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    Formation professionnelle: Une offre complètement out!

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5441 Le 29/01/2019 | Partager
    Une architecture de diplômes obsolète et une législation datant d’il y a 30 ans
    Des classes encombrées, avec 52 stagiaires par formateur à l’OFPPT
    Déperditions et chômage, des taux préoccupants
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    Quelque 340 filières sont proposées dans différents secteurs, mais les stagiaires restent concentrés dans trois d’entre elles: les industries métallurgiques, métalliques et électromécaniques (IMME), le BTP et l’administration, et l’artisanat. L’offre de cursus est également plus fournie dans ces spécialités en plus de l’artisanat. D’autres secteurs porteurs restent mal servis, comme les services à la personne 

    Le tableau est bien sombre. Le dispositif de formation professionnelle au Maroc est à la fois désuet et déconnecté des besoins du marché du travail. Le Conseil supérieur de l’éducation l’a bien relevé dans son dernier rapport dédié au secteur (voir article précédent), validé lors de sa 15e session, les 14 et 15 janvier dernier.

    Or, comment prétendre à une économie compétitive sans disposer d’une machine de production de compétences correctement pensée? La grande bataille à mener aujourd’hui est celle des Hommes. Sans capital humain qualifié, point de progrès, dans un monde où tout est en train de changer.

    Pour commencer, les niveaux de diplomation proposés, à savoir spécialisation, qualification, technicien et technicien spécialisé, correspondent à une division du travail dépassée. Les niveaux «ouvrier spécialisé», «ouvrier qualifié» et «technicien» ont été abandonnés par la majorité des entreprises.

    «Ces niveaux ne correspondent évidemment plus aux organisations actuelles. Et puis, comment peut-on encore étaler des cursus sur deux ans. Durant ce délai, il peut se passer dix mille choses!» s’insurge Mohamed Slassi Sennou, président du directoire de l’Observatoire des métiers et compétences des branches professionnelles de la CGEM, ancien président de la commission formation professionnelle. Le modèle allemand, le plus réussi au monde, est bâti sur des formations courtes de quelques mois. Et c’est ce modèle que la CGEM est justement en train d’implémenter, en partenariat avec une organisation internationale allemande.

    «Dans le système allemand, les entreprises sont fortement impliquées. Ce sont elles qui recrutent les stagiaires, avant de choisir elles-mêmes un établissement de formation, afin d’alterner le parcours entre pratique et théorie», explique Slassi.

    Dans ce modèle, un socle commun de 3 ou 4 mois est offert. Il est complété par trois niveaux de qualification de 3 mois. A l’issue de chaque niveau, un certificat permettant au stagiaire d’aller sur le marché de l’emploi est octroyé. Le stagiaire peut ainsi rapidement travailler, et revenir se former quand il le souhaite pour achever tous les niveaux.

    Au Maroc, à part quelques rares secteurs, comme l’automobile ou l’aéronautique, la connexion avec le monde de l’entreprise reste faible, voire inexistante. Il n’y a pas d’outils permettant de sonder les besoins, aucune veille stratégique pour suivre les tendances, ni aucun dispositif d’adéquation formation-emploi.

    Le secteur marche un peu à l’aveugle, sans tableau de bord, ni système d’information global faisant remonter des informations de tous les acteurs du système. «Le marché du travail n’est pas du tout géré. Son fonctionnement exige des outils qui ne sont pas activés.

    Pour l’heure, personne ne peut prétendre connaître avec exactitude à quoi correspond la demande de travail par secteur ou par territoire», regrette Slassi. Son observatoire ainsi que celui relevant du ministère du Travail ne sont toujours pas pleinement opérationnels, en partie en raison du manque de coordination entre les différents intervenants.

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    Hormis le niveau spécialisation, l’indice de satisfaction de la demande de formation reste bas pour tous les autres, qui sont les plus sollicités. Moins de la moitié des candidats à ces niveaux y accèdent. Le système actuel ne prend pas non plus en charge les enfants ayant quitté l’école avant l’âge de 15 ans

    Des formateurs engagés sans formation ni expérience

    Les textes régissant la formation professionnelle, pour leur part, datent pour la majorité de plus de trente ans. Côté filières, environ 340 sont proposées. Néanmoins, les stagiaires restent concentrés sur trois secteurs: Les industries métallurgiques, métalliques et électromécaniques (IMME), le BTP et l’administration, gestion & commerce (voir illustration).

    Les conditions d’apprentissage ne sont souvent pas optimales. Les équipements sont pauvres et les contenus peu actualisés. La fameuse approche par compétences ne concerne que 50% des programmes dispensés. Les référentiels des emplois et métiers et ceux des emplois et compétences (REM/REC), eux, ne couvrent pas tous les secteurs et emplois.

    En classe, les sureffectifs ne permettent pas un encadrement adéquat, notamment dans le public. Selon le rapport du Conseil supérieur de l’éducation, la moyenne est de 52 stagiaires par formateur permanent à l’OFPPT, et de 41 dans les centres relevant des différents départements ministériels, contre 19 dans les établissements privés.

    Le secteur compte environ 19.500 formateurs (dont plus de 9.000 dans le privé). Les permanents sont souvent recrutés sans formation préalable, parmi de nouveaux diplômés sans background professionnel. Ils ne bénéficient que rarement de sessions de perfectionnement. Des vacataires sont bien employés (42% à l’OFPPT qui accueille près de 70% des effectifs), mais cela ne suffit pas.

    La formation alternée entre centres et entreprises reste, par ailleurs, limitée. Résultat des courses, des lauréats faiblement qualifiés et peu préparés à intégrer le marché de l’emploi. L’inadéquation de leur profil avec la demande des employeurs limite leurs chances d’insertion professionnelle.

    Leur taux de chômage (26%) est paradoxalement plus élevé que celui de leurs homologues de l’enseignement général (20%), selon le HCP. Selon le département de tutelle, leur taux d’insertion est de 62,9% après 9 mois du diplôme. Pour sa part, leur taux de diplomation est de 67%. Cela signifie que le tiers des effectifs quitte son parcours sans diplôme.

    Ahlam NAZIH

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