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    Régions

    L'Oriental protège ses animaux

    Par Ali KHARROUBI | Edition N°:5615 Le 16/10/2019 | Partager
    500 tortues nourries, soignées et remises dans leur milieu naturel, un premier pas
    Mangouste, chat ganté, seps à 2 doigts, loutre... la région regorge d'espèces
    Des trésors menacés par la dégradation de la flore, le braconnage et l'absence de contrôle
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    La vente illégale de ces tortues se fait sous le regard indifférent des agents chargés de la protection des espèces menacées (Ph. A.K.)

    La campagne de sensibilisation «SOS Tortues», lancée dimanche 13 octobre au niveau de la commune de Tafoughalt (province de Berkane), a mobilisé 35 étudiants de la Faculté des sciences d’Oujda et a permis le relâchement de 500 tortues en milieu naturel.

    Le projet, qui en est à ces débuts, a permis la réalisation d’un dossier scientifique sur la tortue terrestre. Il sera distribué et fera l’objet d’exposés de sensibilisation auprès des élèves des collèges et lycées des provinces d’Oujda et de Berkane. Le message est simple: «Les jeunes devraient systématiquement renoncer à acquérir des tortues capturées à l’état sauvage. Les tortues ne doivent plus être considérées comme des souvenirs vivants».

    De plus, les personnes qui achètent ces tortues favorisent leur ramassage, leur vente et participent à la disparition de l’espèce. «Ces personnes encourent également des poursuites judiciaires et de lourdes amendes», explique Mohammed Melhaoui, encadrant de l’initiative et membre de l’Union internationale pour la conservation de la nature/Maroc (UICN).

    L'élan de solidarité pour cette opération est tel, que les étudiants en Master «Environnement et développement durable» de la Faculté des sciences d’Oujda ainsi que leur professeur se sont portés volontaires pour l’achat de plus de 500 tortues dans les souks d’Oujda et de Berkane.

    Ces tortues achetées aux braconniers ont été nourries et soignées et ont fait l’objet d’un travail scientifique. Elles ont été marquées et remises dans leur milieu naturel habituel, grâce à la collaboration des responsables et gardes forestiers de la Direction régionale des eaux et forêts de l’Oriental.

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    La tortue grecque est inscrite comme espèce en voie de disparition dans «Red Book» de l'UICN, et en statut «vulnérable» dans 28 pays dont le Maroc. Ce qui valorise l’action menée par ces étudiants (Ph. A.K.)

    Plusieurs espèces de reptiles, d’oiseaux, de poissons d’eaux douces, sont menacées au niveau de l’Oriental. À elle seule la province de Berkane compte 24 espèces de mammifères identifiées (sanglier, chat ganté, mangouste, loutre, etc.); 23 espèces d’hérpetofaune identifiées (le seps rifain, le lézard marocain (endémiques), le seps de Doumergue, le seps à deux doigts (rares), la tortue grecque et la tortue verte (menacées), etc.). La région compte également plus de 250 espèces d’oiseaux identifiées, dont 39 endémiques, rares ou menacées. Toutefois, ces trésors fauniques sont menacés par la dégradation de la flore, le braconnage et la faiblesse de contrôle. 

    C’est cette situation alarmante qui a poussé ces étudiants à lancer l’alerte SOS Tortues dans le cadre de la célébration de la journée arabe de l’environnement (14 octobre). Une campagne réalisée en collaboration avec la Direction régionale des eaux et forêts. «Cette initiative est le fruit d’un travail collectif entre étudiants et leur professeur. Elle vise la protection de la faune sauvage de l’Oriental et la sensibilisation au boycott de l’achat des animaux sauvages en vente illégale», explique Melhaoui.

    Rappelons que la loi marocaine n° 29-05 relative à la protection des espèces de flore et de faune sauvages et au contrôle de leur commerce est très claire et stricte à ce sujet. Les ramasseurs et commerçants de tortues sont exposés à de lourdes amendes.

    Alerte au braconnage

    Les tortues grecques ont quasiment disparu de leurs habitats naturels sur le territoire national. Dans l’aire protégée des Beni Snassen et celle de l’embouchure de la Moulouya, ces populations de tortues ont beaucoup régressé ou totalement disparu car elles restent soumises à un fort taux de ramassage pour des ventes illégales à des prix dérisoires, sous le regard totalement indifférent des autorités et des agents chargés de l’application et le respect de la loi et qui doivent sévir contre les fauteurs. C’est ce que précisent les étudiants qui ont lancé cette initiative. Ils ajoutent qu’il est difficile de fournir des données précises sur la démographie des populations restantes, la raréfaction devenant dramatique dans de nombreux sites naturels de l’Oriental. Et de préciser que la tortue grecque est une espèce méditerranéenne à forte valeur patrimoniale mais qui reste vulnérable et menacée.

    De notre correspondant permanent, Ali KHARROUBI

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