×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Analyse

    Mines antipersonnel: Le making-of d’une grande enquête

    Par Faiçal FAQUIHI | Edition N°:5454 Le 15/02/2019 | Partager
    De Tarfaya à El Guergarate, sur la piste des explosifs
    L’Economiste part à la rencontre des mutilés
    Un sujet très peu médiatisé et un périple à risque
    dakhla-route-el-guergarate-054.jpg

    Sur la route nationale qui mène de Dakhla au poste frontière El Guergarate. Ce périple remonte à mars 2017. La tension avec le Polisario était au summum (Ph. Bziouat)

    Beaucoup de nos concitoyens ignorent que le Maroc a ses victimes de mines antipersonnel. Un dossier pour lequel L’Economiste s’est engagé depuis plus de dix ans lorsqu’il a révélé les procédures étatiques kafkaïennes d’indemnisation et leur iniquité (cf. Edition n°2639 du 26 octobre 2007 et page suivante).

    La rencontre fortuite avec Brahim Al Idrissi a été déterminante.  Nous étions en route en cet automne de 2007, de Lâayoune vers Tarfaya. Le jeune musicien aveugle est natif de la région. Croyant que c’est un jouet, une mine lui éclata entre les mains à l’âge de 12 ans. Son témoignage nous a mis sur la piste meurtrière de ces engins explosifs.

    Les habitants des provinces du Sud -notamment à Essmara et Assa-Zag- sont la principale population à subir les déflagrations accidentelles. Dans ces régions, chaque pas est un pari contre la mort. Hommes, femmes et enfants. Personne n’est épargné (voir notre enquête «Une guerre après la guerre» n°4156 du 22 novembre 2013).

    Notre mission de reporter nous a menés également vers la ville de Assa, aux confins de l’une des zones militaires du sud du Maroc. Le pied gauche de Fatimatou Charki, 31 ans et sans emploi, a été mutilé en 2003. Un autre drame est survenu dans la région Assa-Zag. La famille El Kazan a vu, le 10 août 2005, ses trois enfants s’envoler: Fatima (2 ans), Omar (3 ans) et Izana (9 ans). Le regard digne et «la foi infaillible», Mohamed Chouiâr, 55 ans, était loin de se douter de continuer à vivre avec un seul pied. Une date et un lieu marquent la mémoire de ce brave chamelier: avril 2004 à Jninat, un patelin dans les environs de Zag.

    Notre périple continue au fil des ans. Et ce, jusqu’à ce que L’Economiste envoie son reporter à la frontière Maroco-mauritanienne. Nous sommes à El Guergarate, l’unique poste-frontière terrestre donnant accès à l’Afrique subsaharienne (cf. édition n°4979 du 13 mars 2017).

    C’est le Far-West version marocaine. La tension est à son comble dans la région. Le Polisario a posté depuis février 2017 ses milices dans la zone tampon. Le cessez-le-feu convenu avec Rabat en 1991 sous l’égide onusienne est menacé. Immortalisé par une chanson du groupe Jil Jilala, El Guergarate et ses environs regorgent de précieux sites géologiques mais... infestés.

    «Danger de mines», lit-on sur les panneaux de signalisation posés ici et là par les démineurs de l’armée. Le reporter de L’Economiste se déplace sur le terrain comme s’il marchait sur des œufs. Les mines antipersonnel traîtresses et leurs victimes ne quittent pas d’une semelle son esprit. «F.F. pour les intimes» est hanté par son sujet d’investigation... Et ça continue.

    F.F.

     

    • SUIVEZ-NOUS:

    1. CONTACT

      +212 522 95 36 00
      abonnement@leconomiste.com
      mareaction@leconomiste.com
      redaction@leconomiste.com
      publicite@leconomiste.com
      communication@leconomiste.com

      70, Bd Al Massira Khadra
      Casablanca, Maroc

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc