et de plus, l’Etat égyptien a décidé de subventionner ses exportateurs de produits alimentaires (olive de table et agrume).

    Résultat: Ils sont passés du 10e au 5e rang», indique Kamal Benkhaled, président de la Ficopam. «Heureusement qu’en termes de qualité, notre olive reste meilleure et notre expertise aussi. C’est ce qui nous permet de rester au top des trois premiers exportateurs, malgré toutes les difficultés rencontrées», ajoute Benkhaled. Si jadis le Maroc se positionnait second exportateur mondial, il occupe aujourd’hui la 3e position, se désole cet opérateur.

    La concentration des exportateurs sur un nombre limité de débouchés dont le marché de l’UE -qui absorbe annuellement 2/3 des quantités exportées, suivi par les Etats-Unis (25%). Une baisse sur un de ces deux débouchés peut être fatale pour l’industrie. Conscients, les transformateurs cherchent de nouvelles perspectives sur les marchés des pays du Golfe ou encore de la Russie.

    Concentration des conserveurs à Marrakech

    C’est dans la région de Marrakech que se concentre le plus gros nombre de transformateurs  réalisant près des deux tiers des exportations. Dans la région de Marrakech/Safi, l’olivier constitue la principale filière arboricole avec une superficie de 206.000 ha, soit 20% de la superficie oléicole nationale. Cette superficie permet à la Région de contribuer à hauteur de 22% à la production nationale d’olives, 60% aux exportations nationales de conserves d’olives et 10% aux exportations nationales de l’huile d’olive. Par province, c’est à El Kelâa que la superficie est plus importante, près de 75.000 hectares, avec une production moyenne de 156.000 tonnes.

    Badra BERRISSOULE

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