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    Analyse

    Douane: Aucune concession aux réseaux mafieux

    Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5674 Le 13/01/2020 | Partager
    Le DG de la douane avertit ceux qui recourent aux «mules» à Bab Sebta
    Le passage de 25 à 30% pour les produits finis peut encourager l’investissement
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    Nabyl Lakhdar, directeur général de l’Administration des douanes et des impôts indirects: «Les produits de contrebande présentent un risque pour la santé et font du mal à notre économie en détruisant notre secteur productif» (Ph. L’Economiste)

    - L’Economiste: Depuis quelques mois, certains points d’entrée de la contrebande, notamment Bab Sebta, ont été fermés. Cette mesure est-elle définitive?

    - Nabyl Lakhdar: D’abord, il n’est pas inutile de rappeler que la contrebande est quelque chose d’illégal. Et à un moment où nous nous interrogeons en tant que société sur notre modèle de développement, il est pour moi évident que le respect des règles que nous établissons doit être une ligne rouge et ce, dans tous les domaines.Par ailleurs, sans évoquer le volet fiscal qui, même s’il est important, peut être considéré comme secondaire à ce stade, il est un fait que les produits de contrebande présentent un risque pour la santé des Marocains et font du mal à notre économie en détruisant petit à petit notre secteur productif. Concernant Tarajal 2, tout ce que peux dire, c’est que pour l’instant, ce couloir est fermé et que le maintien ou non de cette fermeture n’est pas du (seul) ressort de la douane. Il est prématuré aujourd’hui d’évaluer son impact. Il n’en demeure pas moins que je reçois de plus en plus d’opérateurs qui affirment que, ces derniers mois, leur chiffre d’affaires a connu une augmentation non négligeable.

    - Que vont devenir les colporteurs?
    - Sur ce point, je voudrais insister sur le fait que ceux que vous appelez colporteurs sont les premières victimes de ce fléau. Certains «mafieux» profitent de leur précarité et parfois de leur détresse pour s’enrichir sur «leur dos» sans mauvais jeu de mots. Je pense très sincèrement que c’est quelque chose qui doit cesser. Ces images de femmes, de personnes handicapées et de mineurs portant des dizaines de kilos sur leur dos ou sur des chariots de fortune n’ont plus de place, si jamais elles en avaient, dans le Maroc que nous voulons pour nos enfants. Ceci étant, il est essentiel que cette population soit accompagnée et que des projets qui lui offrent les moyens de subsistance soient initiés. Il n’ y a rien de mieux qu’un emploi formel pour permettre à une personne de vivre dans un minimum de dignité. Pour cela, Il faudrait que tout le monde contribue: pouvoirs publics, opérateurs privés, associations, société civile…  J’ai la conviction que c’est ce qui est en train de se faire.

    - La contrefaçon est décriée par les opérateurs et certains d’entre eux estiment que la douane en est responsable. Quelles mesures comptez-vous déployer?
     - La responsabilité de la douane est clairement définie par la loi. Nous agissons au niveau des frontières. Il y a cependant une procédure que le détenteur d’une marque doit suivre pour protéger sa marque. Il doit déposer une demande de protection au niveau de la douane et la renouveler chaque année. Cette demande est aujourd’hui totalement dématérialisée et ne nécessite aucun déplacement. Mais malgré la communication que nous faisons sur ce sujet et les séminaires que nous organisons, je me rends compte qu’un pan important des opérateurs concernés n’est pas au fait de cette possibilité.

    - L’impact du passage des droits d’importation de 25 à 30% pour les produits finis est-il évalué? Ces changements déstabilisent les investisseurs.
    - Si on fait un raisonnement statique, le passage de 25 à 30% engendrerait des recettes supplémentaires d’environ 600 millions de DH. Mais cette augmentation, qui, faut-il le rappeler, est en total respect avec nos engagements vis-à-vis de l’OMC, vise un objectif tout autre: celui de renforcer la compétitivité de certains secteurs localement et de décourager l’importation de certains produits dont notre pays peut se passer.
    Concernant les investisseurs et leur éventuelle déstabilisation, je pense tout le contraire. Cette mesure peut encourager certains industriels à investir et à faire de la substitution à certaines importations qui se seraient renchéries.

    - Quels sont les documents qui seront dématérialisés cette année et où en est le projet de guichet unique?
    - Le projet de guichet unique avance à pas certains. Chaque mois,  pour ne pas dire chaque semaine, de nouveaux documents sont dématérialisés et de plus en plus d’informations exigées des opérateurs sont directement obtenues à la source au niveau de l’administration ou de l’organisme qui les produit. En ce qui concerne la douane en 2020, nous prévoyons de dématérialiser le bon à délivrer et ce, de manière progressive à compter du 1er février prochain. Nous allons également achever la généralisation de la dématérialisation du bon de sortie et nous nous attaquerons à la problématique du pesage qui prend dans certains cas beaucoup de temps: des solutions de pesage électronique sont actuellement envisagées au niveau des ports de Casablanca et de TangerMed. Cela étant, la dématérialisation n’est pas une fin en soi. La simplification des formalités de passage et la réduction des délais de séjour des marchandises sont au cœur de nos réflexions quotidiennes. En 2020, nous comptons zoomer davantage sur les délais pour les faire baisser de manière significative.

    Contrôles conjoints DGI/Douane

    Pour le patron de la douane, le contrôle conjoint ADII-DGI fait sens dans la mesure où des anomalies décelées au niveau douanier ont généralement des prolongements au niveau fiscal et vice versa. Même si ce n’est pas toujours perçu ainsi, le contrôle doit être vécu comme un acte normal dans la vie d’une entreprise à condition bien entendu qu’il ne perturbe pas son fonctionnement. «Nous essayons, autant que faire se peut, d’être dans nos interventions les moins intrusifs possibles».

    Propos recueillis par Khadija MASMOUDI

     

     

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