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    Les ingénieurs réclament un ordre

    Par Hassan EL ARIF | Edition N°:5607 Le 04/10/2019 | Partager
    L’exercice du métier n’est pas réglementé
    Les bureaux d’études ouverts dans l’anarchie
    Le SGG interpellé mais sans résultat pour le moment
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    Pour l’heure, la profession de géomètre-topographe est la seule de tous les métiers de l’ingénierie à être réglementée (Ph. Bziouat)

    Faut-il réglementer les métiers d’ingénieurs à l’image des professions libérales telles que la médecine, l’architecture, les experts-comptables, les comptables agréés…? Pour Abderrahim Handouf, président de l’Union nationale des ingénieurs marocains (UNIM), c’est même une urgence.

    L’association a déjà saisi le Secrétariat général du gouvernement il y a deux ans à ce sujet, mais sans aucune réponse pour le moment. Le président de l’UNIM ne manque pas d’arguments. A commencer par l’exercice de la profession d’ingénieur.

    «Il n’est ni conditionné par le port du titre d’ingénieur ni l’obtention de l’agrément délivré par le ministère de l’Equipement aux bureaux d’études techniques et aux entreprises de BTP qui soumissionnent aux marchés publics. Pis encore, n’importe qui peut ouvrir un bureau d’études dans le domaine de l’ingénierie sans détenir un diplôme d’ingénieur et sans même une autorisation», signale Handouf.

    Ce dernier cite également l’exemple du «commerce des produits phytosanitaires qui, de par la loi, doit relever exclusivement des ingénieurs agronomes spécialisés en phytiatrie». Dans le BTP, à l’exception des appels d’offres de l’Etat qui exigent des diplômes d’ingénieur, n’importe qui peut prétendre à ce titre.

    Dans certains cas, dès qu’une société décroche un marché public, elle se passe des services de l’ingénieur. Ce qui fait dire au président de l’UNIM que la fonction d’ingénieur n’est pas réglementée au Maroc à l’image de deux spécialités: ingénieur géomètre-topographe et architecte.

    68 ans après la publication du dahir du 11 juin 1949 au Bulletin officiel (29/07/49), régissant le port du titre d’ingénieur, le métier d’ingénieur n’a toujours pas été réglementé. D’ailleurs, à l’image de la France, le Maroc est l’un des rares pays à ne pas être doté d’un ordre des ingénieurs. Depuis quelques années, l’Hexagone a entamé le débat sur l’opportunité d’en créer un.

    L’absence d’une structure ordinale pose également problème pour les ingénieurs marocains qui décrochent des postes à l’étranger. «Nos ingénieurs se voient systématiquement réclamer une attestation d’inscription à l’ordre des ingénieurs au Maroc. Mais comme il n’existe aucune organisation ordinale, nous sommes régulièrement sollicités par des ordres d’ingénieurs à l’étranger pour confirmer la fonction des candidats au recrutement», confie le président de l’UNIM. Même les ingénieurs qui sont recrutés par des multinationales demandent parfois à adhérer à l’UNIM croyant que c’est une formalité obligatoire pour exercer.
    La création d’un ordre professionnel regroupant tous les ingénieurs aurait plusieurs avantages. A commencer par une reconnaissance à l’étranger puisque les ingénieurs nationaux ne seront plus soumis à une enquête pour confirmer leur formation. La création d’un ordre professionnel constitue également un outil stratégique. Cela permettra, par exemple, de savoir combien d’ingénieurs existent au Maroc.

    En effet, étant donné que chaque école d’ingénieurs est rattachée à un ministère différent (ENIM, EHTP, Insea, ENSA, Inpt…), il n’existe aucun organisme centralisant les statistiques sur ce profil. Un ordre permettra par ailleurs d’identifier les besoins de l’économie nationale pour chaque spécialité. L’échec du plan «10.000 ingénieurs» n’est-il pas dû, entre autres, à un manque de visibilité?

    L’année 2005 où avait été lancé ce programme coïncide avec la mise en œuvre du plan de départ volontaire dans la fonction publique qui s’est traduit notamment par le départ de bon nombre d’enseignants censés formés les ingénieurs.

    Plus d’une décennie plus tard, le Maroc formerait à peine 7.500 ingénieurs, dont 2.500 lauréats d’écoles privées n’ayant pas le titre d’ingénieur. Au total, l’UNIM estime que le nombre d’ingénieurs exerçant actuellement au Maroc ne dépasse pas les 80.000 contre 130.000 pour la Jordanie qui compte 7 millions d’habitants et 40 millions pour la Chine.

    Une proposition de loi en route

    Deux ans après avoir saisi le SGG et après une réunion avec sa direction de la réglementation des métiers, l’UNIM (Union nationale des ingénieurs marocains) attend toujours une réponse du gouvernement. Dans cette attente, l’association prépare avec la Fédération marocaine du conseil et de l’ingénierie (FMCI) et un certain nombre d’associations professionnelles et des ingénieurs membres du Parlement une plateforme de travail. Celle-ci sera dévoilée lors de la conférence internationale sur la réglementation des métiers d’ingénieurs de concert avec la Fédération mondiale des ordres des ingénieurs et l’Union arabe des ingénieurs qu’elle organisera en janvier prochain. Une proposition de loi instituant un ordre sera ensuite déposée au Parlement.

    Hassan EL ARIF

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