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    Economie

    Benatiq mobilise les compétences marocaines de Belgique

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5480 Le 25/03/2019 | Partager
    Un levier pour la promotion de l’investissement et le transfert du savoir-faire
    Plus de 700.000 Marocains vivent dans ce pays
    Le premier Forum des ONG du monde à Marrakech en octobre prochain
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    «Les compétences marocaines de Belgique sont appelées à jouer des rôles d’avant-garde dans les sociétés d’accueil et d’origine», a souligné Abdelkrim Benatiq (Ph. Bziouat)

    Pour le premier Forum maroco-belge de vendredi dernier, Abdelkrim Benatiq a mis les petits plats dans les grands. Le ministre des MRE et des Affaires de la migration était vendredi dernier dans son élément au milieu d’une assistance composée de compétences marocaines de Belgique, visiblement émues de se sentir au centre de tant d’attention.

    Ce forum, placé sous le thème du «partenariat novateur au service des compétences», s’inscrit dans le cadre de la stratégie de son département visant à mobiliser les compétences marocaines à l’étranger, en les considérant comme des acteurs incontournables du développement économique et social du pays.

    Ces compétences constituent un levier décisif dans la promotion de l’investissement, le transfert d’expertise et du savoir-faire afin de contribuer aux différents chantiers initiés par le Roi. Pour Abdelkrim Benatiq, «ce potentiel est constamment sollicité pour participer, d’une manière efficace et efficiente, au processus de développement et de modernité dans lequel le Maroc s’est résolument engagé».

    Avec un discours spontané et direct, il a réussi à accrocher une assistance avertie, composée d’entrepreneurs, de médecins, de scientifiques… autant de compétences marocaines de Belgique appelées à «jouer des rôles d’avant-garde. Elles sont un pont entre la culture et les références des sociétés d’accueil et d’origine», dira le ministre.

    Par mobilisation, il entend leur intégration dans la dynamique enclenchée dans les deux pays. Ce qui signifie qu’elles seront «présentes dans les orientations d’investissement, la connaissance du développement du Maroc et la médiation pour le transfert des technologies qui nous manquent dans certains secteurs. C’est le grand défi, ce capital humain dont nous sommes fiers», a indiqué Abdelkrim Benatiq.

    Rachid Madrane, ministre belge de la Jeunesse et des Sports, abonde dans le même sens. Pour lui, il est loin le temps de l’émigration économique, sans instruction, partie pour une courte période mais finalement restée en Belgique pour toujours. Les parents, souvent analphabètes, ont tenu à la scolarité de leurs enfants.

    Aujourd’hui, on compte des médecins, des scientifiques, des consultants, des entrepreneurs, des artistes,… autant de «descendants belges d’immigrés marocains. Vous êtes l’illustration de la diversité et de la réussite. Vous êtes la preuve vivante du dynamisme de la diaspora marocaine», a martelé le ministre belge sous les applaudissements de l’assistance.

    Rachid Madrane, originaire de Berkane, a fourni quelques chiffres qui donnent une idée sur le chemin parcouru. En effet, selon le rapport de l’OCDE de 2017 consacré à l’immigration dans les pays de l’Organisation, plus de 31% des déscendants d’émigrés marocains d’Europe détiennent un diplôme de l’enseignement supérieur.

    Cette tendance haussière est tirée par les femmes avec une augmentation de 125%. Il faut reconnaître que ces exploits s’expliquent également par le système d’intégration belge, reconnu à l’échelle internationale.

    Pour preuve, lors de la dernière commission mixte maroco-belge de 2016, l’immigration a été, pour la première fois, intégrée dans la coopération en plus d’autres domaines comme l'agriculture, l'industrie, les services ou le dessalement de l'eau.

    «Ce geste dénote de la grande audace dont ont fait preuve Bruxelles et Rabat. Car, la majorité des pays tentent de s’éloigner de ce sujet sensible, de peur des opinions publiques ou des forces conservatrices qui exploitent politiquement cette thématique pour des visées électoralistes», a souligné Abdelkrim Benatiq.

    Ce dernier ne s’est pas empêché d’exprimer son admiration pour le travail des associations de la société civile en Belgique. Une occasion pour annoncer l’organisation du premier grand Forum, rassemblant les ONG actives dans les différentes régions du monde. Cet évènement sera organisé à Marrakech en octobre prochain.

    L’objectif est de dresser un premier bilan des 20 ans de l’action associative. «Nous ferons un effort collectif pour rehausser le travail des associations vers plus de professionnalisme, plus de productivité et de créativité», dit-il. Selon lui, en l’absence de la société civile, le ministère, l’ambassade ou les autres secteurs seront incapables de réussir l’encadrement nécessaire. Surtout que la volonté royale est d’inscrire les Marocains du monde comme partie prenante des défis du futur.

    Recommandations

    Les participants ont souhaité instaurer une régularité de ce forum en l’organisant annuellement au Maroc et en Belgique. L’idée de proposer que le prochain aura lieu en Belgique a été retenue. Ils ont également insisté sur la nécessité d’organiser les Marocains du monde de Belgique pour agir efficacement en tant que groupe soudé avec des intérêts communs. Le réseautage existant en Flandre doit être dupliqué aux autres régions. Il a été question de la mise en avant des outils et des programmes des banques pour soutenir les porteurs de projets au Maroc. Ces compétences ont également proposé de créer des liens avec les acteurs de l’économie sociale et solidaire en mettant en avant le rôle des associations pour la transmission des valeurs de respect et de considération. Une autre recommandation a porté sur la facilitation de la participation politique des MRE belgo-marocains au Maroc.

                                                                                  

    Les points cardinaux de l’ambassadeur

    Mohamed Ameur, ambassadeur du Maroc en Belgique, a été de cette aventure. Dans son intervention, l’ancien ministre des MRE s’est limité à trois points, jugés essentiels. Primo: les compétences marocaines de Belgique jouent un rôle de levier dans la coopération entre le Maroc et la Belgique. On l’a vu à l’occasion de la mission économique belge au Maroc en 2018 où la présence de ces compétences a été très significative.

    Mais, aujourd’hui, force est de constater que «ce qui nous manque est un minimum d’organisation et de structuration. Il faudra penser rassembler toutes ces énergies dispersées», a indiqué l’ambassadeur. Il a donné l’exemple de l’initiative en Flandre qui a consisté en la création de l’Association des entrepreneurs indépendants flamands marocains, présidée par Abdelilah Chatar. Mohamed Ameur espère que les régions de Bruxelles et la Wallonie lui emboîtent le pas.

    Deuxio: l’ambassadeur accorde une importance de premier plan aux jeunes. «Les universités d’été et d’hiver doivent s’intensifier et ceux qui ont réussi en Belgique doivent prendre en main les choses. Car, on ne se retrouve pas en tant que communauté, puisque la solidarité entre ses composantes est très limitée», a-t-il ajouté.

    Tercio, la question culturelle. Pour lui, investir la culture est devenu une nécessité. Il a profité de l’occasion pour «lancer un appel au gouvernement pour que le Maroc dispose d’un espace culturel dans Bruxelles, la capitale de l’Europe».

    Mohamed CHAOUI

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