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    Société

    Comment sortir le Sud de sa tourmente?

    Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5655 Le 16/12/2019 | Partager
    La 8e édition dédiée aux fragilités du continent africain
    Migration, éducation, des enjeux qui demandent une plus grande coopération
    Près de 500 personnalités de 60 pays ont répondu présent
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    Le dilemme de l’éducation, un des facteurs de tourmente en Afrique, thème débattu par (de gauche à droite) Gregory Tien Hung, ancien ministre du Développement économique du Vietnam, Didier Acouetey, fondateur d’AfricSearch group, Najat Vallaud-Belkacem, DG global affairs d’Ipsos et ancienne ministre française de l’Education, de l’Enseignement et de la Recherche , et Obiageli Katryn Ezekwesili, ancienne ministre nigériane de l’Education

    Démocratie, éducation, énergie, climat, technologie… autant de thèmes débattus à la 8e édition d’Atlantic Dialogues dont les travaux se sont déroulés à Marrakech. Des enjeux qui appellent un débat franc et constructif, précisent les organisateurs. Près  de 500 participants, représentant  une soixantaine de pays, y ont pris part dont des anciens présidents africains comme Olusegun Obasanjo du Nigeria, des ex-Premiers ministres,  des experts, en plus de chefs d’entreprise.

    Des personnalités connues pour leur franc-parler et qui façonnent la diplomatie parallèle. Initiés depuis 2012 par Policy Center for the New South (PCNS), les Atlantic Dialogues se veulent comme incubateur d’idées et source proactive de propositions pour les décideurs et toutes les parties prenantes.

    Cette année, la thématique a été consacrée au Sud, en période de tourmente. Un choix dicté par les multiples défis qui interpellent les pays du Sud face à la persistance des conflits et des menaces terroristes, aux faibles taux de croissance non générateurs d’emplois pour les jeunes. Aujourd'hui, ce n'est plus le Sud qui est en tourmente, mais plutôt le monde entier, souligne Karim El Aynaoui, président du PCNS.

    Pour sa part, l’Afrique, qui enregistre un essor démographique sans précédent - source d'inquiétudes pour les uns, porteur d’espoirs pour les autres, à travers une jeunesse symbole des dynamismes à venir - paraît très vulnérable face à l’instabilité actuelle et à la compétition que se livrent les grandes puissances pour les ressources naturelles et les zones d’influence.  

    L’Afrique et le reste des pays du Sud doivent faire aussi face à un questionnement de la démocratie représentative et la remise en cause de son système de gouvernance et trouver des solutions. Le continent  se doit de  mettre en place sa propre réflexion, de repenser l’africanité et d’être un acteur positif et réactif sur la scène internationale, indique El Aynaoui. Et davantage pour l’enseignement auquel a été consacré une plénière  ou le dilemme de l’éducation. 

    Comment arriver à scolariser les millions d’enfants qui ne le sont pas? Comment dispenser une éducation de qualité qui développe l’intelligence du monde. Pour Didier Acouetey, fondateur et président du cabinet conseil en recrutement AfricSearch il faut penser et trouver une solution à cette déperdition dramatique entre les cycles primaire et secondaire.  Que fait-on des  élèves laissés en chemin?».

    Et ceux qui arrivent à obtenir un diplôme de l’enseignement supérieur sont trop souvent mal formés. «Leurs diplômes ne correspondent pas aux demandes du marché du travail. C’est ridicule! Il faut penser autrement, et apporter les compétences là où les travailleurs se trouvent». Même son de cloche auprès de l’ancienne ministre de l’Education en France, Najat Vallaud-Belkacem qui insiste sur les métiers de l’avenir dans toute politique d’éducation.

    Pour l’ancienne ministre, la lutte contre les inégalités et l’encouragement de la mixité sociale sont des facteurs importants dans la politique de l’éducation. Dans ce domaine, l’Asie a bien réussi. Ses pays dominent d’ailleurs le classement Pisa (Programme international pour le suivi des acquis des élèves). La Chine, Singapour, Macao et Hong Kong occupent les 4 premières places.

