Economie

Le chômage en baisse, le taux d’activité aussi

Par Khadija MASMOUDI | Edition N°:5447 Le 06/02/2019 | Partager
112.000 emplois créés, le chômage recule à 9,8%
Les demandeurs d’emploi découragés en hausse
Les femmes, les jeunes et les diplômés toujours à la peine
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Avec 65.000 nouveaux postes, le secteur des services reste le premier pourvoyeur d’emplois. Ils sont pourvus dans des activités où l’informel est important: 34.000 dans le  commerce de détail hors magasin, 13.000 dans les services personnels et domestiques» et 12.000 dans la restauration et hôtellerie

Le gouvernement pourrait surfer sur la baisse du taux de chômage qui a cédé quelques points: 9,8% à fin 2018 contre 10,2% l’année précédente. Au total, l’économie a créé 112.000 d’emplois contre 86.000 en 2017: 91.000 en milieu urbain et 21.000 dans le rural. Sauf que le repli du taux de chômage tient plus de l’effet mécanique lié au recul du taux d’activité et du taux d’emploi qu’à la dynamique de l’activité économique.

Pas de quoi jubiler surtout avec une croissance économique peu tonique, 3% selon le HCP!
Découragés, plusieurs demandeurs d’emploi ne se présentent plus sur le marché du travail. Les statistiques du Haut-Commissariat au plan révèlent que  84.000 personnes étaient dans cette situation en 2018. Ce qui représente 7,2% des personnes au chômage contre 7% en 2017.

Le taux d’activité a cédé 0,5 point. Le phénomène est observé aussi bien dans le rural que dans l’urbain et il touche davantage les femmes que les hommes. L’écart des taux d’activité entre les deux sexes atteint 48,7 points. Le taux d’activité des femmes ne dépasse pas 22,2%.

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Avec 65.000 nouveaux postes, le secteur des services reste le premier pourvoyeur d’emplois. Ils sont pourvus dans des activités où l’informel est important: 34.000 dans le  commerce de détail hors magasin, 13.000 dans les services personnels et domestiques» et 12.000 dans la restauration et hôtellerie

Pour le Fonds monétaire international, les écarts hommes/femmes en termes de participation au marché du travail et d’entrepreneuriat ont un coût: 46% du revenu par habitant comparativement à une situation où les femmes auraient le même niveau de participation et d’entrepreneuriat que les hommes!

Le taux d’emploi, c’est-à-dire le rapport entre la population active occupée et la population en âge de travailler, a également cédé 0,2 point à 41,7%. Il a baissé dans le milieu urbain et  stagné dans le rural. L’écart des taux d’emploi entre hommes et femmes est de 46 points.

Ces statistiques renvoient à un phénomène alarmant: moins de la moitié de la population en âge de travailler contribue actuellement à la création de richesses et l’économie se caractérise par une faible capacité à insérer les jeunes et les femmes. Or, dans les pays émergents, le taux d’emploi tourne autour de 60% en moyenne!

Tous les secteurs ont créé de l’emploi. L’agriculture, forêt et pêche compte 19.000 nouveaux postes dont 15.000 dans la campagne. Il en a créé deux fois moins comparé à 2017 (42.000)! Ce secteur a enregistré une perte annuelle moyenne de 75.000 emplois en 2015 et 2016.  

Le secteur des services, principal pourvoyeur d’emplois ces dix dernières années, a assuré 65.000 postes, essentiellement en ville. Ce qui correspond à une hausse de 1,4% du volume d’emplois dans ce  secteur. Ils sont pourvus dans des activités où l’informel est important: 34.000 dans le  «commerce de détail hors magasin», 13.000 dans les «services personnels et domestiques» et 12.000 dans la «restauration et hôtellerie».

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Le taux de chômage des femmes atteint 24,3% dans les villes, celui des 15-24 ans est à 43,2%. Par ailleurs, les taux de chômage les plus élevés sont observés dans les régions de Guelmim-Oued Noun et de l’Oriental

Le secteur du BTP a créé 15.000 emplois dont 14.000 dans les villes. Des niveaux moyens comparativement aux années précédentes. Le BTP a souffert des retards enregistrés dans le lancement de la commande publique. Durant la période 2015-2017, ce secteur assurait en moyenne 22.000 postes par an.

L’industrie, y compris l’artisanat, a légèrement amélioré ses scores en termes de création d’emploi en particulier dans le «textile, bonneterie et habillement»: 13.000 postes contre une moyenne de 10.000 au cours des années 2015 et 2017.

Le chômage reste structurellement élevé parmi les femmes, les jeunes et les diplômés. Si, au niveau national, le taux de chômage des femmes atteint 14%, dans les villes, une femme sur quatre est sans emploi (24,3%). Pour les 15-24 ans, il est à 26% et dépasse le niveau national de 33,4 points dans les villes.

Les jeunes âgés de 25-34 ans ne sont pas mieux lotis: 21,2% de taux de chômage au niveau urbain. Les diplômés sont également à des niveaux de chômage élevé: 17,1% au niveau national et 19,1% en milieu urbain. Il touche particulièrement les lauréats de la formation professionnelle (23,3%) et  les diplômés de l’enseignement général (15,4%).

Six personnes sur dix sont à la recherche de leur premier emploi et plus des 2/3 des chômeurs attendent d’être embauchés depuis une année ou plus. Par ailleurs, 30,4% des chômeurs ont fait les frais d’un licenciement ou à l’arrêt de l’activité de l’établissement.

Khadija MASMOUDI

 

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