×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    International

    OCDE: L’enseignement, un paysage qui se transforme

    Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5539 Le 20/06/2019 | Partager
    Tester, réviser et améliorer des pratiques spécifiques
    Rendre le professorat plus intéressant d’un point de vue financier et intellectuel
    Résultats de l’enquête TALIS

    Promouvoir un enseignement de qualité pour chaque élève, soutenir le développement professionnel des enseignants et des chefs d’établissement tout au long de leur carrière, tirer le meilleur parti du temps des enseignants pour soutenir un enseignement de qualité…

    Voici des pistes proposées par l’OCDE dans son rapport intitulé «Des enseignants et chefs d’établissement en formation à vie», établi à partir de l’Enquête internationale sur l’enseignement et l’apprentissage (TALIS, résultats 2018) (1).

    A peine plus de la moitié des enseignants des pays de l’OCDE y participant ont été formés à l’utilisation de technologies appliquées à l’enseignement, et moins de la moitié estiment qu’ils étaient bien préparés lorsqu’ils ont commencé à enseigner. Pourtant, deux tiers d’entre eux indiquent que la formation professionnelle la plus utile qu’ils aient suivie portait sur l’innovation dans l’enseignement.

    Voici quelques recommandations:

    ■ Repenser les pratiques pédagogiques: Il faut tester, réviser et améliorer des pratiques spécifiques. Dans les pays de l’OCDE ayant participé à l’enquête TALIS, 78% seulement d’un cours type sont consacrés à l’instruction, le reste étant consacré à la discipline (13%) et aux tâches administratives (8%). Le temps passé en classe à l’instruction proprement dite est bien moindre dans les établissements accueillant un nombre élevé d’élèves issus de milieu socioéconomique défavorisé. Les écarts sont particulièrement marqués en Afrique du Sud, en Arabie saoudite, en Alberta (Canada), en Australie, en Autriche, en Angleterre, en Belgique (Communauté flamande), aux États-Unis et en France.  Dans la plupart des pays, les relations entre les élèves et leurs professeurs se sont améliorées depuis 2008. 95% des enseignants estimant que les relations élèves-professeurs sont généralement bonnes. Toutefois, 14% des chefs d’établissement signalent des actes réguliers d’intimidation ou de harcèlement entre élèves.

    ■ Perfectionnement professionnel: Plus de 90% des enseignants et chefs d’établissement ont suivi au moins une activité de formation professionnelle au cours des douze mois précédant l’enquête. Mais seuls 44% d’entre eux suivent des formations sous forme d’apprentissage par les pairs et par réseau, alors que l’apprentissage collaboratif est identifié par les enseignants comme ayant le plus d’incidence sur leur travail. La moitié environ des enseignants et des chefs d’établissement interrogés précisent que leur participation aux activités de perfectionnement professionnel disponibles est limitée par des contraintes d’emploi du temps et par un manque d’incitations. La formation initiale et continue des enseignants qui met l’accent sur des pratiques pédagogiques efficaces pourrait favoriser l’emploi de pédagogies liées à l’activation cognitive.

    ■ Revoir le volet financier et intellectuel: Les pays doivent rendre le professorat plus intéressant d’un point de vue financier et intellectuel pour pouvoir faire face à la demande croissante d’enseignants de haut niveau partout dans le monde. Il est essentiel d’attirer vers la carrière enseignante les candidats les plus brillants pour s’assurer que les jeunes acquièrent les bonnes compétences. «La qualité d’un système éducatif se juge à l’aune de celle des enseignants qui le composent», a souligné Andreas Schleicher, directeur de l'éducation et des compétences à l’OCDE. Pour lui, «les gouvernements doivent accorder aux enseignants et aux chefs d’établissement la confiance et l’autonomie dont ils ont besoin pour innover et instaurer une culture collaborative dans chaque établissement».

    ■ Carrière et profils: L’enseignement était le premier choix de carrière de deux professeurs sur trois dans les pays de l’OCDE participants, mais pour seulement 59% des hommes, contre 70% des femmes. Près de 90% des enseignants citent la possibilité de contribuer au développement des enfants et d’œuvrer pour la société comme l’un des principaux déterminants de leur choix de carrière et 61% seulement précisent que la stabilité professionnelle offerte par l’enseignement a compté dans leur décision. Les enseignants ont, en moyenne, 44 ans. L’âge moyen va de 36 ans en Turquie à 50 en Géorgie. La plupart des enseignants sont des femmes (68%), hormis au Japon (42%), mais elles ne représentent que 47% des chefs d’établissement.

