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    Régions

    Debdou: Un festival pour la mémoire collective

    Par Ali KHARROUBI | Edition N°:5586 Le 05/09/2019 | Partager
    Pour célébrer «Laâlaoui», la danse des guerriers de l’Orien­tal
    Et les chants de la mémoire judéo-musulmane et amazighe
    La Maison de la culture, annoncée en 2014, toujours pas inaugurée
    debdou-festival-086.jpg

    Laâlaoui, exclusivement masculin, est accompli pour exhiber les qualités d’endurance et de maîtrise de la géométrie de l’espace et des percussions à multiples résonnances (Ph. AK)

    Le rideau est tombé mardi dernier sur la 15e édition du festival de Laâlaoui de Debdou. Un rendez-vous annuel pour célébrer l’héritage de la région et assurer la pérennité du patrimoine local. Durant trois jours (du 1er au 3 septembre), une quinzaine de troupes folkloriques ont ébloui les spectateurs par leur maîtrise des différents mouvements et chorégra­phies faisant la spécificité des danses guerrières de l’Oriental. Des chants an­crés dans la mémoire collective judéo-musulmane et amazighe ont rappelé les affinités culturelles qui ont fait de la loca­lité de Debdou un berceau de tolérance et d’acceptation de l’autre.

    Le festival de Laâlaoui est également un ensemble d’activités parallèles: ex­position de produits artisanaux locaux, d’anciennes gravures de la province de Taourirt, défilé des différentes troupes participantes, soirées musicales et visite d’attractivités touristiques. Une oppor­tunité pour découvrir les spécificités naturelles de la région, tels le mellah, les grottes d’eau, du corbeau et du lion, les sources de Tafrante et Ain Sbilya.

    En plus de ces animations, des cher­cheurs et professeurs universitaires ont animé deux tables rondes autour du pa­trimoine et de l’histoire, des influences internes et externes de la migration des habitants de Debdou, des fouilles archéo­logiques et des spécificités socioculturelles.

    «Organisée sous le thème: Le patri­moine de nos ancêtres, un legs que nous devons préserver, cette 15e édition reflète l’intérêt grandissant dont jouit le patri­moine immatériel auprès des jeunes qui se sont fortement impliqués. D’où la nécessité de le préserver et de le déve­lopper», a expliqué Mountassir Louki­li, directeur régional de la culture dans l’Oriental. Et d’ajouter que «ce type de rencontre traduit une prise de conscience collective pour hisser le legs des an­ciennes générations en vecteur de crois­sance économique et de développement local».

    De son côté, le président de l’Asso­ciation Aïn Sbilya des arts populaires, (organisatrice du festival), Ali Hamdaoui, a insisté sur l’importance de la créativité dans ce domaine et la nécessité de la mettre à profit pour favoriser le dévelop­pement local et l’émergence d’artisans confirmés. Et de préciser que «l’art dans sa globalité, et la danse en particulier, est un dénominateur commun entre les différentes cultures, et un facilitateur de compréhension et d’entente». «Il joue également un rôle important dans la valo­risation des richesses historiques, géogra­phiques et culturelles et renforcer l’attrac­tivité touristique».

    L’organisation de cette manifestation a permis au ministre de la Culture et de la Communication, Mohamed Laaraj, de s’enquérir de l’avancement des travaux de construction d’une maison de la culture à Debdou. Un édifice qui a nécessité un investissement de 15 millions de DH.

    Annoncée en mars 2014, cette maison de la culture, dont la réalisation a tardé à se concrétiser, n’est pas encore inaugu­rée. L’édifice est constitué d’une biblio­thèque, un espace d’exposition, une salle de lecture, une salle polyvalente pouvant accueillir 300 personnes, un dépôt, des bureaux et des sanitaires. Il aura pour mis­sion fondamentale de retracer l’apport des communautés juive, amazighe et arabe dans l’histoire séculaire du Maroc, tout en protégeant et valorisant les différents affluents du patrimoine et de la culture marocains.

                                                      

    Lexique et cadences spécifiques

    debdou_festival_086.jpg

    (Ph. AK)

     LAÂLAOUI est une danse accordée sur la rythmique de l’instrument à per­cussions, qui peut être un bandir ou un guellal. Quant à l’air accompa­gnateur, il est exécuté par un zamer, ghaita, ou gasba, pour régulariser les mesures de danse qui peuvent être annon­cées par le meneur.

    Des annonces pour réaliser trois coups de pied avec un interlude sur deux. Une fois la «Sbais­sia» exprimée, tous les danseurs exécutent un ensemble de coups impairs du pied sur le sol. Et ainsi de suite à chaque fois que le me­neur invite les danseurs à réaliser de nouvelles voltiges par les cris de «Dkhoul» et «Jarre». De son côté, la «Taâricha» permet à la «Sbaissia» d’être expressive, frénétique, gracieuse, lascive, et voluptueuse. Elle prendra par la suite des allures intensives, lentes, voire violentes lorsqu’il s’agit d’atteinte à l’honneur et à la fierté de la tribu.

    Laâlaoui est une danse aux percussions endiablées qui peuvent être exécutées sur de multiples rythmes. C’est aussi une choré­graphie permettant aux «Chioukhes» musiciens et aux danseurs de se distinguer par la couleur des «rezzas», turbans qu’ils portent. Elle est jaune pour les chioukh et blanche pour les arfas. Le «aarif» ajoute un «te­hlil» sur sa «laâbaya» et l’orne de «Tkha­mels» en laine de couleur pour ceinturer sa djelabah et son «Selham».

    De notre correspondant permanent, Ali KHARROUBI

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