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    Comment l'INRA a investi un siècle dans la recherche agronomique

    Par Jamal Eddine HERRADI | Edition N°:5576 Le 22/08/2019 | Partager
    10 centres régionaux et 23 domaines expérimentaux
    Une politique de proximité basée sur la régionalisation et la déconcentration de la recherche
    Objectif: développer une agriculture durable et résiliente
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    Entreprendre et mener des recherches pour le développement agricole au Maroc. C'est la mission assignée à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA). Un établissement au service de l’agriculture depuis 1914, date de création officielle des premiers services de recherche agricole.

    Un peu plus d’un siècle après, l’INRA a, enfin, connu «une réorganisation structurelle visant la modernisation de son processus de gestion». La finalité de la nouvelle organisation est de doter l’institution d’une «planification stratégique adéquate pour renforcer les capacités prospectives d'adaptation, de réaction et d'anticipation de la demande sociale de recherche agronomique» dans un pays à vocation agricole.

    Aujourd’hui, et plus que par le passé, le but est de développer une «politique de proximité en se basant sur la régionalisation et la déconcentration de la recherche» tant il est vrai que ce qui est bon pour la Chaouia ne l’est pas forcément pour Erfoud ou le Souss-Massa.

    Aussi, et pour éviter une déperdition des efforts, un «système intégré de suivi, d'évaluation et de contrôle» a été mis en place. Il doit permettre une gestion intégrée et rationnelle des ressources tout en assurant une politique de valorisation des résultats et des produits de la recherche à travers une stratégie cohérente d'information et de coopération.

    L'INRA opère actuellement à travers dix centres régionaux dédiés à la recherche agronomique et 23 domaines expérimentaux répartis sur le territoire national et couvrant les divers agro-systèmes du pays. Ces projets de recherche sont définis avec la participation des partenaires, des clients et des prescripteurs régionaux. Ils sont menés au sein de trente unités de recherche hébergées par les centres régionaux et sont encadrés à l'échelle centrale par dix départements scientifiques à vocation disciplinaire.

    L'INRA, sous sa forme actuelle, a été fondé en 1980, mais son existence effective remonte à 1914 avec plusieurs phases d'extension et de développement. Il s'agit d'un établissement public placé sous la tutelle de l'Etat, doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière et juridique. Il a été créé par le dahir du 8 avril 1981 et il est régi par le décret du 22 mars 1982.

    Ces textes en fixent les prérogatives en matière des interventions qu’il doit effectuer. C’est ainsi que cet Institut se trouve chargé de procéder aux recherches scientifiques et techniques ayant pour objet le développement de l’agriculture et de l’élevage. Et aussi d’effectuer les études prospectives, en particulier celles qui portent sur le milieu naturel ou qui ont trait à l’amélioration des productions végétales ou animales.

    En plus d’entreprendre, soit de sa propre initiative, soit à la demande des particuliers, des essais sur les cultures à améliorer ainsi que sur la production animale et, d’une façon générale, de mener toutes les actions expérimentales à caractère agricole ou celles concernant la mise au point de procédés de transformation et d’utilisation des produits végétaux et animaux.

    A ces missions s’ajoutent celles d’assurer, dans le cadre de ses compétences, le contrôle des recherches, études ou travaux effectués pour le compte des personnes publiques et  d’assurer la diffusion de la documentation relative tant à ses propres recherches qu’à celles effectuées à l’étranger. Et aussi d’étudier et de déterminer scientifiquement les modalités pratiques de l’application des résultats de ses recherches et de conseiller les organismes de vulgarisation agricole et les agriculteurs. Pour accomplir sa mission, l’INRA entretient des relations de partenariat avec des organisations nationales et internationales, les structures de développement, le secteur privé et des organisations non gouvernementales.

    Les axes stratégiques de la recherche à l'INRA couvrent notamment la caractérisation, la préservation et la valorisation des ressources naturelles ainsi que l’amélioration de la productivité, la compétitivité et la durabilité de la production agricole. Sans oublier la qualité, la valorisation et la diversification des productions végétales et animales.

    Ces axes s’étendent également à l’analyse de la demande sociale des systèmes de production et des politiques agricoles liées au développement régional et local. Sur le plan opérationnel, ces axes sont déclinés en un ensemble de programmes de recherche complémentaires, est-il indiqué.

    Pour ce faire, ils sont classés en deux principaux groupes. Il s’agit, en premier, des  programmes régionaux de recherche conçus pour mieux répondre aux besoins des différentes filières de production et pour couvrir l’ensemble du territoire national avec ses divers agro-systèmes. Suivent ensuite les programmes thématiques à portée nationale qui ont plutôt une connotation horizontale servant à l’ensemble des agro-systèmes et des filières de production.

    L’année en cours, par exemple, sera consacrée à «l’évaluation des mégaprojets institués pour la période 2017-2020 pour déceler les forces et faiblesses, réorienter l’action de recherche et recadrer les équipes de chercheurs pour plus d’efficience et d’efficacité (voir encadré «PRMT, 18 méga-projets, semis direct...»).

