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    Economie

    Casablanca: Un nouvel élève sur trois dans le privé

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5600 Le 25/09/2019 | Partager
    Plus de 1,4 million d’élèves cette année, dont le quart dans le privé
    Plus de responsabilités aux services extérieurs
    Les documents administratifs pourraient être retirés dans les écoles!
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    Depuis 2016, l’Académie a intégré 7.632 enseignants, répartis sur les trois cycles scolaires, ce qui a permis de limiter l’encombrement des classes. Il existe, cependant, toujours un déficit de profs, estimé à quelques centaines. Au total, l’Aref a recruté 12.137 cadres ces quatre dernières années

    La centralisation des décisions, de la gestion du budget, des ressources humaines… A longtemps été un point noir dans le fonctionnement du système d’enseignement au Maroc. Mais les choses semblent enfin évoluer vers un transfert des pouvoirs vers le niveau local. Le principe, consacré par la nouvelle loi-cadre, est d’ores est déjà en marche.

    Selon le ministre de l’Education nationale, Saaïd Amzazi, 90% du budget de son département sont déjà gérés par les Académies régionales de l’éducation et de la formation (Aref). Ces dernières peuvent, également, depuis 2016 recruter leurs propres ressources humaines.

    A leur tour, les Aref commencent à céder des prérogatives à leurs directions provinciales. «A Casablanca-Settat, nous avons presque tout délégué, y compris le budget. Progressivement, nous descendrons à l’échelle des établissements», confie Abdelmoumen Talib, directeur. «Il faudra, cependant, former les directeurs des établissements et les accompagner», souligne-t-il.

    Dans le cadre du plan d’urgence, les écoles, collèges et lycées avaient reçu des budgets leur permettant de réaliser leurs projets d’établissement. Mais la majorité des directeurs, non formés en management, ont été incapables de les dépenser. Le renforcement des compétences locales sera, ainsi, décisif dans le processus de décentralisation.

    L’Aref de Casablanca-Settat prévoit de tout déléguer, y compris la gestion administrative des enseignants. «A l’avenir, ils n’auront plus à se déplacer, ils pourront retirer des attestations de travail ou de salaire dans leur établissement», relève Talib.

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    Cela risque, cependant, d’alourdir les tâches des directeurs, notamment ceux du primaire qui assurent seuls la gestion des écoles. «A terme, le ministère ne garderait que le cadrage pédagogique, afin d’assurer la cohérence du système éducatif, comme c’est le cas dans d’autres pays», précise le directeur de la plus grande Académie régionale du Maroc.

    Cette année, l’Aref gère plus de 1,4 million d’élèves, dont le quart est scolarisé dans le privé. Concernant les nouvelles inscriptions, au nombre de 148.279, quelque 33% ont choisi des établissements privés. Grâce au recrutement d’enseignants, opéré depuis 2016 (voir illustration), la région compte moins de classes encombrées.

    Selon les chiffres présentés vendredi dernier, lors d’un point de presse organisé au siège de l’Aref, 71% des classes, tous niveaux confondus, comptent désormais moins de 36 élèves, contre seulement 54,3% deux ans plus tôt. La situation est, toutefois, toujours aussi préoccupante au collège, où cette part est de seulement 49% (26,5% en 2017-2018).

    Le budget multiplié par quatre depuis 2016

    Le budget s’est également étoffé pour dépasser les 2 milliards de DH, contre 1,6 milliard l’année précédente. L’enveloppe allouée à l’Aref est en progression continue depuis 2016, où elle était quatre fois moins importante (598,2 millions de DH). L’an dernier, l’Académie avait consenti un effort considérable pour liquider ses dettes auprès de ses partenaires, en concédant plus de 739 millions de DH. Ceci a permis de relever le taux de paiement à 80%, et d’apurer des dettes qui traînaient depuis des années. «Cela nous a permis de regagner la confiance de nos entreprises partenaires», se réjouit Talib.

    Pour préparer la rentrée, 23 nouveaux établissements ont été ouverts, dont 13 en milieu rural. 400 nouvelles classes ont également été construites, suite aux opérations d’extensions. La lutte contre le préfabriqué continue avec le remplacement de 490 classes. Par ailleurs, 147 écoles ont été réhabilitées. Pour sa part, le corps enseignant s’est renforcé avec 2.373 recrutements.

    Côté formation professionnelle, six écoles de la deuxième chance ont été créées, avec une capacité de 300 places. Au niveau du préscolaire aussi, les efforts se poursuivront pour la généralisation de la scolarisation des 4-5 ans. L’an dernier, 524 classes préscolaires ont été créées, ce qui a permis d’intégrer 11.253 élèves. Le taux de préscolarisation, lui, a augmenté de 10 points pour atteindre 64%.

    En matière d’appui social, plus de 655.000 élèves ont bénéficié cette rentrée de l’opération 1 Million de cartables, et 16.000 d’une place dans un internat. 46 bus scolaires ont, par ailleurs, été acquis pour porter le nombre total à 650 bénéficiant à 42.839 élèves.

    Retours marquants des parents vers le public

    Le phénomène est très visible cette année, de nombreux parents ont abandonné les écoles privées pour inscrire leurs enfants dans des établissements publics. A Casablanca-Settat, les transferts se comptent par milliers. Ils concernent à la fois le primaire, le collège et le lycée, mais la tendance est plus prononcée dans le primaire. A titre d’exemple, dans la direction provinciale de Bernoussi, 2.844  transferts ont été enregistrés, contre 1.198 à celle de Mly Rachid, 1.039 à Hay Hassani, 845 à Mohammedia et 702 à Settat. Sur les 16 directions provinciales que compte l’Académie régionale, dix ont relevé presque 9.500 transferts. Les statistiques sont en cours de finalisation. Selon l’Aref, les établissements publics réhabilités attirent les parents. Pour cette rentrée, 147 ont été remis à niveau. Les parents sont peut-être aussi moins disposés à supporter des frais de scolarité chaque année plus élevés, pour une qualité qui n’est pas toujours au rendez-vous.

    Ahlam NAZIH

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