×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Entreprises

    Cnops: Alerte sur la situation financière

    Par Mohamed CHAOUI | Edition N°:5437 Le 23/01/2019 | Partager
    Plusieurs facteurs accentuent la détérioration des comptes
    Le faible taux de cotisation n’a pas bougé depuis 2006
    Un retraité cotise 3 fois moins qu’un actif et consomme le double
    cnops_037.jpg

    Entre 2006 et 2017, le nombre des médicaments pris en charge par la Cnops est passé de 1.001 à 4.236.  Idem pour les dispositifs médicaux couverts, estimés à 887 actuellement contre 167 auparavant. La liste des longues maladies a également enregistré une progression (41 à 54)

    La situation financière de la Cnops se détériore. Son DG, Abdelaziz Adnane, l’a martelé plus d’une fois ces derniers temps, particulièrement au Parlement. A l’occasion de la transformation de son établissement en Caisse marocaine d’assurance de santé (CMAS), à travers un décret-loi en octobre 2018.

    Il l’a également répété la semaine passée à l’occasion de la programmation de la Cnops devant la Commission des secteurs productifs de la Chambre des représentants. Son objectif est de sensibiliser les pouvoirs publics à un sursaut, par une réforme qui pourrait redresser la trajectoire baissière de son établissement, entamée depuis deux ans.

    En effet, l’alerte a été donnée puisqu’en 2016, la Caisse a enregistré un déficit technique de 225 millions de DH, amplifié l’année suivante par un autre de 301 millions de DH ajoutés à un déficit global de -22 millions de DH. Une partie de la contre-performance a été couverte par sa politique de placement pour retomber à -22 millions.

    D’autant qu’il est difficile de tenir l’équilibre avec des ressources évaluées à 4,98 milliards de DH en 2017 contre des dépenses qui ont atteint 5,38 milliards de DH. Le patron de la Caisse pointe le taux de croissance moyen des charges des prestations estimé à 9,3% contre 4 ,5% des cotisations.

    Ce qui lui fait dire que les résultats financiers annuels sont en recul. Au 31 décembre 2017, la valeur des provisions techniques déposées à la CDG a été de 2,442 milliards de DH. L’importance de ces provisions ne peut occulter la réalité de la tendance baissière des résultats financiers annuels.

    Pour le DG, plusieurs facteurs sont à l’origine de la détérioration de la situation financière de la Caisse. Il cite en premier « le taux faible des cotisations de 5%» qui n’a pas bougé depuis 2006 (2,5% payé par l’employeur et autant par le fonctionnaire).

    Ce n’est pas le cas pour la CNSS dont le taux pour les actifs est de 6,37% (4,11% pris en charge par l’employeur et 2,26% par le salarié). La différence se vérifie également pour les cotisations des retraités de la Cnops qui sont de 2,5% et ceux de la CNSS de 4,52%. La comparaison s’étend au plafond, inexistant à la CNSS.

    Pour convaincre, il cite la 2e révision des cotisations pour la CNSS en 2016 à la suite de l’introduction des frais dentaires dans le panier des soins. En outre, le taux de cotisation à la couverture médicale des indépendants a été fixé à 6,7% et 4,52%. Selon lui, la moyenne de sinistralité est estimée à 47% à la Cnops et à 22 % à la CNSS.

    Or, pour réaliser l’équilibre entre 2017 et 2020, une étude actuarielle de 2010 avait proposé d’augmenter le taux de cotisation à 7,48% sans plafond et 9,39% avec plafond. Pourtant, conserver le niveau du plafond des cotisations à 400 DH aboutit à une perte annuelle moyenne de 320 millions de DH.

    D’ailleurs, le conseil d’administration de la Caisse avait recommandé la même année la suppression de ce plafond. Il n’a pas été suivi. A cela s’ajoute le vieillissement de la population couverte impliquant un recul des cotisations et une hausse des prestations.

    Un retraité contribue trois fois moins qu’un actif mais consomme plus du double en médicaments. Ce qui n’arrange pas les comptes de la Cnops: le départ volontaire des 38.173 fonctionnaires avait abouti à une perte financière de 1,7 milliard de DH, sans prendre en compte les cas de la retraite proportionnelle de près de 11.000 fonctionnaires annuellement.

    Par ailleurs, le DG a pointé l’ampleur de la hausse des dépenses de soins entre 2006 et 2017. Parfois l’augmentation atteint +789% comme pour les consultations et +190% pour les hospitalisations.

    L’élargissement nécessaire du panier de soins est également montré du doigt. Ainsi, le nombre des médicaments pris en charge est passé de 1.001 à 4.236 actuellement, suite à des décisions prises par des ministres de la Santé. Idem pour les dispositifs médicaux couverts qui sont passés de 167 à 887.

    En outre, le prix des médicaments assombrit le tableau. La fermeture de la pharmacie centrale de la Cnops a eu comme effet d’augmenter les coûts allant jusqu’à +3,8 fois le prix des médicaments. L’impact financier de cette décision sur le budget de la Caisse est estimé à 73 millions de DH par an entre 2016 et 2025, selon une étude actuarielle réalisée par l’Anam. En plus, l’introduction des frais dentaires dans le panier de soins a coûté à la Cnops 167 millions de DH en 2016.

    Maladies chroniques

    La Cnops traîne d’autres boulets aux pieds. C’est le cas des maladies chroniques des assurés qui ont plus que doublé entre 2006 et 2017, passant de 2,3% à 5,7%, particulièrement avec le vieillissement de la population couverte. Cette catégorie a accaparé 49% des dépenses de soins en 2017. Ainsi, les différentes formes du cancer ont canalisé 666 millions de DH, l’insuffisance rénale 507 millions, suivi du diabète (336 millions de DH) et de l’hypertension (236 millions de DH).  
    En 2016, l’intégration du personnel de l’ONCF à la Caisse (45.500 bénéficiaires) a eu également son effet. Les cotisations de cette catégorie n’a pas permis la couverture de sa consommation en prestations, ce qui a provoqué un déficit financier de 38 millions de DH la même année et de 40 millions en 2017. La Cnops devra accueillir 25 autres établissements publics en plus des parents des adhérents du secteur public, estimés à 200.000 personnes.

    Mohamed CHAOUI

    • SUIVEZ-NOUS:

    1. CONTACT

      +212 522 95 36 00
      abonnement@leconomiste.com
      mareaction@leconomiste.com
      redaction@leconomiste.com
      publicite@leconomiste.com
      communication@leconomiste.com

      70, Bd Al Massira Khadra
      Casablanca, Maroc

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc