International

L’agroalimentaire attire peu d’investisseurs

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5378 Le 24/10/2018 | Partager
16% de capitaux pour le quart du marché mondial
L’Allemagne et le Royaume-Uni mieux placés

L’agroalimentaire est-il le parent pauvre des IDE en Europe. C’est le constat que vient de dégager une étude de Digital Food Lab, consultant des entreprises du secteur. Alors que la part de l’agroalimentaire européen s’élève à 25% du marché mondial, les pays de l’Union n’ont attiré que 16% des investissements mondiaux entre 2014 et 2017. Des champions, des levées de fonds, intérêt d’investir dans l’innovation mais les moyens déployés restent un peu à la traîne par rapport aux Etats-Unis.

L’étude pointe un écart substantiel avec les sommes qui circulent aux Etats-Unis. Rien que le rachat pour 15 milliards de dollars par le géant américain de la distribution Walmart de Flipkart, numéro un en Inde du commerce en ligne, renseigne sur cet écart.

Financée notamment par l’agence de communication spécialisée Sopexa et la Chambre de commerce d’Ile-de-France, l’étude classe l’Hexagone de loin en tête des pays européens en termes de nombre de levées de fonds. En revanche, ce pays est nettement en retrait dès qu’il s’agit de permettre à ses jeunes pousses de changer d’échelle par rapport à ses voisins allemand et britannique.

Entre 2014 et le premier semestre de 2018, l’Europe a généré 433 levées de fonds supérieures à 500.000 euros, dont 176 en France. Mais sur la même période, des entreprises françaises ont obtenu des levées de fonds supérieures à 20 millions d’euros à seulement trois reprises, contre 8 pour le Royaume-Uni et 14 pour l’Allemagne.

L’une des explications réside dans la présence en Allemagne et au Royaume-Uni de trois champions du commerce en ligne alimentaire: Delivery Hero, Hello Fresh et Deliveroo. Elles ont drainé à elles seules,  60% des investissements ces dernières années, soit 2,5 milliards d’euros. Mais à en croire les acteurs du marché, il s’agit de l’arbre qui cache la forêt, notamment car les moyens financiers diffèrent des deux côtés de l’Atlantique.

Un fonds français de capital-risque qui marche bien, c’est 20 millions d’euros, quand certains fonds américains gèrent 5, voire 10 milliards d’euros d’actifs,  est-il relevé par une start-up qui fabrique des repas.

Autre explication possible pour le retard européen, «le tribut de l’héritage de la gastronomie française, qui freine un peu les mentalités», estime un exposant au Sial de Paris, relayé par l’agence AFP. Il souligne toutefois que de grands chefs comme Thierry Marx et Alain Ducasse «ont ouvert la porte aux protéines végétales».

Les industriels doivent compter désormais avec cette nouvelle génération de business. Certes, il y a moins de capital innovant en Europe qu’en Californie mais la dynamique est prometteuse. Même des Américains commencent à venir voir ce qui se fait en Europe.

 

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