    Par ailleurs, suivant les tendances actuelles, l'INRA s’est attelé très tôt à la transition numérique. Parmi les actions menées dans ce domaine, figurent la digitalisation des cartes de vocation agricole des sols du Maroc, l’élaboration des cartes de fertilité des sols cultivés, la télédétection et la prédiction des récoltes. Sans oublier les projections des scénarios de changement climatique et leur impact ainsi que les alternances pour y remédier.

    PRMT, 18 méga-projets, semis direct.....

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    Le programme de recherche à moyen terme (PRMT) organise l'activité de recherche à l'INRA. Il intègre les contraintes réelles exprimées par les partenaires dans le cadre de la stratégie du Plan Maroc Vert, les besoins en recherches prospectives identifiés à partir de la veille scientifique et le bilan des résultats des programmes de recherche antérieurs, est-il expliqué. Le PRMT s'étale sur une période de 4 ans avec une évaluation à mi-parcours et à terme, aboutissant à de nouvelles orientations pour le PRMT qui le succéderait. Celui de 2017-2020 est constitué de 18 méga-projets qui traitent des filières de production et des domaines transverses du Plan Maroc Vert.
    Par ailleurs, les recherches menées par l’INRA sur l’impact du semis direct sur le rendement et la préservation des sols ont montré que cette technique de culture est la mieux appropriée à l’agriculture au Maroc. Des résultats plus que satisfaisants ont été obtenus dans les régions de Meknès et des Doukkala. Les rendements à l’hectare ont dépassé ceux réalisés en mode de semis conventionnel. De plus, les chercheurs de l’Institut ont démontré que ce procédé permet une plus grande économie de l’eau et une meilleure préservation des sols contre l’érosion.

                                                                                                

    L'Institut renforce son portefeuille variétal

    La  création variétale de l'INRA se poursuit et se renforce d'année en année. 2018 a été particulièrement marquée par la mobilisation des chercheurs pour contrer l'expansion de la cochenille de cactus en préconisant des moyens de lutte efficaces et la création de nouvelles variétés de cactus résistantes à ce redoutable prédateur.
    A l'actif aussi de l'Institut, l'inscription au Catalogue officiel de deux nouvelles variétés de fève et de féverole, fruit de recherche de plusieurs années, qui possèdent une large adaptation aux différentes zones agro-écologiques du Maroc.

    ■ Cactus: Premières variétés résistantes à la cochenille

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    Ennemi juré du cactus, la cochenille a fait des ravages dans les plantations de cactus dans plusieurs régions du Maroc. L’année dernière, l'insecte avait touché aussi bien les anciennes plantations que celles, récentes, réalisées dans le cadre du Plan Maroc Vert. La «guerre» menée contre cet insecte avait également contraint les responsables du département de l’Agriculture à ordonner l’arrachage des cactus des plantations déjà touchées. Face à cela, la lutte intégrée contre la cochenille du cactus s’est articulée autour de quatre axes principaux. D’abord, la lutte chimique combinée à l’arrachage et l’enfouissement des plants infestés et endommagés. Ensuite, la lutte biologique utilisant des insectes prédateurs de la cochenille. Et enfin, la sélection génétique de variétés résistantes. Pour ce dernier cas, après d'intenses recherches et de travail de terrain, l'INRA a inscrit au Catalogue officiel les premières variétés de cactus résistantes à la cochenille. Au nombre de 8, elles sont issues de la collection des cactées de l'Institut.

    ■ Arganier, inscription des premières têtes de clones

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    Six têtes de clones d'arganier ont été inscrites en 2018 au Catalogue officiel. Ces têtes de clones se distinguent par une productivité élevée et une large adaptation aux conditions environnementales des zones cibles: berceau de cette espèce endémique et zones d'extension, est-il expliqué. L'INRA élargit ainsi l'offre pour l'installation de nouveaux vergers avec un matériel génétique performant et respectant le calendrier de plantation établit par le MAPDREF.

    ■ La «Baraka» du colza

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    «Baraka» est la sixième née des variétés de colza de l'INRA. Inscrite au Catalogue officiel, cette variété «se distingue par sa productivité, son rendement potentiel en graines dépassant les 30 q/ha et sa teneur en huile moyenne supérieure à 43%», explique l'Institut. Cette variété est aussi «de maturité assez précoce et est relativement tolérante au stress d'hypoxie dû à l'excès d'eau (hydromorphie)». Elle est recommandée pour les zones humides et sub-humides, notamment le Gharb et le Loukkos.

    ■ Des fèves plus productives et résistantes

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    Le portefeuille variétal de l'INRA vient de se renforcer de deux nouvelles variétés de légumineuses alimentaires: la fève «Hiba» et la féverole «Zina». Ces deux variétés, est-il expliqué, sont «hautement productives avec des rendements moyens respectifs de 30 et 29 quintaux à l'hectare». Elles sont de plus résistantes à plusieurs maladies. Ces variétés sont destinées à la production en sec et sont recommandées aux différentes zones agro-écologiques du Maroc.

    Jamal Eddine HERRADI

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