International

La situation chaotique en Libye

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5340 Le 30/08/2018 | Partager
Sur le plan politique et législatif, quasiment rien n’a été fait…

De nouveaux combats entre milices près de Tripoli illustrent encore une fois la situation chaotique en Libye et le caractère illusoire des appels de la communauté internationale à des élections d’ici la fin de l’année.

Sur le plan politique et législatif, quasiment rien n’a été fait pour remplir les engagements pris à Paris prévoyant l’adoption d’une base constitutionnelle pour les élections et les lois électorales avant le 16 septembre 2018. Plusieurs acteurs libyens exigent l’adoption préalable d’un projet de constitution, qui doit faire l’objet d’un référendum, pour éviter une nouvelle période de transition.

Mais, depuis juin, le Parlement élu, établi dans l’est, n’a pas été en mesure d’adopter une loi sur le référendum. Des analystes cités par AFP avaient estimé que «la fragmentation du pays, l’insécurité et l’absence à Paris de certains acteurs influents sur le terrain rendaient les promesses fragiles».

Depuis son installation à Tripoli en mars 2016, le gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale, ne parvient pas à asseoir son autorité sur des pans entiers du pays, qui reste sous la coupe de dizaines de milices.

Le GNA, dirigé par Fayez al-Sarraj, fait face à l’hostilité persistante du Parlement élu en 2014, basé dans l’est (Tobrouk) tout comme le gouvernement parallèle appuyé par les forces du maréchal controversé Khalifa Haftar. Comme les autorités de transition qui l’avaient précédé après la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, le GNA n’a pas été en mesure de former des forces de sécurité régulières.

Dans un rapport récent intitulé «capitale des milices», Small Arms Survey, une ONG spécialisée dans l’analyse des conflits armés basée à Genève, a estimé que «les grandes milices tripolitaines se sont transformées en réseaux criminels à cheval sur la politique, les affaires et l’administration». Elles ont infiltré «la bureaucratie et sont de plus en plus en mesure de coordonner leurs actions à l’intérieur des différentes institutions publiques. Le gouvernement est impuissant…».

F. Z. T. avec agences

 

 

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