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Handling aéroportuaire: Swissport brigue une nouvelle concession en 2019

Par Amin RBOUB | Edition N°:5416 Le 20/12/2018 | Partager
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Christophe De Figueiredo, CEO de la filiale marocaine de Swissport: «L’aviation au Maroc n’a pas encore atteint son plein potentiel. Il y a encore de la croissance devant nous» (Ph. SP)

La filiale marocaine du groupe Swissport spécialisé dans le handling opère au Maroc depuis 2012. La concession prend fin le 30 septembre 2019. Le groupe compte soumissionner pour une 2e concession en 2019. Depuis son implantation, Swissport multiplie les investissements (plus de 200 millions de DH) via des projets de développement.

En 2018, Swissport Maroc réalise un chiffre d’affaires de 230 millions de DH. Le groupe est  présent dans 50 pays, 315  aéroports, dispose de 850 compagnies clientes, avec 265 millions de passagers et 4,7 millions de tonnes cargo traités par an. Il réalise un chiffre d’affaires de 3 milliards d’euros. Christophe De Figueiredo, CEO, explique les enjeux et les standards de cette activité complexe de l’aviation.

- L’Economiste:  Après 6 ans d’activité, quel est le bilan de Swissport dans les aéroports internationaux du Maroc?
- Christophe De Figueiredo:
Nous avons connu des débuts un peu difficiles en 2012, puisque nous sommes partis de zéro. Ensuite nous avons enchaîné avec un rythme assez soutenu et une croissance constante. Pour preuve, nous avons réalisé une croissance de plus de 20% entre 2017 et 2018. Nous sommes à la fois en croissance sur le chiffre d’affaires que sur les effectifs du staff. Nous tournons aujourd’hui avec 800 salariés, tous Marocains sauf moi. Je tiens à préciser que les 800 salariés relèvent du personnel de Swissport. Nous sommes partis d’une station, celle de Nador avec notre premier vol historique au Maroc. Aujourd’hui, nous en sommes à 13 stations. Très bientôt, vers la mi-2019, nous allons passer à 19 aéroports.

- Comment vous évaluez le développement de la concession de vos activités dans les aéroports?
- Aujourd’hui, l’aviation au Maroc n’a pas encore atteint son plein potentiel. C’est-à-dire qu’il y a encore de la croissance devant nous. L’industrie aérienne s’est beaucoup développée ces dernières années, mais elle n’a pas encore atteint tout son potentiel ici. Il y a plein d’indicateurs qui renseignent sur la croissance à venir. Je citerais à titre d’exemple la RAM qui fait l’acquisition de nouveaux appareils (Dreamliner, ATR 72 pour les lignes domestiques, 737 Max...), les augmentations de la flotte, les nouvelles compagnies qui arrivent, les ouvertures de nouvelles routes, la croissance des arrivées de touristes...

- Vu le potentiel de croissance, comptez-vous mener de nouveaux investissements pour optimiser les standards?
- Depuis le démarrage, nous avons investi quelque 250 millions de DH, essentiellement dans les équipements de pistes. Il y a d’autres types d’investissements, notamment sur le personnel et la formation de nos ressources. Nous sommes autour de 55 heures de formation par salarié/an, soit un total de plus de 40.000 heures de formation chaque année. Les formations portent sur la sécurité aéroportuaire, traitement d’un client mécontent... Cela va des aspects techniques et réglementaires au comportement et à la gestion du staff, des feedbacks, le code éthique...  Toutes les formations sont contrôlées, évaluées avec des reportings tous les mois.

- Le constat aujourd’hui fait que les passagers sont très critiques par rapport à la manipulation des bagages. Retards récurrents, pertes, dégradations de valises... Commet pallier ces limites?
- Nous travaillons tous les jours afin de rehausser les standards du traitement des bagages. Mais cette activité n’est pas si simple que cela. Dans un aéroport comme Casablanca, il y a 10 millions de passagers par an. Cela représente un minimum de 20 millions de valises, à raison de deux bagages par passager. C’est dire que les volumes sont importants. Ensuite, il y a beaucoup de manipulations qui sont faites. Cela va du checking, tapis roulant, machinerie, sécurité, chariots, jusqu’à la soute... à l’aller comme au retour. Du coup, vous imaginez que sur cette chaîne il y a des ruptures presque toutes les minutes et des possibilités de problèmes. Finalement, la valise n’est au repos qu’une fois en plein vol de l’avion. C’est un système assez complexe avec plusieurs niveaux d’intervention où interviennent à la fois la RAM ainsi que sa filiale RAM Handling, l’ONDA... Je vous assure qu’à Genève, la livraison de bagages n’est pas si rapide qu’à Casablanca.

- Comment faire pour anticiper les ruptures et éviter les problèmes tout au long du process?
- D’abord dispenser beaucoup de formation et superviser le personnel. Ensuite, mener des améliorations techniques au niveau des infrastructures aéroportuaires, des installations aux standards... Pour nous, nos standards sont très clairs. D’ailleurs, nous appliquons les mêmes standards au Maroc comme partout dans le monde.

- Combien de valises/pièces vous manipulez par an au Maroc?
- Cette année, nous aurons 60.000 vols entre les arrivées et départs. Là, on parle de quelque 8 millions de passagers, soit l’équivalent de 16 millions de valises. Et sur ces 16 millions de bagages, nous avons zéro perte en 2018. A l’international, nous traitons 265 millions de passagers au départ et autant à l’arrivée. Soit un minimum de 530 millions de valises.

- Comment vous traçabilisez et localiser les bagages là où ils passent?
- Tous les bagages sont dans un système qui s’appelle World Tracer et qui consiste à les suivre en ligne. Les différentes étiquettes permettent une lisibilité par les différentes machines, et ce pendant tout le processus. Sur le nombre total des bagages en circulation, celui des pertes est vraiment infime. C’est rare où cela arrive.

- A terme, quelles sont vos perspectives de développement au Maroc?
- Nous avons de grandes ambitions à la fois au Maroc et à l’échelle africaine. Nous avons des gisements de développement de par la croissance de nos clients, l’arrivée de nouvelles compagnies... Par ailleurs, il y a de nouveaux produits et de nouvelles activités que nous pourrons développer au Maroc, notamment le CLC (Centralised Load Control). C’est un service partagé que l’on vend à des compagnies aériennes. Ensuite, il y a le développement sur l’Afrique. Le Maroc nous sert de tête de pont pour le continent africain. Swissport opère déjà au Kenya, en Tanzanie, en Afrique du Sud, au Cameroun, au Nigeria, au Ghana, en Algérie... L’ambition au Maroc est de consolider les acquis en continuant le partenariat avec l’ONDA.

- Quelles autres solutions et prestations assurez-vous ailleurs mais pas encore au Maroc?
- Il y a le cargo, les aspects liés à la sécurité, le fueling (ndlr: la mise à bord du carburant), la maintenance... Autant de prestations qui font partie de notre cœur de métier en plus de l’assistance au sol, l’aviation privée...

- Si jamais vous êtes reconduit pour une 2e concession, comptez-vous investir et recruter encore?
- Bien évidemment, nous comptons doubler les effectifs de notre staff (autour de 1.600 salariés). C’est en fonction de l’évolution du business, de la croissance, de nos activités africaines. Sur l’investissement, nous avons engagé plus de 200 millions de DH. Pour la prochaine concession, nous comptons investir autant.

Propos recueillis par Amin RBOUB

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