Politique

Le réquisitoire de l’Istiqlal contre le gouvernement

Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5455 Le 18/02/2019 | Partager
Nizar Baraka appelle à une évaluation des politiques sectorielles
Le programme gouvernemental doit être révisé
Le scrutin uninominal plus pertinent pour les alliances avant les élections

Dans le réquisitoire contre le gouvernement, Nizar Baraka n’a pas fait dans la dentelle. En effet, en dépit des consignes royales, l’exécutif n’a pas produit sa mouture pour le modèle de développement. Ce n’est pas le cas de son parti qui a élaboré sa vision sur le sujet, à partir de l’implication des bases.

Pour lui, le modèle de développement est une étape importante qui doit déboucher sur un contrat social, approuvé par le Conseil des ministres et le Parlement. Suite à cela, la compétition entre les partis politiques est ouverte. Une critique formulée à l’occasion d’une rencontre organisée par la Fondation Fkih Abou Bakr Tétouani jeudi soir à Rabat.

Le secrétaire général de l’Istiqlal n’a pas été tendre avec le gouvernement, tout en espérant qu’il puisse aller au terme de son mandat. Cette politesse de circonstance ne l’empêche pas de réclamer deux choses à l’exécutif. D’abord, il s’agit de réaliser l’évaluation des politiques sectorielles devant se terminer en 2020. Cette mission doit être confiée à des instances indépendantes au lieu des ministères. Ensuite, il est impératif de procéder à une révision du programme gouvernemental.

Autre critique de taille: la recommandation royale visant à augmenter le soutien apporté aux partis politiques, formulée lors d’un discours l’année dernière, n’a pas été prise en compte par le gouvernement. La preuve, rien n’a été prévu dans la loi de finances en vigueur, note-t-il.

Au cours de ce débat marqué par un franc-parler, Nizar Baraka a concédé que son parti a perdu 30% des voix au cours des dernières élections. Plusieurs éléments sont à l’origine de ce recul: la sortie du gouvernement, des prises de position et une forte dose de populisme.

Pour remonter la pente, il travaille à redresser la situation. L’idée est de réanimer l’Istiqlal par plusieurs initiatives dont notamment la campagne de réconciliation, la révision de la formation et des alliances sur la base de programmes. Pour le secrétaire général, l’étape de préparation du modèle de développement est propice à l’émergence de pôles politiques homogènes.

A cette occasion, il a appelé à la refonte du code électoral puisque le système de liste ne favorise pas les alliances préalables. D’où la nécessité de le réformer pour revenir au système uninominal qui a fonctionné au Maroc pendant des décennies.

Il s’en est pris à l’article 47 de la Constitution qui stipule que «le Roi nomme le chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête des élections des membres de la Chambre des représentants et au vu des résultats». Cette disposition, critiquée par d’autres responsables politiques, pousse vers une concurrence des partis pour la première place quels que soient les moyens utilisés.

Une allusion à la bataille que se livrent deux formations de la majorité (le RNI et le PJD), au point de se lancer dans une campagne électorale avant l’heure. Cette situation ralentit le rythme de travail gouvernemental et impacte négativement les intérêts des citoyens. D’où la nécessité d’une évaluation de cette disposition constitutionnelle pour en détecter les failles. L’objectif est de procéder à une révision de la loi fondamentale pour plus d’efficacité.

Sur la dernière campagne de boycott, il a épinglé le silence du gouvernement. Pour Nizar Baraka, cette opération de la classe moyenne, sans pouvoir d’achat, a été ignorée par le gouvernement qui n’a pris aucune disposition relative à l’impôt sur le revenu. Le plus grave est ailleurs: les citoyens ont atteint leur but, puisque les prix ont fini par baisser, sans le gouvernement dont ils n’attendent plus rien, a affirmé le secrétaire général de l’Istiqlal.

Par contre, son parti a fait des propositions, via un mémorandum adressé au chef du gouvernement. En recevant les responsables du parti un mois après, Saâdeddine El Othmani avait promis d’introduire les propositions de l’Istiqlal dans la loi de finances de 2019. En réalité, il n’a rien fait, dit-il.

Le dialogue social en panne a eu son lot de critiques. En effet, l’actuel et le précédent gouvernement ont affaibli les rapports avec les centrales syndicales et le patronat. Ils ont détruit ce qui a été mis en place auparavant. Il s’agissait de deux sessions du dialogue social, l’une en avril et l’autre en septembre au moment de la préparation de la loi de finances. 

Sur ce dossier, Nizar Baraka est catégorique: avec les syndicats, le gouvernement a fonctionné selon une logique punitive parce qu’ils ont refusé son offre. Il fallait qu’il commence par augmenter les salaires de 200 DH et les allocations familiales tout en poursuivant le dialogue avec les centrales.  Il n’est pas non plus d’accord pour que le pilotage du dialogue social soit confié au ministre de l’Intérieur. Cette responsabilité doit incomber au chef du gouvernement, martèle-t-il.

Rénovation en marche

L'Istiqlal a entrepris la réorganisation de son appareil, avec un renouvellement des antennes régionales. Le parti a procédé au changement de format et de relation avec les inspecteurs. Désormais, à l’avenir, il s’agit de passer par le système de contrats avec des objectifs. Pour l’heure, la formule a concerné 10 inspecteurs. Nizar Baraka souhaite renforcer le chapitre des sympathisants. Ceci est d’autant plus important que l’Istiqlal, doté de l’un des appareils les plus présents au niveau local, veut mettre ses structures en phase avec la logique de la régionalisation.

M.C.

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