×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Politique

    Remaniement: Le PJD piégé par ses contradictions

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5576 Le 22/08/2019 | Partager
    Les exigences de compétences aux antipodes de la procédure interne de choix des ministres
    El Othmani confronté à de multiples résistances
    Le PPS risque de faire les frais de sa proximité avec Benkirane

    N’allez pas croire que les ministres profitent des trois semaines pour passer de bonnes vacances. Officiellement, ils reprennent le travail par un conseil de gouvernement aujourd’hui jeudi 22 août. En fait, la plupart d’entre eux sont sonnés par l’approche du remaniement réclamé par le Roi lors du dernier discours du trône.

    A la rentrée politique, aucun membre du gouvernement n’est sûr de conserver son poste. Seule peut-être, Mbarka Bouaida, qui vient d’être élue à la présidence de la région Guelmim Oued Noun, est sereine, sachant que les deux postes sont incompatibles. Qu’importe, le reste des 37 ministres et secrétaires d’Etat vivent un stress sans commune mesure avec celui de la première nomination.

    Saâdeddine El Othmani, sommé de faire des propositions au chef de l’Etat pour apporter du sang neuf dans l’exécutif et dans l’administration, n’est pas au top de sa forme. Et pour cause, il devra faire preuve de doigté pour passer cette épreuve périlleuse.

    D’abord, il devra dresser, froidement, le bilan des membres de son gouvernement. L’évaluation doit commencer par les ministres de son parti. Certains ont été maintenus au gouvernement à cause de l’histoire du troisième mandat de Abdelilah Benkirane. Et pour cause, il ne fallait pas affaiblir le chef du gouvernement Saâdeddine El Othmani qui partait à la conquête du secrétariat général du PJD.

    Aujourd’hui, le contexte politique a changé et Benkirane s’est lui-même marginalisé par ses sorties, particulièrement sur la loi-cadre relative à l’enseignement. A la rentrée politique, qui coïncide avec l’ouverture de la session d’automne du Parlement par le Roi, le chef du gouvernement devra procéder aux changements au sein de son équipe sur la base des nouveaux critères édictés par le Roi: la compétence et le mérite.

    Des valeurs aux antipodes de la procédure suivie par le PJD dans le choix de ses ministres. Pour être schématique, une commission établit une liste de personnes jouissant de popularité, est soumise au vote du conseil national du parti. Cette démarche, qui se veut démocratique, a jusqu’ici fait ressortir des noms connus dans les rangs du PJD, pour leurs talents d’orateurs mais sans la moindre expérience dans la gestion.

    Les Marocains ont eu le loisir de le constater au cours de cette période où le PJD a été aux commandes du gouvernement. L’exemple de Mohamed Najib Boulif est édifiant à plus d’un titre. Dans le premier gouvernement de Benkirane, il s’est vu confier un super ministère chargé des Affaires économiques et de la gouvernance, avec de grandes attributions.

    Mais, au premier remaniement, il a été dégradé au rang de ministre délégué pour redémarrer par la suite avec El Othmani en tant que secrétaire d’Etat. Boulif a accepté la dégringolade sans rechigner. Le cas de Mohamed Yatime, ministre de l’Emploi et de l’insertion professionnelle, est sur le même registre.

    L’ancien patron de l’UNMT, bras syndical du PJD, a été incapable de faire bouger le projet de loi organique relatif à la grève, déposé au Parlement par l’ancien gouvernement, très attendu par le monde des affaires et recommandé par les instances internationales. Autre point noir à son actif, son incapacité à s’entourer de compétences afin de faire émerger une nouvelle vision de la formation professionnelle qui devait être l’axe central des Assises de l’emploi.

    Idem pour Bassima El Hakkaoui qui trône sur le ministère de la solidarité, de la femme, de la famille et du développement social depuis 2012, sans que son département ne soit au cœur des questions qui ont dominé les débats dans la société. D’ailleurs, toutes les grandes associations qui travaillent dans son secteur se sont liguées contre elle.

    Avec cette donne au niveau de la procédure de choix des candidats ministres, Saâdeddine El Othmani aura du mal à convaincre ses camarades de changer de mode d’emploi, quitte à aller chercher des profils plus compétents ailleurs. Rien qu’à l’évocation de cette possibilité, les couteaux sont tirés et la résistance s’organise.

    Par ailleurs, le PPS risque de faire les frais de sa proximité avec Benkirane. En effet, El Othmani semble vouloir tourner la page de l’époque de son prédécesseur, en coupant les liens avec l’ancien secrétaire général du PJD et de ses alliés. Il avait commencé par réduire le nombre des portefeuilles du PPS au sein du gouvernement.

    De 4 postes dans l’ancien exécutif, le parti de Nabil Benabdallah est passé à 3, avant de tomber à 2 il y a quelques mois, avec le limogeage de Charafat Affailal ancienne secrétaire d’Etat chargée de l’Eau. Du coup, le PPS s’est retrouvé avec deux maroquins, l’un en charge de la Santé et l’autre de l’Habitat, l’urbanisme et la politique de la ville. Sauf que le casting n’a pas été bon. Car, ni Anass Doukkali ni Abdelahed El Fassi n’ont réussi à redresser la barre de leurs secteurs respectifs, considérés comme stratégiques au niveau social.

    Technocrates

    Pour le remaniement et dans la logique des compétences, les partis ont la possibilité de recourir aux technocrates. C’est le cas de Mohamed Benchaâboun qui a été déniché de la Banque centrale populaire pour occuper le ministère de l’Economie et des finances où il accomplit un excellent travail. C’est une aubaine pour les partis de recruter de grands managers publics. Surtout que le Roi a demandé au chef du gouvernement de lui faire des propositions pour des nominations à la tête d’établissements publics. Ils peuvent donc puiser dans ce potentiel de dirigeants d’établissements et d’entreprises publics ayant réalisé de grands exploits dans leurs domaines. Certains d’entre eux sont sur le point de quitter leur entreprise.

    La charte de la majorité mort-née

    La charte de la majorité, censée encadrer les relations au sein de la coalition gouvernementale, est restée lettre morte. En témoignent les tiraillements entre les partis composant le gouvernement, particulièrement entre le PJD et le RNI. Initialement, la cohésion de la majorité et le respect des engagements par ses membres devaient passer par une série de mécanismes, favorisant la réalisation des objectifs fixés. C’est le cas notamment de l’instance de la présidence de la majorité, pilotée par Saâdeddine El Othmani, comptant parmi ses membres les patrons des autres partis de la coalition, en plus d’un 2e dirigeant de chacune de ces formations. Elle devait tenir des réunions au moins une fois tous les deux mois. Deux autres instances étaient également prévues, au niveau de chacune des Chambres du Parlement. Elles seront composées des chefs de groupes, avec une présidence tournante chaque année. A cela s’ajoute le renforcement de la solidarité au sein de la majorité, à travers la consécration d’outils permanents de consultation et de coopération, en plus de l’évaluation régulière de ses actions. Tout cela n’était que déclaration d’intentions, sans aucun suivi dans la réalité.

    M.C.

    • SUIVEZ-NOUS:

    1. CONTACT

      +212 522 95 36 00
      abonnement@leconomiste.com
      mareaction@leconomiste.com
      redaction@leconomiste.com
      publicite@leconomiste.com
      communication@leconomiste.com

      70, Bd Al Massira Khadra
      Casablanca, Maroc

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc