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    Politique

    Nabil Benabdallah: «Nous sommes face à un véritable vide politique»

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5642 Le 27/11/2019 | Partager
    Le gouvernement manque de portage et de leadership
    Les partis appelés à se remettre en cause
    Le RNI ne peut pas constituer une alternative lors des prochaines élections
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    Mohamed Nabil Benabdallah, patron du PPS, a estimé que les partis doivent défendre leur autonomie de décision et assumer la responsabilité des politiques publiques lorsqu’ils sont au gouvernement. «C’est comme ça que nous pouvons rétablir la crédibilité du champ politique», a-t-il dit (Ph Bziouat)

    Depuis sa sortie de la majorité, Mohamed Nabil Benabdallah, SG du PPS, tire à boulets rouges surle gouvernement d’El Othmani, qu’il qualifie de dépourvu de vision politique. Invité par les équipes du groupe Eco-Médias à Rabat (L’Economiste et Assabah), il a considéré que la multiplication des divergences au sein de la majorité et l’affaiblissement des partis ont conduit à un véritable vide politique, auquel il faut remédier pour rétablir la confiance des citoyens.

    - L’Economiste: Le gouvernement a défendu le caractère social du PLF. Vous ne semblez pas partager le même avis?
    - Mohamed Nabil Benabdallah:
    Tous les gouvernements disent que les lois de finances ont des priorités sociales. Maintenant, il faut rappeler que nous avons quitté le gouvernement, parce que, depuis 2 ans, nous avons constaté l’absence d’une réelle volonté politique. Ce gouvernement manque de portage politique. Nous avons constaté par contre la multiplication des divergences entre les composantes de la majorité. Actuellement, nous ne sommes pas face à un gouvernement qui défend une vision politique, avec un chef qui joue son rôle, des partis qui expriment une solidarité gouvernementale. Cela a créé un vide politique. S’il y avait une distance entre les citoyens et la politique, aujourd’hui le fossé se creuse davantage.

    - Vous considérez qu’El Othmani est plus faible que Benkirane en matière de leadership?
    - Les styles sont différents. Mais sans tomber dans la personnification, il est indéniable que le gouvernement Benkirane avait une meilleure homogénéité malgré les divergences, avec un chef qui portait un discours politique. Par la suite, nous nous sommes retrouvés face à un gouvernement avec un faible portage politique et beaucoup de «crêpage de chignons». Donc, il y a un véritable vide politique.
    - On vous reproche d’avoir ce discours parce que vous faites plus partie de la majorité…
    - J’avais le même discours lorsque j’étais encore au gouvernement. Le bureau politique et le comité central du PPS avaient publié des communiqués dès 2017 précisant que le gouvernement a besoin d’un nouveau souffle politique. Nous avons mis en garde contre les combats marginaux. A un certain moment, on trouvait que nous avions un discours d’opposition alors que nous étions membres de la majorité. Or, un gouvernement qui n’est pas fort sur le plan politique ne peut pas réussir. Le discours du Trône a appelé à la refonte du modèle de développement et a mis l’accent sur une série de problématiques à résoudre, parallèlement au remaniement ministériel. Lorsque j’ai rencontre El Othmani, il voulait discuter uniquement du nombre des portefeuilles et de leur répartition. J’ai refusé parce que nous voulions discuter du projet politique et des priorités. Il préférait reporter ce débat. Or, à ce jour, le chef du gouvernement ne s’est pas exprimé sur les priorités de son équipe, à l’exception de sa réponse lors de la séance mensuelle à la Chambre des représentants.

    - Est-ce que la réforme du mode de scrutin permettra de dépasser ces problèmes et favoriser la mise en place de majorités plus cohérentes?
    - Ceux qui pensent que la réforme du système électoral permettra de résoudre ces problèmes se trompent. Ce n’est qu’une mesure d’accompagnement. Il faut d’abord consacrer le respect des partis politiques. Ces derniers doivent aussi agir pour qu’on les respecte. L’idée est de garantir l’autonomie de décision des formations. C’est comme ça que nous pouvons rétablir la confiance et la crédibilité du champ politique. Par la suite, il faut que le gouvernement soit vraiment responsable des politiques publiques, et que les citoyens sentent l’utilité de leur vote. Les partis, y compris le nôtre, doivent se remettre en cause et revoir leur mode de communication pour s’ouvrir davantage sur les citoyens. Aujourd’hui, nous sommes dos au mur, avec la faiblesse des corps intermédiaires. Il y a une volonté pour trouver une alternative au PJD, mais nous sommes face à un vide.

    - Le RNI, qui se positionne pour les prochaines élections, peut-il constituer une alternative?
    - Le RNI peut jouer ce rôle. Mais il doit le mériter, sans dopage, sinon ça sera une grave erreur. Tout le monde a vu ce qui s’est passé avec le PAM. Personnellement, je ne pense pas qu’il a des chances, parce que son action n’est pas suffisamment profonde. Nous non plus nous n’y sommes pas encore. Il faut conquérir les masses populaires, investir le monde rural et faire en sorte qu’il y ait un vote massif.

    Propos recueillis par Mohamed Ali MRABI

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