    A noter que le Maroc occupe l’une des cinq dernières places du ranking (75/79). L’ancienne ministre de l’Education du Nigeria, Obiageli Ezekwesili, reconnaît d’ailleurs que la gouvernance est devenue un obstacle pour résoudre les problèmes. «Nous traitons les symptômes au lieu d’être audacieux». Autre dilemme pour l’Afrique, la crise de la démocratie.

    Un panel a planché sur cette préoccupation majeure. Deux facteurs déterminent la démocratie dans un Etat, la gouvernance et, la crise sociale et, malheureusement, les pays africains n’ont pas réussi à faire le ménage post-colonialisme pour revisiter leur modèle, estime Mohamed Benaissa, ancien ministre marocain des Affaires étrangères et SG du forum d’Assilah.

    Pour Michelle Ndiaye, directrice du Programme pour la paix et la sécurité en Afrique, la montée du populisme est l’une des causes de cette crise. «Il faut être pragmatique, la démocratie libérale n'a pas fonctionné en Afrique. Nous ne disposons pas de freins et contrepoids pour contrôler la mise en œuvre de ses piliers». La faible implication des jeunes est aussi une des causes de cette crise démocratique.

    Ce à quoi répond l’activiste indienne, Trisha Shetty -fondatrice de SheSays connue pour son plaidoyer en faveur des droits humains et la représentation des jeunes et du genre en Inde-. «Il faut que les plus âgés libèrent la place». Et de donner comme exemple le nombre de jeunes élus aux parlements dans le monde: 2,2% des moins de 30 ans et 15,5% des moins de 40 ans.

                                                                                          

    Verbatim

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    ■ Anabel González, ancienne ministre du Commerce extérieur du Costa Rica
    «Le commerce mondial se trouve en ébullition. On est passé d'un système fondé sur des règles à un régime fondé sur le pouvoir, les États-Unis et la Chine devenant de grands pays rivaux». Pour l’ancienne ministre, cette situation a conduit à une plus grande fragmentation des échanges et à des tensions accrues, en particulier en ce qui concerne la lutte contre les distorsions des États sur le marché, la gestion de l'économie numérique et la redéfinition du rôle des économies émergentes dans le système commercial mondial.

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    ■ Olusegun Obasanjo, ancien chef d’Etat du Nigeria
    «Le Sud devrait être inquiet, mais pas outre mesure, car ce qui s’annonce, c’est l’essor du multilatéralisme, dont nous avons besoin pour gouverner le monde». Pour l’ancien chef d’Etat, la zone de libre-échange continentale africaine est une étape importante vers le multilatéralisme. «L’ouverture du marché intra-africain est unique et significative. Si elle fonctionne, l'Afrique pourra se comparer à n'importe quel autre marché commun dans le monde».

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    ■ Serigne Gueye Diop, ministre conseiller du président du Sénégal
    «Les Africains travaillent autour de 400 heures par an dans les champs au lieu de 2.000 heures possibles, en raison du manque d’accès aux technologies de l’eau et de l’irrigation. C’est sur ce gap que l’on doit plancher et coopérer». Pour le ministre conseiller, une fois cette lacune comblée, le Sénégal par exemple pourrait travailler en dehors de la saison des pluies, soit huit mois de plus par ans, ou 1.400 heures, et permettrait de contribuer à hauteur de 8 milliards de dollars supplémentaires au PIB.

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    ■ Rida Lyammouri, Senior Fellow au Policy Center for the New South
     «Le terrorisme qui a commencé dans certaines parties du Mali s'étend maintenant à d'autres régions comme la Tunisie et le Nigeria et pourrait atteindre des Etats côtiers comme le Ghana. En l’absence de toute stratégie visant à faire face à ces problèmes, la question du terrorisme au Sahel s'est développée au lieu d'être résolue». Pour cette autre crise dans le Sud, il est recommandé une coopération afin d’organiser «une riposte collective», et privilégier le triptyque sécuritaire, développement humain et formation.

    B.B.

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