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    Les marchés attentifs aux décisions de la BCE

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5591 Le 12/09/2019 | Partager
    Taux, prêts, QE… l’institution peaufine ses stratégies
    Objectif: relancer l’économie
    Mario Draghi cédera son poste à Christine Lagarde

    Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE), va-t-il prendre des décisions concluantes avant de passer la main fin octobre à la Française Christine Lagarde? L’institution monétaire devra annoncer ce jeudi 12 septembre un paquet de mesures visant à stimuler l’économie.

    Elle lui faudra satisfaire les attentes élevées des marchés, tout en apportant des remèdes à la conjoncture en zone euro (où résident les principaux partenaires commerciaux du Maroc), certes ralentie mais pas immédiatement menacée de récession. Le tout marqué par le long processus du Brexit et le conflit commercial sino-américain qui continue d’empoisonner le climat des échanges. Voici quelques mesures envisagées ou déjà annoncées:

    ■  Baisse des taux: La BCE a beau maintenir ses taux directeurs à leur plancher historique depuis mars 2016, elle peut les abaisser encore tant que leur niveau n’est pas jugé contre-productif pour l’économie. La piste privilégiée vise le taux de dépôt frappant les liquidités excédentaires des banques, déjà négatif, pour le porter de -0,40% à -0,60%, soit dès jeudi ou en plusieurs étapes d’ici la fin de l’année. L’idée est de dissuader les banques de laisser leur excès de trésorerie au guichet de la Banque centrale, pour les encourager à les prêter aux ménages et aux entreprises. L’institution ne devrait cependant pas toucher à son taux de refinancement, lequel permet aux établissements bancaires de se financer sur une semaine et campe à 0% depuis trois ans.

    ■ Taux dégressifs: Tandis que les banques disent souffrir des taux négatifs, qui rognent leurs marges, la BCE se prépare à compenser ces effets défavorables. Et ce, en recourant au système de «paliers ou tiering» déjà en vigueur en Suisse ou au Japon. Le taux moyen facturé aux banques sur leurs dépôts excédentaires serait donc bien inférieur au taux de référence, puisque ce prélèvement marginal ne toucherait plus qu’une fraction des dépôts. «De quoi réduire de moitié la facture annuelle sur ces liquidités en excès, estimée à environ 7,5 milliards d’euros en 2018 et principalement supportée par les banques allemandes et françaises», estime Frederik Ducrozet, stratégiste chez Pictet, cité par l’AFP.

    ■ Prêts géants aux banques: La principale institution monétaire a offert entre 2014 et 2016 aux banques la possibilité d’emprunter d’énormes liquidités à des taux très avantageux dans le cadre des programmes TLTRO I et II. Ceci à condition qu’elles prêtent à leur tour cet argent aux ménages ou aux entreprises. Les banques, en particulier les membres les plus fragiles du secteur en Italie, avaient saisi l’occasion. La BCE s’apprête désormais à lancer en septembre une troisième série de ces prêts, étalés en sept vagues jusqu’en mars 2021, avec chaque fois une échéance de deux ans. Les conditions ont été légèrement durcies par rapport au passé, avec des taux variant de -0,30% à +0,10%, selon la quantité de crédits redistribués par chaque banque dans l’économie.

    Nouveau QE, nouvelles conditions?

    Visant la réactivation des rachats de dette publique et privée, le dispositif anti-crise baptisé QE pour Quantitative Easing a été déployé entre mars 2015 et fin 2018. Pendant cette période, l’institut monétaire a acquis environ 2.600 milliards d’euros de dette et continue à réinvestir ce stock pléthorique de titres à leur échéance. Le but est de maintenir de bonnes conditions financières sur les marchés. Déclencher un QE 2 apparaît «la réponse politique naturelle, en l’absence d’un rebond soutenu des anticipations d’inflation», selon les analystes. La hausse des prix est de fait encore loin du niveau légèrement inférieur à 2% visé par la BCE, une situation appelée à perdurer.

    F. Z. T.

     

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