×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Analyse

    Stratégie africaine du Maroc: Comment activer les leviers de la co-émergence

    Par Mohamed Ali Mrabi | Edition N°:5493 Le 11/04/2019 | Partager
    Rabat consacre la doctrine du développement autonome du continent
    Le retard dans de nombreux domaines, un tremplin pour adopter de nouvelles solutions
    Appel au renouveau du modèle africain

    L’image est ancrée dans les esprits. Le Roi Mohammed VI s’adressant aux chefs d’Etat et de gouvernement réunis à l’occasion du 28e Sommet de l’Union africaine en janvier 2017: «Nous, peuples d’Afrique, avons les moyens et le génie, et nous pouvons, ensemble, réaliser les aspirations de nos peuples».

    L’ambition de développer le continent en comptant sur ses propres moyens est devenue une véritable doctrine pour le Maroc. Cette orientation s’appuie sur un triple impératif, comme l’a souligné le rapport stratégique 2018 de l’Institut royal des études stratégiques (IRES). Il s’agit de croire en l’Afrique, de repenser le continent, de travailler ensemble et d’échanger équitablement.

    Concrètement, «le Maroc veut construire avec les Etats africains un pôle de stabilité, et développer un grand ensemble régional». Depuis quelques années, l’approche adoptée vis-à-vis des pays subsahariens est «axée sur le concept de co-émergence et de développement humain durable».

    L’objectif est de «bâtir, ensemble, des économies solides, à travers le transfert des savoir-faire, la formation des ressources humaines, le partage de l’expertise, l’investissement dans les secteurs clés de l’économie africaine et la mutualisation des ressources (Lire Article)».

    Cette nouvelle vision est en rupture avec les approches classiques d’aide au développement. Dans cette configuration, la confiance en l’Afrique est un facteur déterminant. Surtout que «les raisons de l’afro-pessimisme sont nombreuses», estiment les experts de l’IRES. Ils ont pointé notamment les maladies sexuellement transmissibles, la corruption endémique, l’urbanisation chaotique, le déficit d’infrastructures…

    Autant d’éléments qui concourent à alimenter les réticences croissantes des multinationales, mais également des investisseurs publics et privés à financer des projets sur le continent. Pourtant, plusieurs études et rapports d’instances internationales soulignent que l’Afrique offre de véritables gisements de croissance. Dans cette ambition de co-émergence, le continent peut miser sur une série d’atouts.

    «Cette marche en avant n’obéit pas à la linéarité historique occidentale», est-il précisé. L’évolution au niveau des pays subsahariens semble plus caractérisée par le «leapfrog». Il s’agit d’un bond qui permet de sauter certaines étapes de développement.

    Par exemple, certaines populations sont équipées de smartphones, sans avoir passé, au préalable, par la phase du téléphone filaire. Pour les responsables de l’IRES, «ce retard dans de nombreux domaines sert de tremplin pour adopter de nouvelles solutions, comme l’énergie décentralisée, l’enseignement à distance, les micro-fintech…».

    Cependant, cette dynamique au niveau du continent doit s’accompagner de «l’invention d’un nouveau modèle africain pour faire face aux grands enjeux». Le Maroc peut jouer un rôle décisif dans ce processus. Surtout qu’il s’agit de lancer des chantiers dans lesquels il dispose d’une expertise, régulièrement sollicitée par plusieurs pays de la région.

    Selon le rapport de l’IRES, cette refonte du modèle africain doit porter sur l’aménagement urbain, appelé à être plus adapté aux défis du continent. Idem pour le développement du secteur agricole. L’objectif est de favoriser une production en quantité suffisante, de régénérer les biomes et de valoriser l’agriculture traditionnelle. Ce document plaide également pour une approche cohérente à l’échelle du continent. «C’est la meilleure manière d’apaiser les rivalités internes, qui pourraient encore s’exacerber», est-il indiqué.

    Les leviers du changement

    Le développement autonome passe par la mise en place d’une série de prérequis. «L’Afrique, déjà en marche, doit rapidement s’emparer des leviers du changement, ouvrant l’accès au monde de demain», peut-on lire dans le rapport stratégique de l’IRES. Plusieurs transitions doivent être menées. D’abord, au niveau énergétique. «C’est le 1er levier à actionner, pour arrêter les dégradations générées par les systèmes actuels et accompagner la dynamique de développement». Idem pour la transformation digitale. Un domaine dans lequel les opérateurs du continent se sont déjà lancés, «à un moment où la bataille numérique ne fait que commencer». Autre levier à activer: la transition économique. L’objectif est de favoriser la création d’une plus grande valeur ajoutée. Parallèlement, ce rapport appelle à passer à l’économie de la demande, en misant sur l’approche collaborative et à l’innovation hybride.

    L’Afrique en chiffres

    16,4% est la part de l’Afrique dans la population mondiale en 2016
    32% de la population mondiale en 2050 sera africaine
    2,9% est la part du continent dans le PIB mondial
    41% de la population africaine est âgée de moins de 15 ans
    60% des chômeurs africains sont âgés entre 15 et 24 ans

    M.A.M.

    Retrouvez dans la même rubrique

    • SUIVEZ-NOUS:

    1. CONTACT

      +212 522 95 36 00
      abonnement@leconomiste.com
      mareaction@leconomiste.com
      redaction@leconomiste.com
      publicite@leconomiste.com
      communication@leconomiste.com

      70, Bd Al Massira Khadra
      Casablanca, Maroc

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc