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    Réforme des retraites en France: Le débat reprend

    Par L'Economiste | Edition N°:5478 Le 21/03/2019 | Partager
    L’âge de départ ne sera pas modifié
    La priorité est de créer un système universel
    Un euro cotisé donnera les mêmes droits

    Pas de remise en cause des 62 ans, mais des incitations à partir plus tard à la retraite… La ministre des Solidarités Agnès Buzyn a tenté d'apaiser la polémique née de ses déclarations inattendues en faveur de l'allongement de la durée du travail.

    «Aucune modification de l'âge minimal de départ à la retraite n'est envisagée, ni sur la table des négociations que pilote le Haut-commissaire à la réforme des retraites Jean-Paul Delevoye», a assuré la ministre lors des questions des députés au gouvernement. La priorité est de créer un système universel qui donne pour un même euro cotisé les mêmes droits à chacun. Ceci au moment où un projet de loi est attendu après les élections européennes du 26 mai.

    Deux jours plus tôt, Agnès Buzyn avait expliqué ne «pas être hostile à l'idée de retarder l'âge de départ en retraite, n'excluant pas de proposer un allongement de la durée de travail». Des propos tenus à titre personnel, qui ont fait bondir les syndicats, consultés depuis plus d'un an sur la réforme, avec la garantie que l'âge légal de 62 ans serait maintenu, conformément aux promesses de campagne d'Emmanuel Macron.

    Le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin a embrayé sur la proposition d'Agnès Buzyn, la jugeant courageuse et digne d'être étudiée. Pour lui, il ne «sera pas possible de financer les propositions qui ont émergé du grand débat sans toucher à la dépense sociale composée en très grande partie des retraites».

    Aucune décision sur aucune réforme n'a été prise, rassure-t-on du côté de l’Elysée. Le Premier ministre Edouard Philippe avait de son côté jugé «légitime» la question du report de l'âge de départ, conditionnant cette piste à la prise en charge de la dépendance, qui va nécessiter des investissements massifs.

    L'exécutif doit en outre composer avec des prévisions dégradées depuis la campagne électorale, quand le candidat Macron affirmait que «le problème des retraites n'était plus financier».

    Le Haut-commissaire à la réforme des retraites (www.reforme-retraite.gouv.fr) avait examiné avec les organisations syndicales et patronales les évolutions possibles de ces départs anticipés dans un système universel de retraite. Et ce, dans lequel toute dérogation à la règle générale de départ à 62 ans, âge légal minimal, doit être justifiée par des critères objectifs.

    Il a souhaité recueillir leur avis sur les principes qui devraient être retenus pour des métiers similaires entre le secteur public et le secteur privé et les critères, spécifiques à la fonction publique ou aux régimes spéciaux, qui pourraient justifier un âge de départ à la retraite dérogatoire. Les échanges ont également abordé la possibilité d’élargir le compte professionnel de prévention à l’ensemble des salariés, qu’ils soient salariés du secteur privé ou du secteur public.

    Jean-Paul Delevoye a enfin souhaité connaître leurs positions quant aux conséquences en matière de financement du maintien éventuel de dérogations. Il a rappelé qu’en tout état de cause, les éventuelles évolutions de ces dispositifs interviendront dans le cadre de transitions longues et adaptées aux situations concernées.

    Une autre phase de concertation se déroule du 18 au 22 mars, et devra aborder les questions relatives à la gouvernance et à l’architecture institutionnelle du système universel.

    Equation budgétaire

    retraite_france_078.jpg

    Selon les dernières projections du Conseil d'orientation des retraites (COR) datées de juin 2018, le solde financier du système s'établirait à -0,2% du PIB en 2022 (soit un trou d'environ 5 milliards d'euros). Pour le combler, l'exécutif peut s'appuyer sur trois leviers: les cotisations, le niveau des pensions et l'âge de départ. Il a déjà décidé une hausse générale de la CSG début 2018, avant de faire marche arrière pour une partie des retraités, en pleine crise des «gilets jaunes». La désindexation des pensions de base, qui ont moins augmenté que l'inflation cette année, pourrait suivre la même voie, la majorité envisageant une réindexation en 2020 pour les retraités modestes. Reste donc l'option de l'âge de départ, plébiscitée par le patronat. Le Medef souhaite inciter les assurés à partir plus tard que l'âge légal, par exemple en s'inspirant du bonus-malus mis en place sur les retraites complémentaires des salariés du privé (Agirc-Arrco). Une solution qui permettrait à l'exécutif de ne pas trahir l'engagement présidentiel sur l'âge légal.

    F. Z. T. avec agences

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