    ■ Favoriser l’ouverture à l’innovation: La généralisation des pratiques novatrices par les enseignants et les établissements s’avère une perspective intéressante en matière d’innovation. En moyenne, dans les pays et économies de l’OCDE participant à TALIS, environ 70% à 80% des enseignants et plus de 80% des chefs d’établissement considèrent leurs collègues comme ouverts au changement et leurs établissements comme des lieux à même d’adopter des pratiques innovantes. Cependant, ce point de vue est moins répandu parmi les enseignants jeunes et débutants que parmi les enseignants plus expérimentés. Il est également moins répandu dans les pays européens que dans d’autres parties du globe.
    … Et les TIC: Un peu plus de la moitié (56%) des enseignants dans l’OCDE ont été formés à l’utilisation des technologies de l’information et de la communication appliquées à l’enseignement dans le cadre de leurs études ou de leur formation. C’est en Suède et en Espagne que la formation aux TIC est la moins répandue (respectivement, 37% et 38%), tandis qu’elle est courante au Chili (77%) et au Mexique (77%). Environ 18% des enseignants dans l’OCDE font toujours état d’un besoin important de perfectionnement professionnel en TIC appliquées à l’enseignement. Un chef d’établissement sur quatre cite le manque et l’inadaptation des technologies numériques comme obstacle à une instruction de qualité.

    ■ Gérer les flux migratoires: L’évolution récente des flux migratoires a une incidence sur la composition des classes. Près d’un tiers des enseignants des pays de l’OCDE indiquent travailler dans un établissement où au moins 1% des élèves sont des réfugiés et 17% des enseignants travaillent dans un établissement où au moins 10 % des élèves sont issus de l’immigration. Dans l’ensemble, 95% des chefs d’établissement indiquent que leurs enseignants estiment que les enfants et les jeunes devraient apprendre que des personnes de cultures différentes ont en réalité beaucoup en commun. 80% des enseignants signalent travailler dans un établissement ayant intégré des problématiques mondiales dans l’ensemble des programmes scolaires et précisent qu’ils enseignent à leurs élèves comment faire face aux discriminations ethniques et culturelles.

                                                              

    Sécurité à l’école

    securite-a-lecole-039.jpg

    Le message de l’OCDE est clair. Les décideurs politiques, les chefs d’établissement, les enseignants et les parents doivent veiller à ce que les établissements soient des environnements sécuritaires. En moyenne dans les pays de l’OCDE, les établissements en 2018 sont, pour la plupart, à l’abri d’incidents hebdomadaires ou quotidiens en matière de sécurité scolaire et offrent ainsi aux élèves des environnements d’apprentissage sûrs.

    Dans l’ensemble des pays de l’OCDE, 50% des enseignants déclarent avoir suivi une formation en gestion de la classe et du comportement des élèves dans le cadre de leurs activités de développement professionnel récentes.

    Si 85% des enseignants estiment pouvoir gérer les comportements perturbateurs en classe, un pourcentage important d’entre eux dans les pays de l’OCDE (14%) expriment un fort besoin de développement professionnel dans le domaine de la gestion de la classe et du comportement des élèves. Le problème de la gestion des questions disciplinaires est particulièrement urgent et constitue un obstacle à la qualité de l’enseignement dans les établissements.

    Aussi, les enseignants, le personnel scolaire et les élèves peuvent jouer un rôle important dans la prévention de l’intimidation. Ils pourraient établir un code de conduite et également mettre en place des cadres de surveillance. Enfin, l’inclusion de l’apprentissage socio-émotionnel durant les heures normales de classe peut améliorer les compétences interpersonnelles et intrapersonnelles des élèves et créer un environnement scolaire globalement sain.

    Fatim-Zahra TOHRY

    ---------------------------------------------------------------------

    (1) Presque 260.000 enseignants et chefs d’établissement de 15.000 établissements primaires et secondaires des premier et deuxième cycles dans 48 pays ont pris part à cette troisième édition de l’enquête TALIS.

    • SUIVEZ-NOUS:

    1. CONTACT

      +212 522 95 36 00
      abonnement@leconomiste.com
      mareaction@leconomiste.com
      redaction@leconomiste.com
      publicite@leconomiste.com
      communication@leconomiste.com

      70, Bd Al Massira Khadra
      Casablanca, Maroc

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc