International

Trump redouble la pression sur la Chine

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5353 Le 19/09/2018 | Partager
200 milliards de dollars de produits chinois frappés par les taxes
Pékin a promis des représailles

Le président américain Donald Trump a fini par mettre à exécution sa menace de taxer 200 milliards de dollars d'importations chinoises supplémentaires. Les tarifs douaniers prendront effet le 24 septembre 2018 et s'élèveront à hauteur de 10% jusqu'à la fin de l'année. Le 1er janvier, les taxes douanières seront portées à 25%. Des droits punitifs adoptés en juillet et août ciblaient déjà des biens chinois représentant 50 milliards de dollars d'importations annuelles aux Etats-Unis.

Pékin a riposté en annonçant qu'il n'avait d'autre choix que de prendre des mesures de représailles non précisées. Le pays avait déjà indiqué envisager de nouveaux droits de douane sur 60 milliards de dollars de biens américains. Surtout, le géant asiatique pourrait ne pas revenir à la table des négociations destinées à trouver un compromis.

Mais Trump a prévenu que, si la Chine venait à prendre des mesures de représailles contre les agriculteurs ou les industries, il mettra alors en œuvre immédiatement des tarifs douaniers sur quelque 267 milliards de dollars d'importations supplémentaires. Si ce montant de marchandises était à son tour surtaxé, ce serait la totalité des importations chinoises qui seraient frappées de mesures protectionnistes américaines.

Sous pression d'entreprises américaines, inquiètes de l'impact pour leur activité, l'administration Trump a épargné certains produits de grande consommation des droits de 10%. Sur la liste figurent des produits textiles et agricoles, les chaises hautes et sièges automobiles pour enfants, ainsi que les casques pour cyclistes. De même, après des exhortations du géant électronique Apple, les montres connectées ne seront pas concernées.

Trump exige de Pékin qu'il réduise de 200 milliards de dollars l'abyssal déficit commercial américain, en ouvrant davantage son marché aux produits des Etats-Unis, déplorant notamment des transferts technologiques forcés. Imposer des droits de 10% dans un premier temps (plutôt que les 25% que Donald Trump avait demandé à son administration d'étudier) pourrait être perçu comme un geste d'ouverture tout relatif.

Ce conflit semble pour l'heure avoir peu d'effet sur la première économie mondiale qui tourne à plein régime (4,2% au 2e trimestre 2018, voir aussi «La croissance américaine au plus haut», cf. notre édition N° 5341 du 31/08/2018).

Même si les mesures de rétorsion ciblées des partenaires des Etats-Unis se font sentir dans certaines régions et certains secteurs. La Banque centrale américaine a cependant prévenu qu'une guerre commerciale représentait pour l'heure la plus grande menace pour la croissance américaine.

Jusqu’à présent, Trump a raison…

Aujourd’hui, Donald Trump peut légitimement se vanter d’avoir fait monter les cours boursiers aux Etats-Unis, avec la politique fiscale, les politiques agressives vis-à-vis des pays émergents qui ont ramené les capitaux des émergents vers les Etats-Unis, indique  l’équipe de Natixis dans sa note «D. Trump le 23 août 2018: Si j’étais destitué, je pense que les marchés financiers s’effondreraient». Mais l’avenir pourrait être différent avec le retour au plein emploi, les effets négatifs du protectionnisme, la poursuite de la hausse des taux d’intérêt de la Réserve fédérale et la dépréciation du dollar. Sans oublier  la hausse des taux d’intérêt due à la politique budgétaire expansionniste au plein emploi.

 

Retrouvez dans la même rubrique

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    redaction@leconomiste.com
    publicite@leconomiste.com
    communication@leconomiste.com

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc