International

Voitures diesel: Le marché d’occasion en chute libre

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:5375 Le 19/10/2018 | Partager
Hausse du carburant et lutte anti-pollution, les détonateurs
En France, la motorisation diesel sera interdite en 2024

Autres temps, autres mœurs. Le moteur diesel perd sa valeur marchande. Hausse  soutenue des prix du gazole, émission de gaz carbonique et revirement des politiques publiques ont provoqué la chute du marché des véhicules à moteur diesel. La tendance qui est perceptible en France a vite gagné plusieurs pays européens.  

Selon Flavien Neuvy, directeur de l’Observatoire Cetelem de l’Automobile, les propriétaires de voitures «subissent à la fois les prix du carburant qui augmentent et une valeur résiduelle de leur véhicule qui baisse fortement».

Les prix du gazole se sont quasiment alignés sur ceux de l’essence, sous l’effet d’une hausse des taxes visant à mettre fin à l’avantage fiscal dont le diesel  bénéficiait jusqu’ici. Du coup, ces véhicules perdent leur intérêt et leur attrait, d’autant plus qu’ils sont perçus comme ayant peu d’avenir.

A Paris, on sait que les diesels seront interdits en 2024. D’après une récente  étude, 40% des propriétaires de diesel ont prévu de changer de comportement, soit en gardant leur voiture jusqu’au bout, soit en essayant de la revendre au plus vite.

Sur les voitures urbaines diesel, les prix sont en baisse de 10 à 15%. Un recul qui reste peu  perceptible pour les grosses cylindrées, mais dans tous les cas les délais de revente s’allongent. Pour les spécialistes, le marché de l’occasion est complètement déséquilibré. Il y a quatre ans, les ventes portaient sur 70% des voitures à moteur diesel.

Aujourd’hui, ils se limitent à 35% sur le même segment.  Sur le marché du neuf, la part du diesel est aussi tombée sous la barre des 40% en septembre dernier  contre 73%  à la même période de 2012.

Les baisses de prix des voitures d’occasion diesel «sont plus fortes depuis le début de l’année», confirme le Conseil national des professions de l’automobile (CNPA), relayé par l’agence AFP.

Outre le coût pour les particuliers, le CNPA prévoit une ardoise de plusieurs  milliards d’euros pour les concessionnaires, qui doivent gérer les retours de millions de véhicules diesel sur plusieurs années. Ceci, au fur et à mesure que les contrats de location avec option d’achat arrivent à expiration. Or, la majorité des concessionnaires français se  retrouve  déjà avec un parc de voitures dont la valeur est dépréciée.

«Les pouvoirs publics ne prennent jamais en compte le parc existant de véhicules», prévient le CNPA, qui l’estime à 42 millions de voitures, dont les deux tiers en diesel.

La France, premier pays touché 

Les Français étaient incités par le gouvernement, jusqu’à il y a encore cinq ans, à privilégier le diesel au nom de la lutte contre le réchauffement climatique.
Ces motorisations consomment environ 10% de carburant en moins et émettent donc moins de CO2. Mais leur bilan moins favorable en matière d’émissions d’oxydes d’azote, des gaz nocifs pour la santé, a amené les autorités publiques  à inverser totalement leur politique depuis la loi sur la transition écologique votée en 2014.
Le «dieselgate» avec ses révélations sur les tricheries de Volkswagen et la sous-estimation systématique des émissions nocives lors des tests d’homologation, a porté le coup de grâce à cette technologie.
Chez les consommateurs, il y a du mécontentement du fait de l’impact sur le pouvoir d’achat, mais il y a aussi les dégâts pour l’industrie en termes de chiffre d’affaires et d’emplois. Surtout chez les équipementiers spécialisés dans la motorisation diesel.

 

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc